Le 12 RBC à la tête de l’Op Na-Nu 2020: beaucoup plus qu’un simple exercice

Temps de lecture estimé : 7 minutes

Le 12e Régiment blindé du Canada (12 RBC) commande dans le Grand Nord l’opération NANOOK-NUNALIVUT 2020 (Op NA-NU 2020) qui aura cette cette année une ampleur sans précédent.

L’opération, qui se déroule à Resolute Bay et à Rankin Inlet, au Nunavut, ainsi que dans les environs, du 24 février au 27 mars 2020 sera cette fois beaucoup plus qu’un simple exercice

Dans le cadre de l’Op NA-NU 2020, les participants réagiront à un scénario réaliste conçu pour mettre à l’épreuve leurs connaissances et leurs compétences pour pouvoir opérer dans les environnements canadiens les plus difficiles et les plus septentrionaux.

Le 12e Régiment blindé du Canada ou 12e RBC est une unité blindée régulière Il fait partie du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada et est stationné sur la base des Forces canadiennes (BFC) Valcartier au Québec.

Les membres du 12e Régiment blindé du Canada, de même que des participants des trois composantes des FAC (Marine royale canadienne, Armée canadienne et Aviation royale canadienne) ainsi que de plusieurs pays alliés sont déployés dans le Nunavut, principalement dans les régions de RESOLUTE BAY, EUREKA et de RANKIN INLET.

Le 12 RBC y a déployé le quartier général régimentaire et l’escadron D une bonne partie, environ 100 personnes pour un total de 145 personnes membres du Régiment,

«Le quartier général du 12 RBC, incluant moi-même, a été choisi pour commander l’opération Nanook-Nunalivut pour 2020.» explique à 45eNord.ca en entrevue depuis le Grand Nord canadien le 45eNord.ca le lieutenant-colonel Cédric Aspiraul, commandant du 12 RBC. «Donc, on avait la responsabilité de commander la Force opérationnelle interarmées FORTE, la force opérationnelle qui commande l’ensemble des forces de op Nanook déployées à Resolute Bay et à Rankin Inlet. Donc, ça nous a permis de déployer le quartier régimentaire dès la fin février afin de commander et soutenir les forces du GTIA, du Groupe d’intervention dans l’Arctique, qui était sous notre commandement à ce moment là. Puis, l’escadron D (du 12 RBC, puis est arrivé l’escadron, la première vague est arrivée le 9 mars, et une deuxième vague le 11 mars »

L’escadron D est appelé pendant l’opération Nanook à effectuer beaucoup de tâches de reconnaissance et de déploiement sur de longue distance de façons autonome. Il se déploiera sur le terrain sur des motoneiges pour aller effectuer des reconnaissances et aller chercher de l’information qu’on ne peut obtenir par la reconnaissance aérienne.

Il se déploiera sur une distance d’environ une centaine de kilomètres.

L’autre mission de l’escadron D sera un déploiement à court préavis à partir du centre du théâtre pour effectuer une tâche de reconnaissance en utilisant un soutien aéroport, en l’occurrence un Hercules des Forces armées canadiennes pour se rendre jusqu’à la ville de Eureka [à 628 km ou 390 miles de Resolute Bay, NDLR], d’où il sera extrait après 48 heures.

Zones d’opération (ZO)

Resolute Bay

· Située dans le cercle arctique, Resolute Bay arrive au deuxième rang des villes les plus septentrionales du Nunavut et du Canada.

· Pendant l’Op NA-NU, ce hameau du Haut-Arctique donnera aux membres du personnel en déploiement une occasion unique d’améliorer leurs compétences spécialisées pour cette région tout en y établissant une présence par des scénarios réalistes.

Rankin Inlet

· Rankin Inlet est un hameau situé sur la rive Ouest de la baie d’Hudson.

· Des membres de l’Unité de plongée de la Flotte (Atlantique) de la Marine royale canadienne, des plongeurs de combat de l’Armée canadienne et de nombreux plongeurs d’autres pays plongeront sous la glace à Rankin Inlet pour mettre à l’épreuve leur capacité à être déployés rapidement dans un environnement difficile et à mener des opérations de plongée sous la glace et de récupération dans un contexte interarmées et multinational.

Eureka

. Eureka est une petite base de recherche arctique et une station météorologique canadienne sur l’Île d’Ellesmere dans le territoire du Nunavut. Elle est la deuxième communauté la plus nordique au monde après Alert, base située sur la même île

Un défi d’une ampleur sans précédent cette année

Pour le 12 RBC, l’encadrement régimentaire va donc au delà du Régiment, puisque celui-ci a la responsabilité de commander l’ensemble de Nanook et de toutes les forces qui s’y rattache, nous explique le lieutenant-colonel Aspirault. «C’est un défi exceptionnelle et une opportunité, une expérience unique comme militaire d’être capable de déployer avec l’ensemble de ces forces là, provenant des trois éléments des forces armées canadiennes.»

«Ce n’est pas la première fois que le 12 RBC commande l’opération Nanook. Lorsque c’était plus orienté vers l’exercice, donc plus une gestion des troupes, ça été fait en 2017, mais c’est la première fois que op Nanook est dans un contexte où il y un scénario opérationnel qui a été superposé.», précise le commandant du 12 RBC. «Donc, je dois rendre compte au QG du JTFN [Joint task force North, ou, en français le FOI Nord Force opérationnelle interarmées Nord, l’une des 6 forces régionales installées à des endroits clés du pays qui exécutent des opérations des FAC à l’échelle continentale.Le quartier général de la FOIN est installé à Yellowknife (T.N.-O.). Il a aussi des détachements à Iqaluit (Nunavut) et à Whitehorse (Yukon), NDLR]et je re¸ois des ordres pour des tâches inopinées et non planifiées, je dois exécuter un cycle de planification et émettre des ordres concrets dans un contexte opérationnelle.»

«Chose qui n’a jamais été fait avant, donc c’est l’évolution de op Nanook, c’est la première fois que op Nanook est gérée de la sorte, la première fois que le régiment commande un ensemble des forces dans un contexte où il y a un scénario imposée qui encadre l’ensemble de l’opération.», résume le lieutenant-colonel.

L’évolution de op Nanook

Le brigadier-général Patrick Carpentier, commandant de la FOI-Nord, avait l’intention et a l’intention de faire évoluer op Nanook pour qu’elle devienne une opération de plus en plus encadrée et une opération avec le plus de défis possibles à tous les niveaux. Pendant plusieurs années, les défis ont été surtout tactiques, et on se cachera pas que les défis tactiques dans le Grand Nord sont des défis d’une ampleur impressionnante.

Par contre, le général Carpentier voulait ajouter une autre couche de défis, qui était de donner des défis supplémentaires au quartier général qui supervise le tout. Ce qui permet de faire évoluer l’opération Nanook pour s,assurer que tous les niveaux impliqués, tous les niveaux déployées soient entraînés pendant le déploiement et pendant la période. Donc, maximiser l’entraînement, maximiser l’opérationalisation de tous les niveaux utilisés et déployés sur op Nanook.

Le QG du général est lui-même impliqué, son état-major est impliqué à donner les ordres aussi et à contribuer à notre développement professionnel et à faciliter les déplacements et les opérations dans le Grand Nord.

Une expertise incomparable du Grand Nord

On a déjà des partenaires internationaux qui participent avec les plongeurs qui sont déployés à Rankin Inlet, dont la Finlande, la France et la Belgique et, avec les forces terrestres, il y a un groupe d’Américains de la National Guard qui vont se déployer avec les Forces canadiennes et seront complètement intégrés à l’escadron D du 12 RBC qui devient multinational.

«Ce qu’on sous-estime des fois comme Canadiens, c’est qu’on a une expertise internationale unique dans les opérations en froid extrême.», souligne également le commandant du 12 RBC. «Le Grand Nord nous donne des défis que nous, Canadiens, ont a réussi à apprivoiser que beaucoup d’autres armées envient. C’est une expertise unique que nous avons.»

Le 12 RBC a d’ailleurs une affiliation régimentaire depuis 2017 avec les 4e Chasseurs français, l’unité experte en guerre en montagne qui possède une expertise en montagne unique, qui viennent au Canada apprendre lors d’exercices conjoints tous les deux ans comment combattre et opérer en froid extrême.

Et c’est la même chose avec les Britanniques du Royal Tank Regiment qui viennent aussi apprendre auprès des Canadiens comment combattre en temps et en froid extrême.

Le Canada a tout fait la capacités de prendre le leadership dans ce domaine, d’autant plus qu’ils peut, ce qui n,est pas le cas des Finlandais, Danois ou Norvégiens, s’appuyer sur les Inuits du corps des Rangers canadiens, un élément constitutif de la Force de réserve des Forces armées canadiennes qui assurent «une présence militaire dans les régions peu peuplées du Nord du Canada, le long des côtes et dans les endroits isolés, et sont les yeux et les oreilles des Forces canadiennes dans le Grand Nord.

Et Nanook ne fait pas exception à la règle et les Rangers canadiens y sont utilisés le plus possible, cette double expertise, Forces armées canadiennes et Rangers, unique, n’ayant son équivalent dans aucun autre pays du monde.

Et, dans cette opération encore une fois, les Rangers ont pour mission de «mentorer» les troupes canadiennes, et de les guider, non seulement sur le terrain, mais dans leurs décisions, amenant les Canadiens à un niveau de connaissance qui n’a pas son pareil chez nos partenaires internationaux.

RDDC est aussi de la partie

RDDC, avec 30 membres de son personnel, mène pour sa part une expérience liée à la survie d’un équipage aérien qui vise à évaluer la capacité des membres d’un tel équipage à survivre et à reprendre leurs tâches de vol après un atterrissage forcé dans des conditions difficiles. Elle est liée au Programme d’action coopératif international en matière de recherche polaire (PACIRP). L’Op NA-NU 2020 marquera la deuxième année des cinq prévues.

Pendant la première année, l’équipage d’un aéronef muni de sièges éjectables a fait l’objet d’une surveillance dans un scénario de survie sur la glace dans le port de Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest. Cette année, l’équipage et les techniciens d’aéronefs de grande taille (CP140, CC130J et CC138) prendront part à un exercice similaire pendant 24 à 48 heures à Resolute Bay. Nous les surveillerons et communiquerons avec eux périodiquement pendant leur séjour sur la glace et à leur retour. Les résultats serviront à cerner les lacunes dans notre instruction ou notre matériel et à proposer des solutions ou à créer des prototypes de matériel pour les combler.

Faits saillants

Nombre approximatif de participants à l’Op NA-NU à Rankin Inlet, au Nunavut :

Plus de 115 militaires du Groupe compagnie d’intervention dans l’Arctique (GCIA) de la 2e Division du Canada qui y ont aussi participé sont revenus récemment de Rankin Inlet, au Nunavut, où ils ont mis mettre à l’épreuve leurs compétences spécialisées dans le domaine arctique et pour réaffirmer leur capacité d’opérer dans le Grand Nord.

Participent également à l’opération, outre les 145 membres du 12 RBC:

· 8 plongeurs de combat de l’Armée canadienne;

. 8 membres de la Garde Nationale américaine

· 18 plongeurs de l’Unité de plongée de la Flotte (Atlantique) de la Marine royale canadienne d’Halifax, en Nouvelle-Écosse;

· 12 plongeurs finlandais, français et belges;

· 35 membres de diverses patrouilles appartenant au 1er Groupe de patrouilles des Rangers canadiens;

· 30 membres de diverses unités à l’échelle du Canada sous la composante de soutien de la force opérationnelle interarmées;

· 30 membres du 440e Escadron de transport en déploiement à partir de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest.

Le matériel des FAC utilisé pendant l’opération NANOOK-NUNALIVUT 2020 était: un CC-177 Globemaster III de Trenton; un CC-130J Hercules de la BFC Trenton; CC-138 Twin Otter de Yellowknife; des motoneiges, en grand nombre, et le BV-206 ( un véhicule de transport de troupes sur chenilles tout-terrain et articulé) du Centre de formation des Forces canadiennes dans l’Arctique.