COVID-19 dans les communautés nordiques: Québec demande l’aide des Rangers et des Forces armées

Un membre des Rangers canadiens porte assistance à des membres du Groupe compagnie intervention Arctique (GCIA) pour faire démarrer une motoneige avec une pompe à carburant gelée, lors de l'Opération NANOOK-NUNALIVUT, le 4 mars 2020, Rankin Inlet, Nunavut.

Photo par: Caporal Marc-André Leclerc
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Dans une lettre envoyée à son homologue fédéral Bill Blair, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, «demande l’aide des Rangers des Forces armées canadiennes pour soutenir le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) dans la mise en place de zones de dépistage et d’investigation de la COVID-19 dans les communautés nordiques».

À son point de presse aujourd’hui, le premier ministre Trudeau a confirmé que le fédéral répondra favorablement à la demande d’assistance des Forces armées canadiennes aux communautés nordiques et isolées que lui a adressée Québec. Les Forces armées fourniront, notamment tentes et infrastructure médicale.

Le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, avait déjà indiqué pour sa part que ses troupes étaient prêtes à être déployées dans des communautés nordiques isolées et qu’il rappelait des réservistes afin de contribuer aux efforts.

Les membres des Forces armées canadiennes sont bien entraînés et se tiennent prêts à venir en aide aux autorités civiles dans le cadre d’une crise au Canada, a confirmé une fois encore le ministère de la Défense dans un courriel envoyé à 45eNord.ca

La Défense nationale va maintenant procéder à la coordination du soutien des FAC, déterminer le nombre de militaires et de ressources requis pour effectuer les tâches précises demandées et achever les plans de mobilisation à l’échelle locale.

Cette planification est nécessaire pour que les Forces armées canadiennes puissent répondre aux besoins de la communauté en déployant les ressources appropriées. 

Les Rangers canadiens quant à eux sont déjà présents sur le territoire. Sous-élément constitutif de la Force de réserve des Forces armées canadiennes (FAC), ils assurent déjà «une présence militaire dans les régions peu peuplées du Nord du Canada, le long des côtes et dans les endroits isolés qui ne peuvent pas être desservis de façon adéquate ou économique par d’autres éléments des Forces armées canadiennes.»

Sur un total de 5.000 Rangers canadiens, 700 sont basés au Québec.

Les Forces armées devraient très probablement faire appel au 2e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (2 GPRC) de la 2e Division du Canada, le 2 GPRC étant déjà affecté au Nord-du-Québec, de la Baie-James ainsi que de la Basse-Côte-Nord.

Dans sa lettre, la ministre Guilbault québécoise précisait qu’elle souhaitait que «les Rangers [fournissent] des équipements et pourraient assurer la logistique pour mettre en œuvre des zones de dépistage », en coordination avec le MSSS.

La demande d’assistance auprès d’Ottawa est intervenu après que le gouvernement Legault a reçu une lettre de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik réclamant l’appui des Rangers dans la lutte contre le coronavirus.

(Atlas des Peuples autochtones)

Un deuxième cas positif de COVID-19 au Nunavik a été confirmé hier, dans la communauté de Puvirnituq, ce qui porte le total de personnes atteintes à deux personnes sont atteintes de la COVID-19 au Nunavik, bilan confirmé jeudi par le directeur national de la santé publique du Québec, le DHoracio Arruda, qui a souligné que le risque de propagation de maladies infectieuses y est élevé – on y a déjà connu des épidémies de tuberculose, notait-il.

Le ministre fédéral des Affaires autochtones, Marc Miller, avait pour sa part révélé jeudi matin que 15 personnes ont été infectées par le nouveau coronavirus. Plus de la moitié d’entre elles (neuf) sont au Québec. Suivent ensuite l’Ontario (quatre) et la Saskatchewan, ont précisé des hauts fonctionnaires.

Lundi, le ministre de la Défense Harjit Sajjan a déclaré que les Forces armées canadiennes étaient prêtes à mobiliser 24 000 membres des forces régulières et de réserve pour répondre au nouveau coronavirus, ce qui équivaut à près du quart de l’effectif total des Forces armées et serait alors l’une des plus importantes mobilisations en temps de paix de l’histoire du Canada