COVID-19: une quarantaine de cas suspects à bord du Charles de Gaulle

Le Charles de Gaulle en 2009 photographié depuis un hélicoptère de l'US Navy (Photo: U.S. Navy VFA-146)
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Le porte-avions français Charles de Gaulle qui croisait dans l’Atlantique a décidé de rentrer à Toulon, son port d’attache, après la découverte à son bord d’une quarantaine de cas suspects de coronavirus, imposant leur isolement et l’envoi d’une équipe médicale.


Mise à jour 15/04/2020, 14h47

Au moins 668 marins du groupe aéronaval (Charles-de-Gaulle et Frégate Chevalier Paul) sont positifs au Covid-19 selon le Ministère des Armées.


À bord du porte-avions Charles de Gaulle, actuellement déployé en Atlantique dans le cadre de la mission Foch, une quarantaine de marins est aujourd’hui sous observation médicale renforcée, écrit le Service d’informations et de relations publiques des armées (SIRPA) dans son dernier «Point de la situation COVID-19», en date du 8 avril.

Ils présentent, écrit le SIRPA, des symptômes compatibles avec une possible infection par le Covid-19. Ces premiers symptômes sont apparus récemment. Suite à cette suspicion de cas à bord du porte-avions, le retour à Toulon du porte-avions a été anticipé, deux semaines avant la date initialement prévue.

À son bord, le porte-avions dispose de toutes les capacités de prise en charge et de surveillance nécessaire au sein de l’hôpital, assure la Marine nationale: médecins, scanner, respirateurs, ainsi que des capacités d’évacuation sanitaire si besoin était. Les mesures sanitaires déjà mises en place à bord ont été renforcées.

En parallèle, dès aujourd’hui, est-il précisé dans le plus récent «Point de la situation COVID-19», une équipe de dépistage avec des moyens de test est acheminée à bord du porte-avions afin d’investiguer les cas apparus et d’entraver la propagation du virus à bord du navire.

«La priorité du commandement reste l’équipage et la santé de ses marins. Les symptômes présentés par la quarantaine de marins restent aujourd’hui sans gravité.», poursuit le SIRPA, assurant que les marins concernés ont été isolés par mesure de précaution.

«Tout est mis en œuvre pour assurer le suivi médical des marins qui le nécessitent. Le fonctionnement du bâtiment n’est pas remis en cause, et le porte-avions poursuit son trajet retour vers Toulon, après avoir accompli les deux volets stratégiques de la mission Foch: la lutte contre l’Etat islamique lors de sa participation à l’opération Chammal et la protection des approches maritimes de l’Europe en Atlantique et mer du Nord»

Rien à voir finalement avec l’affaire du porte-avions américain USS Theodore Roosevelt qui a tourné au scandale politique quand, après avoir relevé de son commandement le capitaine Brett Crozier dont la lettre à la Navy la suppliant d’évacuer les marins alors que la contamination était galopante et que le virus menaçait tout l’équipage, lettre qui avait fuité à la presse, le secrétaire par intérim à la Navy, Thomas Modly a perdu à son tour son poste, le secrétaire d’Etat de la Défense américain, Mark Esper, annonçant mardi sa démission.

Après le scandale, la Navy américaine a finalement commencé l’évacuation du Roosevelt. La Marine nationale française, elle, n’aura, semble-t-il, pas attendu un scandale politique pour prendre ses responsabilités, interrompre la mission du Charles de Gaulle et lui permettre de regagner Toulon dans les meilleurs délais.