COVID-19: le 2e Groupe de patrouilles des Rangers mobilise ses 14 patrouilles au Nunavik

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Le 2e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (2 GPRC) mobilise ses 14 patrouilles de Rangers canadiens au Nunavik en réponse à une demande de la province de Québec, annonce-t-il aujourd’hui.

Suite à une entente entre les gouvernements provincial et fédéral, le 2 GPRC a été mandaté pour assister la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSSN), lequel relève du Ministère de la Santé et des services sociaux (MSSS) du Gouvernement du Québec.

La propagation de la COVID-19 dans les communautés éloignées et isolées est une préoccupation des instances gouvernementales depuis le début de l’annonce de la pandémie.

«Le 2 GPRC est en mesure de répondre à cette demande d’aide en déployant ses militaires, les Rangers canadiens, qui sont des résidents permanents des 14 communautés du Nunavik. Les Rangers canadiens sont des membres de la Force de réserve de l’Armée canadienne et assurent une présence militaire dans les régions éloignées, isolées et côtières du Nord et de la Côte-Nord du Québec pour les Forces armées canadiennes (FAC).», indique le communiqué du 2 GPRC.

Et, en effet, l’un des principaux avantages des Rangers, outre leur connaissance intime de la région et de ses communautés, est qu’ils sont déjà là, dans leurs communautés.

«Les Rangers canadiens sont des citoyens dynamiques, dévoués, bien entraînés et disciplinés. Les Rangers sont des membres engagés dans leur communauté, à la mairie, conseil de bande, services essentiels, éducation, santé, transport, infrastructure, etc. Le bien-être et la sécurité des communautés sont des priorités pour nos Rangers.», souligne d’ailleurs le communiqué.  

«Depuis plus de 25 ans, les Rangers canadiens du 2 GPRC répondent à l’appel de leurs communautés en conduisant plus d’une vingtaine d’opérations de recherches et sauvetages sauvant de nombreuses vies.  Aujourd’hui, c’est l’ensemble des 14 patrouilles du Nunavik qui répondent à l’appel et viennent en aide à leurs concitoyens.», déclare le lieutenant-colonel Benoit Mainville, commandant du 2e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens dans un courriel envoyé à 45eNord.ca.

«Nous sommes fiers comme unité de pouvoir soutenir les efforts mis de l’avant en réponse à cette pandémie.», ajoute le commandant du 2 GPRC. «Les Rangers canadiens sont une Force d’assistance locale (FAL) disponible dans les régions éloignées et isolées du Québec. Le 2 GPRC dispose de 28 patrouilles de Rangers canadiens: au Nunavik, la Baie-James et le long de la Basse-Côte-Nord du Québec. Pendant que les Rangers du Nunavik sont mobilisés, les autres patrouilles se tiennent prêtes à répondre aux demandes officielles des instances gouvernementales.»

Les tâches des Rangers dans la lutte à la pandémie

Le sous-élément des Rangers canadiens est une occupation militaire distincte, mais n’est pas considéré comme une occupation d’armes de combat. Les Rangers canadiens sont recrutés principalement pour leurs connaissances et leur capacité à opérer dans des environnements extrêmes au sein de leurs zones géographiques.

Les Rangers canadiens sont les yeux et les oreilles des FAC dans les régions isolées, côtières et peu peuplées du Canada. Ils fournissent des forces mobiles autosuffisantes et dotées d’équipement léger pour appuyer les opérations menées en territoire canadien et pour protéger la souveraineté du Canada.

Pouvant être appelés à tout moment et devant être prêts à toutes éventualités, les Rangers canadiens du 2 GPRC suivent des formations et des entraînements individuels et collectifs afin d’être prêts à accomplir les objectifs du Canada en matière de défense, et soutenir les FAC lors d’entraînements et d’opérations nationales au Québec. 

En date du 31 mars, il y a 305 Rangers canadiens actifs au Nunavik. En appui à L’Opération LASER, l’opération des FAC en réponse à la pandémie de la COVID-19, le 2 GPRC prévoit mobiliser 40 Rangers en disponibilité continue et un autre 40 sur appel pour de courtes tâches et ce, tant que leurs présences seront requises et autorisées.

Le 2 GPRC est quant à lui responsable de près de 76 % de la superficie du Québec, compte plus de 700 citoyens canadiens qui servent comme Rangers canadiens au sein des FAC et plus de 700 jeunes, âgés de 12 à 18 ans, qui participent au Programme des Rangers juniors canadiens (RJC) dans les régions éloignées et isolées du Nunavik, la Baie-James et la Côte-Nord. 17% des Rangers au Québec sont des femmes.

Pour cette opération, le 2 GPRC envoie un élément de commandement et contrôle qui sera colocalisé avec la RRSSSN et l’Administration régionale Kativik à Kuujjuaq afin de faciliter la coordination entre le quartier général du 2 GPRC, les autorités civiles locales et les 14 patrouilles de Rangers canadiens déployés dans les communautés.

Le personnel déployé a été en isolement volontaire depuis le 13 mars suivant l’ordre du Chef d’État-major de la Défense en prévision d’un déploiement possible.

Le bien-être et la sécurité des Rangers et de leur famille sont des préoccupations de première importance pour la chaîne de commandement. Par conséquent, l’Équipement de protection individuelle (EPI) sera distribué aux Rangers impliqués, assure également le 2 GPRC qui indique qu’avant d’entamer une tâche qui pourrait mettre leur santé à risque, ceux-ci seront formés adéquatement pour savoir comment bien utiliser leur EPI (équipement de protection personnel).

Comme demandé par les responsables de la RRSSSN des communautés, les Rangers prépareront des points de triage afin de faciliter le travail du personnel de santé.

Les tâches effectuées par les Rangers canadiens au Nunavik varieront selon les besoins et l’approbation de la chaîne de commandement.

« Les Rangers canadiens du 2e Groupe de Patrouilles des Rangers canadiens appuient le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec au Nunavik dans la prévention de la propagation de la COVID-19.  Nous sommes fiers de soutenir cette demande du gouvernement du Québec qui a été approuvée par les autorités fédérales.  Les Rangers canadiens possèdent une capacité unique et sont intégrés au sein de leurs communautés.», résume le Brigadier-général Gervais Carpentier, Commandant de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est), responsable de cette partie du territoire canadien..

Le Nunavik

Le Nunavik autrefois nommé le Nouveau-Québec, est le nom donné au territoire québécois situé au-delà du 55e parallèle nord. Faisant partie de la région du Nord-du-Québec, le Nunavik couvre un territoire d’une superficie d’environ 507 000 km2 et est composé de lacs sculptés par les glaciers, de toundra et de forêt boréale.

Les quelque 13 000 habitants du Nunavik (les Nunavimmiuts), dont 90 % sont reconnus comme des Inuits, vivent le long des côtes dans quatorze villages nordiques formant le Kativik.

Deux cas de COVID-19 ont jusqu’à maintenant été confirmés dans la région, l’un dans la communauté de Puvirnituq, dans la baie d’Hudson, et l’autre dans la communauté de Salluit, dans le détroit d’Hudson, mais la propagation du virus dans les communautés nordiques du Nunavik pourrait être rien de moins que catastrophique.

Les vols commerciaux à destination et en provenance du Nunavik et entre ses 14 communautés ont été annulés depuis vendredi pour une durée indéterminée afin de limiter la propagation de la COVID-19 dans la région.

La demande pour les Rangers a été faite par les autorités locales pour que deux tentes puissent être installées devant les établissements de santé dans chaque communauté du Nunavik, une où les personnes qui ont des symptômes compatibles avec la COVID-19 pourraient être triées, et une autre tente où les personnes seraient envoyées pour être dépistées.

«Les travailleurs de la santé ne se déplaceront pas entre les deux tentes, et cette installation permettra également de séparer les cas potentiels de COVID-19 des autres patients des (centres de santé),» explique Josée Levesque, agent de communication au conseil régional de santé du Nunavik, cité par Regard sur l’Arctique, une publication qui rassemble des journalistes de la presse écrite, de la radio et de la télévision ainsi que des journalistes du web venant de pays circumpolaires.

Le travail devrait commencer dès que possible, dans les jours qui viennent.