La dégradation de l’état de santé de Boris Johnson provoque un choc au Royaume-Uni

Photo diffusée le 28 mars 2020 par le 10 Downing Street du Premier ministre britannique Boris Johnson en visioconférence depuis chez lui, à Londres. [AFP]
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La dégradation de l’état de santé de Boris Johnson, « stable » mardi après avoir été admis en soins intensifs,  provoque un choc mardi au Royaume-Uni, où la pandémie de COVID-19 empire de jour en jour.


Mise à jour 12/04/2929, 8h54

Le premier ministre britannique Boris Johnson est sorti dimanche de l’hôpital londonien où il était traité depuis une semaine après avoir été contaminé par le nouveau coronavirus, a annoncé Downing Street.

«Le premier ministre est sorti de l’hôpital pour poursuivre sa convalescence à Chequers », sa résidence au nord-ouest de Londres, a annoncé Downing Street dans un communiqué, ajoutant qu’il « ne reprendra pas immédiatement le travail, sur les conseils de son équipe médicale».

Mise à jour 09/04/2020, 14h46

Le gouvernement britannique a prévenu jeudi qu’il fallait se préparer à une prolongation du confinement face à l’aggravation de la pandémie au Royaume-Uni, avec toutefois une note positive: l’amélioration de l’état de santé du premier ministre Boris Johnson, qui est sorti des soins intensifs.


L’hospitalisation du bouillonnant dirigeant conservateur de 55 ans, diagnostiqué positif au nouveau coronavirus le 27 mars, touche au plus haut le pays, l’un des plus durement frappés en Europe par le virus qui y a tué près de 5400 personnes et contaminé officiellement plus de 50 000.  

«Il reçoit un traitement standard à l’oxygène et respire sans aucune assistance. Il n’a pas eu besoin de ventilation mécanique ou d’aide respiratoire non invasive», a déclaré mardi son porte-parole.  

Le dirigeant est resté dans un état «stable» durant la nuit et «il garde le moral», a-t-il ajouté, promettant de fournir des mises à jour régulières sur la santé du premier ministre.

Plus tôt, un ministre de premier plan, Michael Gove, avait indiqué sur la radio LBC qu’il demeurait «sous étroite surveillance» et qu’un respirateur se trouvait à portée de main si nécessaire.

Seul chef d’État ou de gouvernement d’une grande puissance à avoir été contaminé, Boris Johnson est remplacé par son ministre des Affaires étrangères Dominic Raab, 46 ans. Jusqu’alors, il s’était efforcé de continuer à diriger depuis son appartement de Downing Street, où il était en quarantaine jusqu’à son hospitalisation dimanche pour des «examens».

Mais son état s’est détérioré et il a été transféré lundi soir au service de soins intensifs de l’hôpital St Thomas, juste en face du Parlement de Westminster, dans le centre de Londres.  

«Prise de conscience»

Alors que l’ancien maire de Londres ne souffre a priori pas d’autre pathologie si ce n’est des problèmes de poids, son état de santé suscite une forte inquiétude au Royaume-Uni.

Sa fiancée Carrie Symonds, 32 ans, est enceinte et elle a indiqué avoir elle aussi subi les symptômes de la COVID-19.

«Je pense surtout à sa fiancée qui est enceinte», réagit Michaela McGuigan, une Londonienne rencontrée par l’AFP. «Je ne suis pas d’accord avec lui politiquement, mais je lui souhaite le meilleur parce que c’est effrayant pour n’importe quelle famille».

«C’est choquant, cela montre que cela peut toucher n’importe qui», estime Mark Gillis. «C’est une prise de conscience pour ceux qui ne prenaient pas la situation au sérieux».

Le Royaume-Uni, après avoir tergiversé, a décrété un confinement général le 23 mars, mais se montre souple pour permettre les sorties, pour faire de l’exercice notamment. Les parcs de Londres restent ouverts, se retrouvant parfois très fréquentés alors que le temps est devenu quasi estival.

Gouvernement mobilisé

Triomphant aux législatives de décembre avec la promesse de mettre en œuvre le Brexit, Boris Johnson a été critiqué dans cette crise sans précédent pour avoir tardé à en prendre la mesure, rechignant longtemps à adopter des mesures de confinement. Lui-même avait nargué le virus début mars en se vantant d’avoir «serré la main à tout le monde», y compris de malades de la COVID-19 lors d’une visite dans un hôpital.

Désormais malade à son tour, il a reçu des messages de soutien du monde entier, des prières de Donald Trump aux vœux de Vladimir Poutine, qui s’est dit «certain» que «l’énergie, l’optimisme et le sens de l’humour» du dirigeant britannique l’aideraient à se remettre.

Provisoirement à la tête du gouvernement, Dominic Raab, un eurosceptique libéral, s’est engagé à poursuivre la lutte contre le coronavirus. Il a présidé mardi matin la réunion quotidienne d’urgence regroupant des ministres, le chef des services sanitaires et le principal conseiller scientifique.

«Le travail du gouvernement se poursuit», a assuré Michael Gove sur la BBC. «Nous travaillons tous ensemble pour mettre en œuvre le plan établi par le premier ministre pour assurer que nous puissions mobiliser […] toutes les ressources du pays dans la lutte contre cet ennemi invisible».

La reine Élisabeth II est tenue informée de l’état de santé de son premier ministre, selon le Palais de Buckingham.  

Dans un message écrit, la souveraine de 93 ans, retirée au château de Windsor près de Londres, a salué mardi «l’engagement désintéressé» et le «dévouement» des personnels soignants «dans les circonstances les plus difficiles».