Le G7, le Canada en tête, réaffirment leur soutien à l’OMS

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Le Canada et ses alliés du G7, qui réunit, outre le Canada, l’Allemagne, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni. bref les sept plus grandes puissances du monde occidental, n’ont pas craint ce jeudi de confronter le président Donald Trump, sur la question du financement américain à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Mardi, le président américain qui, cherchant à détourner l’attention de sa propre gestion de la crise, critique avec virulence l’attitude de l’agence onusienne basée à Genève, dénonçant en particulier ses prises de position à ses yeux trop favorables à Pékin., a annoncé qu’il suspendait la contribution des Etats-Unis à l’OMS en raison de sa «mauvaise gestion» de la pandémie liée au nouveau coronavirus. 

Aucune organisation n’est parfaite et il faudra bien sûr évaluer «En temps opportun, les performances de l’OMS dans la lutte contre la pandémie de COVID-19 [qui ] seront examinées par les États membres de l’OMS et les organismes indépendants qui sont en place pour assurer transparence et responsabilité», comme en convient le patron de l’OMS lui-même,, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a noté cette semaine que «cela fait partie du processus habituel par (les) États membres».

Le patron de l’agence onusienne avait indiqué sur son compte Twitter qu’«il n’y a pas de temps à perdre», soulignant que la «seule préoccupation» de l’OMS est d’aider les pays bataillant contre la pandémie de COVID-19 à «sauver des vies».

Le directeur exécutif du Programme pour les urgences de l’OMS, Michael Ryan, avait lui aussi que «toutes les actions» de l’agence seraient examinées plus tard, jugeant «étrange de devoir se défendre à ce stade».

Les pays du G7, même ceux qui ont laissé savoir qu’ils auront plus tard des questions à poser à l’OMS sur sa gestion de la pandémie, ont rejoint aujourd’hui la position de l’organisation, disant la considérer comme une agence vitale pour lutter contre la pandémie mondiale.

Le gouvernement Trudeau, tout particulièrement, a défendu l’OMS comme un allié clé dans cette lutte. «Je pense que nous avons tous reconnu combien il est important de continuer à coordonner et à partager les connaissances autour de la pandémie, à travailler sur des mesures de santé publique dans le monde entier, à partager des informations sur le développement de vaccins, sur les traitements qui peuvent fonctionner », a déclaré le premier ministre canadien après la réunion virtuelle du G7. «Nous avons besoin de coordination internationale et l’OMS est un élément important de cette collaboration et de cette coordination.»

Cette coordination prévoit notamment le soutien des efforts internationaux «pour développer un vaccin, étendre le traitement, les tests, et garantir que les fournitures médicales essentielles arrivent en première ligne», a précisé M. Trudeau.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a participé de son côté jeudi à une autre visioconférence internationale avec un groupe de pays — sans les États-Unis — groupe de pays qui se sont engagés eux aussi à renforcer les institutions internationales.

L’Alliance pour le multilatéralisme

Le Canada a participé, avec la France et l’Allemagne, à la création d’un groupe ad hoc, l’«Alliance pour le multilatéralisme», afin de «discuter de l’urgence de renforcer le cadre international de coopération pour faire face à la COVID-19».

M. Champagne n’a pas caché que la décision du président Trump de supprimer le financement à l’OMS avait été discutée jeudi.

Même si certains conviennent que certaines organisations auraient besoin d’être réformées pour mieux fonctionner, tous les pays de la nouvelle «Alliance pour le multilatéralisme» s’entendent pour dire que «ce n’est pas le moment», a indiqué le chef de la diplomatie canadienne.«Nous devons maintenant soutenir ces agences internationales et le travail important qu’elles doivent accomplir.».

Parce que, retirer l’échelle aux pompiers en pleine lutte contre l’incendie, c’est vraiment pas génial.

Déclaration conjointe de l’Alliance pour le multilatéralisme ­­­­>>