Les CHSLD du Québec: conscrire des employés de l’enseignement ou faire appel aux Forces armées ?

Temps de lecture estimé : 4 minutes

Connaissant les deux côtés de la médaille pour y avoir œuvré, le monde de l’enseignement et le monde militaire, la réponse à cette question est très simple pour moi. Dans le contexte de la pandémie qui frappe de plein fouet les personnes âgées du Québec qui habitent dans des CHSLD, les militaires entraînés, équipés et dévoués sont la solution immédiate au problème.


Mise à jour 16/04/2020, 12h12

Alors que les Rangers canadiens épaulent déjà les services de santé dans le Nunavik et, bientôt, en Basse Cçote-Nord, Ottawa se déclare mercredi prêt à utiliser les Forces armées canadiennes pour épauler les travailleurs de la santé du Québec qui manque cruellement de main d’oeuvre pour faire face à la pandémie.


Depuis le 10 avril 2020, un décret du gouvernement du Québec est en vigueur et permet de mobiliser les personnes travaillant au sein d’une commission scolaire ou dans un CÉGEP afin qu’elles viennent soutenir le réseau de la santé dans son combat contre la COVID-19.

Je suis d’avis que le gouvernement du Québec fait un excellent travail dans la gestion de la pandémie. Il a été proactif, a démontré du leadership, a pris des décisions difficiles, a été à l’écoute de la population, a été empathique, humain et donne une véritable impression qu’il a les deux mains sur le gouvernail en ces temps de crise. Il apporte du réconfort et il nous donne de la confiance dans les jours meilleurs.

Toutefois, personnellement, je doute fortement que de forcer des employés considérés comme «non essentiels» du milieu de l’enseignement soit une solution appropriée pour amener des renforts aux travailleurs de la santé.

Au Québec, notre gouvernement provincial est souvent réticent à faire appel aux hommes et aux femmes qui servent sous l’uniforme militaire canadien. Je me souviens encore en mai 2017, lorsque les rivières Gatineau et des Outaouais débordaient déjà, le gouvernement du Québec et la ville de Gatineau s’entêtaient à ne pas demander le renfort des Forces armées canadiennes.

J’avais même écrit dans un billet publié ici sur 45eNord.ca : «Les autorités municipales, maire de Gatineau en tête, affirmaient haut et fort qu’ils avaient les effectifs de sécurité civile nécessaires pour gérer adéquatement les jours à venir. Le déploiement des Forces armées canadiennes sur son territoire pour venir en renfort n’était donc pas nécessaire.»

Ce qui devait arriver arrivera, les conditions se sont détériorées et en réaction, ils ont finalement fait appel aux Forces armées canadiennes. Il était déjà trop tard.

Actuellement, nous faisons face à une crise sans précédent dans l’histoire du Québec, du Canada et du monde. Un virus agressif, extrêmement contagieux et qui tue les personnes les plus vulnérables de notre société. L’heure est grave et l’ennemi en plus d’être invisible et coriace. Les professionnels de la santé et des services sociaux sont des véritables combattants qui se donnent cœur et âme pour sauver des vies. Cependant, la situation de crise dans le réseau des CHSLD du Québec présente un coefficient de difficulté qui rend la tâche encore plus difficile : manque de ressources humaines, personnes âgées, malades et vulnérables.

Le manque de personnel dans les CHSLD ne date pas d’hier. En août 2019, la ministre Danielle McCann affirmait qu’il manquait environ 5000 travailleurs dans le réseau des CHSLD au Québec. La situation était déjà problématique à ce moment et elle ne se réglera définitivement pas en temps de pandémie.

Déplacer les personnes du réseau de l’enseignement vers le réseau des CHSLD n’est pas une panacée. Au contraire (historiquement, le Québec est bien placé pour le savoir et s’en souvenir), forcer des gens à faire quelque chose contre leur gré n’est pas nécessairement la meilleure méthode pour obtenir les meilleurs résultats possibles dans ces temps difficiles. Nous savons tous que nous avons obligatoirement besoin des meilleurs résultats pour progresser face à ce virus ennemi. Une invitation sur une base volontaire serait sans doute plus productive pour obtenir les résultats visés. De plus, qu’adviendra-t-il du milieu de l’enseignement lorsque nous serons prêts à rouvrir les écoles et les CÉGEPs ? Cette solution ne fait que déplacer les problèmes dans le temps.

Alors, M. Legault, vous devez continuer d’être proactif, d’être un leader et demander le soutien des Forces armées canadiennes pour combattre la COVID-19 dans les CHSLD.

Ce ne sont pas moins que 24 000 militaires entraînés, équipés, ayant une formation en premiers soins ou en santé et prêts à être déployés au Québec pour venir nous aider. Nous avons besoin de leur aide pour sauver nos aînés. Les militaires s’investiront à fond dans cette mission comme ils l’ont fait dans toutes les missions domestiques par le passé (inondations, crise du verglas). Ils ont toujours été les héros de notre nation et en combinant leur force, leur expertise et leur dévouement avec nos anges gardiens, nous vaincrons.

Enfin, pour ceux et celles qui capotent au simple fait de voir un uniforme militaire dans nos rues, je tiens à vous dire que derrière l’uniforme, il y a des femmes et des hommes pleinement dévoués à la protection de notre pays et des citoyens. D’ailleurs, protéger le Canada est le mandat numéro 1 et implique : «à l’aide de forces armées prêtes et aptes à défendre la souveraineté canadienne, à apporter une aide en cas de catastrophe naturelle, à appuyer les opérations de recherche et sauvetage ou à répondre à d’autres urgences.»

Le temps est venu de considérer de faire appel aux Forces armées canadiennes pour nous aider dans les CHSLD du Québec.