Entre espoir et mort: le Comfort reçoit ses premiers patients, le Pentagone une commande de sacs mortuaires

Le USNS Comfort a soigné ses premiers patients à New Yourl le 1er avril (U.S. Navy photo by Mass Communication Specialist 2nd Class Sara Eshleman)
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D’un côté l’espoir, de l’autre la mort. Pendant qu’à New York, le navire-hôpital dépêché par Washington recevait ses premier patients, le Pentagone s’apprête, à la demande de l’agence fédérale de gestion des urgences, à remplir une commande de 100 000 housses mortuaires.

D’un côté l’espoir, de l’autre le réalisme nécessaire pour faire face efficacement à la pandémie. Cette décision est «un sombre contrepoint au déploiement très apprécié du Pentagone de deux navires-hôpitaux à New York et à Los Angeles pour aider à alléger la pression sur les hôpitaux régionaux surchargés par la pandémie», écrit aujourd’hui le journal officiel des Forces américaines.

Le navire-hôpital USNS Comfort a soigné ses premiers patients hier 1er avril.

Les responsables locaux de la santé, en coordination avec le département américain de la Santé et des Services sociaux (HHS), ont établi des protocoles de transfert des patients, en tenant soigneusement compte de la sûreté et de la sécurité des patients et des prestataires de soins à bord de l’USNS Comfort. Les médecins civils et les médecins USNS Comfort continuent de travailler directement de concert pour fournir et exécuter des plans de soins aux patients.

Les patients traités sur le Comfort, dont la mission est d’accueillir des patients non-infectés pour soulager les hôpitaux civils, sont évalués individuellement et, une fois identifiés, testés avant le transfert. Les procédures de contrôle des infections sont également strictement appliquées à bord du Comfort.

Le navire-hôpital offre une gamme complète de soins médicaux, y compris des chirurgies générales, des soins intensifs et des soins en salle pour les adultes. Cela permet aux professionnels de la santé locaux de se concentrer sur le traitement des patients COVID-19 et aux hôpitaux à terre d’utiliser leurs unités de soins intensifs et leurs ventilateurs pour ces patients.

Le Technicien de l’Air Force. Sgt. Mario Lopez-Casas, un spécialiste du chauffage, de la ventilation, de la climatisation et de la réfrigération du 146e Escadron de génie civil de la 146e Airlift Wing de la California Air National Guard, met des draps sur un lit d’hôpital tout en mettant en place une station médicale fédérale le 29 mars à l’intérieur du Los Angeles Convention Center dans le cadre de l’effort de réponse au COVID-19 de l’État de Californie. [Sergent-chef de la Garde nationale aérienne/Crystal Housman]

Mais, pendant ce temps, le Pentagone a annoncé aujourd’hui jeudi 2 avril avoir reçu une commande de l’État fédéral américain pour 100 000 housses mortuaires destinées aux agences de santé du pays alors que l’épidémie de COVID-19 s’amplifie aux États-Unis.

La division logistique du ministère de la Défense «est en train de répondre» à une demande de l’agence américaine de gestion des situations d’urgence (FEMA) «pour 100 000 housses destinées à répondre aux besoins mortuaires des agences de santé des États», a indiqué un porte-parole du Pentagone, le lieutenant colonel Mike Andrews.

La FEMA centralise les efforts de l’État fédéral américain dans la lutte contre le coronavirus.

L’agence fédérale de gestion des urgences a demandé ces 100 000 sacs mortuaires, appelés «Human Remains Pouch» par l’intermédiaire d’un groupe interinstitutions qui l’a alors dirigée vers le ministère de la Défense. Le Pentagone envisage d’acheter plus de sacs et, pour l’instant, puisera dans la réserve de 50 000 qu’il possède déjà.

Le président Donald Trump a prévenu cette semaine que les États-Unis allaient faire face à deux semaines «très douloureuses». La Maison-Blanche a estimé que la maladie fera entre 100 000 et 240 000 morts dans le pays si les restrictions actuelles étaient respectées, contre 1,5 à 2,2 millions sans aucune mesure.

Plus de trois Américains sur quatre sont désormais sous des ordres de strict confinement. La plupart des grandes villes sont touchées, et les foyers apparus à Chicago ou à La Nouvelle-Orléans s’aggravent.

*Avec AFP