OMS: la Chine offre 30 millions de dollars après le retrait américain

Le logo de l'Organisaiton mondiale de la santé (OMS) à son quartier-général de Genève, le 9 mars 2020. [AFP]
Temps de lecture estimé : 2 minutes

La Chine vient au secours de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) après le désengagement américain, avec l’annonce jeudi d’un nouveau don de 30 millions de dollars pour aider l’institution à lutter contre la COVID-19.

Les États-Unis ont suspendu avec fracas la semaine dernière leur financement de l’institution internationale basée à Genève, dénonçant ses prises de position à ses yeux trop favorables à Pékin.

Le président américain Donald Trump avait également dénoncé la «mauvaise gestion» de l’OMS face à la pandémie de COVID-19, qui a déjà fait plus de 180 000 morts à l’échelle mondiale depuis son apparition en Chine fin 2019.

La suspension par les États-Unis de leur financement avait déclenché un tollé, le locataire de la Maison-Blanche se mettant la communauté internationale à dos, de Paris à Berlin en passant par Moscou.

Les critiques de Donald Trump avaient par ailleurs vu dans le désengagement américain une victoire symbolique pour le gouvernement chinois, ainsi susceptible de davantage développer son influence au sein de l’OMS.

«La Chine a décidé de verser 30 millions de dollars (28 millions d’euros) supplémentaires en liquide à l’OMS», a déclaré jeudi Geng Shuang, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

«Cela servira notamment à la prévention et au contrôle de l’épidémie de COVID-19 et à soutenir le développement des systèmes de santé dans les pays en développement», a-t-il souligné lors d’un point presse.

«Moment critique»

De nombreux experts alertent notamment sur une montée des contaminations en Afrique, où le nombre de lits disponibles dans les unités de soins intensifs ne dépasse pas 5 pour un million d’habitants-contre 4000 en Europe.

Le porte-parole Geng Shuang a également souligné que la Chine avait déjà versé 20 millions de dollars (19 millions d’euros) à l’OMS. Un chiffre qui semble faire référence à un don effectué au mois de mars.

«Soutenir l’OMS à un moment critique de la lutte mondiale contre l’épidémie, c’est défendre les idéaux et les principes du multilatéralisme et défendre le statut et l’autorité des Nations Unies», a justifié M. Geng.

Washington est le premier bailleur de l’OMS, institution multilatérale créée en 1948 dont le fonctionnement et les missions sont tributaires des crédits accordés par ses États membres et les dons de bienfaiteurs privés.

Selon Donald Trump, les contribuables américains font un chèque de 400 à 500 millions de dollars par an à l’organisation, contre environ 40 millions de dollars «et même moins» pour la Chine.

46 000 morts

Après le désengagement américain, Pékin avait accusé les États-Unis de «miner la coopération internationale» contre la COVID-19 et exhorté Washington à «assumer sérieusement ses responsabilités et obligations.»

Si les critiques contre la gestion chinoise de l’épidémie restent nombreuses, les dirigeants démocrates américains avaient fermement dénoncé la décision de couper les vivres à l’OMS au moment où le coronavirus continue de tuer.

Les États-Unis sont désormais le pays du monde le plus endeuillé par la pandémie, avec plus de 46 000 morts au total.  

Pour ses détracteurs américains, M. Trump cherche surtout en Pékin un bouc émissaire pour faire oublier ses tergiversations initiales, lorsqu’il minimisait l’étendue de l’épidémie et saluait la réaction de… la Chine.

À lire aussi: Dans les agences onusiennes, le recul américain favorise l’influence chinoise >>