Ottawa prêt à utiliser les Forces armées pour épauler les travailleurs de la santé partout au Québec

À l'heure du COVID-19, les Forces armées canadiennes poursuivent, ici et à l'étranger, leur travail au mieux de leurs capacités, tout en assurant la protection de la force. [TWITTER/@JTFIMPACT]
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Ottawa travaille actuellement sur un plan d’assistance qui pourra inclure les Forces armées afin d’épauler les travailleurs de la santé partout au Québec après avoir reçu une demande du gouvernement Legault, a annoncé jeudi Justin Trudeau.

«[Mercredi] soir, le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a reçu une demande d’aide officielle du gouvernement du Québec pour prêter main-forte aux travailleurs de la santé» a indiqué le premier ministre canadien en conférence de presse à Rideau Cottage, jeudi.

Le premier ministre québécois, François Legault, avait déjà indiqué mercredi en conférence de presse depuis l’Assemblée nationale qu’il avait demandé si «des personnes de l’armée qui ont des qualifications en santé » pourraient venir prêter main-forte dans les CHSLD, «par exemple pour faire le travail d’infirmière».

Aujourd’hui, lors de son point de presse quotidien qui a suivi celui de M. Trudeau, le premier ministre québécois a précisé qu’il avait demandé au gouvernement fédéral l’aide des militaires qui détiennent une formation médicale .«On n’aura pas 1000 personnes qui vont nous arriver du personnel. On va peut-être en avoir 60, une centaine. Mais on ne refuse personne.»

«Nous travaillons de près avec Québec pour finaliser un plan d’assistance et nous aurons plus de nouvelles à vous partager bientôt. Mais je peux vous dire que nous allons leur donner toute l’aide possible, y compris avec la Croix-Rouge canadienne, les Forces armées canadiennes et les bénévoles spécialisés qui se sont inscrits auprès de Santé Canada », a pour sa part indiqué le premier ministre Trudeau.

La vice-première ministre canadienne, Chrystia Freeland, a elle aussi déclaré qu’Ottawa est actuellement à voir «ce que les Forces armées canadiennes et la Croix Rouge peuvent faire pour aider.», ajoutant que, si « On s’entend que c’est une situation urgente. Pour les tâches précises qui seront faites, […] nous en parlons en ce moment. Les discussions sont en cours.»

Cette requête se distingue en effet des demandes d’intervention habituelles, a souligné M. Trudeau. «C’est un peu différent de ce qu’on demande souvent aux Forces armées de faire», a-t-il fait remarquer, notant également que le nombre de médecins au sein des Forces armées canadiennes restait limité.

L’ouverture de la frontière canado-américaine

Par ailleurs, alors que le président américain a causé tout un émoi, mercredi, en déclarant qu’il pourrait décider unilatéralement d’ouvrir la frontière canado-américaine fermée aux déplacements non essentiels depuis la mi-mars, Ottawa ayant aussi révoqué devant l’ampleur de la pandémie au sud de la frontière l’exception accordée initialement aux Américains peu après les premiers jours de la fermeture.

Les déplacements non essentiels entre les deux pays resteront interdits au moins jusqu’au 21 avril prochain jusqu’à nouvel ordre et Washington ne peut pas décider unilatéralement de sa réouverture, a indiqué Ottawa.

L’entente entre Washington et Ottawa doit, certes, faire l’objet d’une révision avant une éventuelle prolongation, mais on semble, si on se fie aux propos du premier ministre Trudeau, bien loin d’une réouverture.

«Par rapport aux États-Unis, on continue d’être en discussion avec les Américains sur une approche coordonnée, mais c’est sûr que les restrictions de voyage vont sûrement durer encore bien des semaines », avait fait savoir plus tôt cette semaine le premier ministre canadien.

«Le Canada croit que la bonne chose à faire est de prolonger ces restrictions à la frontière [américaine] », a pour sa part réagi avec fermeté la vice-première ministre et ministre responsable des relations canado-américaines,  Chrystia Freeland. «Nous avons des discussions productives avec nos homologues américains, assure-t-elle. Je peux vous garantir une chose – les discussions portant sur la frontière sont prises par le Canada. Point final.»

Les Rangers canadiens déjà à pied d’oeuvre dans le Nord

Au début du mois, le 2e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (2 GPRC) des Forces armées canadiennes a pour sa part déjà mobilisé ses 14 patrouilles de Rangers canadiens au Nunavik en réponse à une demande de la province de Québec et, hier, 15 avril, le 2e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (2 GPRC) a reçu un second mandat de soutien aux communautés éloignées et isolées du Québec.

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