Une attaque au couteau fait deux morts en France

Interpellé vers 11 h locales (5 h HE), l’auteur présumé d'une attaque au couteau dans le Sud-Est de la France, qui se présente comme un réfugié soudanais, a attaqué plusieurs personnes dans une boulangerie, un bureau de tabac et dans la rue. [Twitter/@Conflits_FR]
Temps de lecture estimé : 2 minutes

Un homme a tué deux personnes et blessé quatre autres en France lors d’une attaque au couteau perpétrée samedi matin dans le centre de la localité de Romans-sur-Isère, dans le sud-est du pays, en pleine période de confinement lié à l’épidémie de COVID-19.  

Interpellé vers 11 h locales (5 h HE), l’auteur présumé, qui se présente comme un réfugié soudanais, a attaqué plusieurs personnes dans une boulangerie, un bureau de tabac et dans la rue, a appris l’AFP de source proche de l’enquête.

Trois des blessés ont été grièvement atteints, selon cette source. Un premier bilan avait fait état de sept blessés, dont un entre la vie et la mort.  

L’assaillant dit être né en 1987 et n’est pas connu des services de la police française sous l’identité qu’il a donnée, selon cette même source.

La police judiciaire de Lyon, dans l’est de la France, est saisie de l’enquête. Le parquet national antiterroriste français, en lien avec le parquet de la ville de Valence (sud-est), est « en évaluation actuellement » pour savoir s’il se saisit de l’enquête.

«Acte odieux»

«Toutes mes pensées vont aux victimes de l’attaque de #RomansSurIsère et à leurs proches. L’auteur présumé a été interpellé par la @PoliceNationale», a tweeté le ministre français de l’Intérieur Christophe Castaner.  

« La DIPJ de Lyon est mobilisée, sous l’autorité de la Justice, pour établir la nature et les circonstances de cet acte odieux », ajoute-t-il.

Cette attaque intervient alors que la France vit sous une constante menace terroriste depuis la vague d’attentats djihadistes sans précédent amorcée en 2015.

Depuis le début de l’année, la justice antiterroriste s’est saisie d’une attaque : le 3 janvier, un jeune homme converti à l’islam et atteint de troubles psychiatriques avait attaqué au couteau dans un parc à Villejuif (région parisienne) des promeneurs avec une «extrême détermination», avant d’être abattu par les policiers. L’attaque a fait un mort et deux blessés.

En 2019 en France, la justice antiterroriste s’est saisie à trois reprises : lors de l’agression au couteau en mars de deux surveillants d’une prison par un détenu radicalisé, Michaël Chiolo, après l’attentat au colis piégé devant une boulangerie de Lyon en mai, qui avait blessé 14 personnes, et après la tuerie perpétrée début octobre à la préfecture de police de Paris.

S’agissant de cette dernière enquête, les juges d’instruction antiterroristes n’ont pas encore pu déterminer, à la connaissance de l’AFP, les motivations de Mickaël Harpon, l’agent soupçonné de radicalisation qui a tué au couteau quatre de ses collègues avant d’être abattu.

L’attaque de la mosquée de Bayonne (sud-ouest), commise fin octobre 2019 par un ancien militant d’extrême droite qui a blessé deux fidèles à l’arme à feu, a été qualifiée de « terroriste » par l’avocat des victimes mais le parquet national antiterroriste ne s’est pas saisi de l’affaire.

En plus de quatre ans, la vague d’attentats en France a fait 256 morts, si on inclut ceux de la préfecture de police. Au total, 60 attentats ont été déjoués depuis 2013.  

La France vit actuellement sa troisième semaine de confinement de sa population pour lutter contre l’épidémie de coronavirus, qui a provoqué la mort de plus de 6500 personnes dans le pays.