Cisjordanie: le projet d’annexion israélien est un «crime de guerre» dénonce la Ligue arabe

Photo fournie par la Ligue arabe le 30 avril 2020 montrant le secrétaire général de cette instance basée au Caire, Ahmed Aboul Gheit, présider une réunion virtuelle avec les ministres arabes des Affaires étrangères. [AFP]
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La Ligue arabe a dénoncé jeudi le projet d’annexion de parties de la Cisjordanie occupée par Israël, parlant d’un « nouveau crime de guerre » envers les Palestiniens, lors d’une réunion virtuelle organisée par le siège de l’organisation au Caire à la demande de l’Autorité palestinienne.

Depuis 1967, la Cisjordanie est occupée illégalement au regard du droit international par l’Etat hébreu.

La semaine dernière, et après des mois de crise politique, Israël s’est engagé sur la voie d’un gouvernement d’union qui prévoit notamment la « souveraineté » d’Israël sur les « implantations en Judée et Samarie », expression utilisée pour évoquer les colonies israéliennes établies en Cisjordanie.

« La mise en oeuvre de projets d’annexion d’une quelconque partie des territoires palestiniens occupés depuis 1967, dont la vallée du Jourdain (…) et les terres sur lesquelles se trouvent des colonies israéliennes, représente un nouveau crime de guerre (…) contre le peuple palestinien », ont dénoncé les ministres arabes des Affaires étrangères réunis jeudi.

Dans leur communiqué conjoint, ils ont également exhorté les Etats-Unis à « retirer leur soutien au gouvernement israélien d’occupation dans ce projet ».

En janvier, l’administration américaine a présenté un plan très controversé censé régler le conflit israélo-palestinien, qui prévoit notamment l’annexion par Israël de la vallée du Jourdain et de plus de 130 colonies juives en Cisjordanie.

Cette annexion signifie que ces secteurs feraient officiellement partie d’Israël et consacrerait la fragmentation de la Cisjordanie, qui deviendrait un territoire palestinien sans continuité.

Cartes d’Israël et des territoires palestiniens, comparaison entre la situation actuelle et la proposition du plan du président américain Donald Trump. [AFP]

Les Palestiniens rejettent ce projet qui représente pour eux, de même que pour nombre de pays et l’envoyé de l’ONU pour le Proche-Orient, la fin de la solution à deux Etats préconisée par la communauté internationale qui prévoit un Etat palestinien viable aux côtés d’Israël.  

Le plan américain propose en outre que la capitale palestinienne soit à Abou Dis, un faubourg de Jérusalem. Or, les Palestiniens veulent leur capitale dans le secteur Est de la ville sainte, occupé depuis 1967 par Israël.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Ryad al-Malki, a indiqué jeudi que la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, située à Jérusalem-Est, se retrouverait selon le plan en secteur israélien.

« La mise en oeuvre de ce projet transformerait la bataille politique en une guerre de religions sans fin (…) qui n’amènera jamais la stabilité, la sécurité et la paix dans la région », a-t-il mis en garde.

Le plan américain doit être soumis à partir du 1er juillet « au gouvernement et/ou au Parlement israélien », selon un accord conclu entre Benjamin Netanyahu et Benny Gantz sur un gouvernement d’union.

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