Fusillade dans une base militaire de Floride: l’auteur était en lien avec Al-Qaïda

La base de Pensacola emploie plus de 16 000 militaires et 7400 civils, selon son site web. [AFP]
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L’auteur d’une fusillade dans une base navale américaine en décembre était en lien avec Al-Qaïda, selon l’analyse de données contenues dans un de ses téléphones, rapportent lundi les médias.

Militaire saoudien en formation aux Etats-Unis, Mohammed al-Shamrani, 21 ans, avait ouvert le feu le 6 décembre dans la base de Pensacola en Floride, faisant trois morts et huit blessés avant d’être abattu par la police.

Selon les Etats-Unis, les premiers éléments de l’enquête avaient montré qu’il était « motivé par l’idéologie jihadiste ».

Début février, la fusillade avait été revendiquée par le groupe Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) et quelques jours plus tard Washington avait annoncé avoir « éliminé » son chef Qassim al-Rimi.

Mais rien, jusqu’ici, ne permettait de dire si le tireur saoudien était juste inspiré par le groupe ou s’il avait été en contact direct avec ses membres.

Les enquêteurs américains, qui demandaient à Apple de pouvoir accéder aux données de ses téléphones, ont finalement réussi à récupérer par leurs propres moyens les données d’au moins un des deux appareils, selon CNN et le New York Times.

Ils ont découvert que le Saoudien avait échangé avec au moins un agent d’Aqpa avant l’attaque, ont assuré des sources anonymes aux deux médias.

L’information doit être rendue publique officiellement lundi par Bill Barr et le chef de la police fédérale lors d’une conférence de presse.

La Naval Air Station Pensacola en Floride accueille 16 000 militaires et plus de 7 000 civils, et abrite un escadron de démonstration en vol. [AFP]

La fusillade avait tendu les relations entre Washington et Ryad. Dans un appel au président Donald Trump, le roi Salmane avait condamné un crime « abominable » et assuré que le tireur ne représentait pas son peuple.

Washington avait ensuite annoncé le renvoi de 21 militaires saoudiens, sur les quelque 850 en formation aux Etats-Unis, parce qu’ils avaient publié ou consulté des « contenus offensants » sur les réseaux sociaux, « jihadistes », « anti-américains » ou de nature pédophile.

Le FBI n’avait toutefois trouvé « aucune preuve d’une collaboration ou de la connaissance préalable de l’attaque » par d’autres militaires en formation aux Etats-Unis.

Testament

Le militaire saoudien en formation Mohammed al-Shamrani, 21 ans, ici sur une photo fournie par le FBI, avait ouvert le feu en décembre dans la base de Pensacola en Floride. [AFP]

Mohammed al-Shamrani avait échafaudé son plan depuis des années et était resté en contact avec des agents d’Aqpa pendant tout son séjour américain « jusqu’à la veille de l’attaque », a pour sa part souligné M. Wray. 

« Il ne s’est pas juste coordonné avec eux en termes de planification et de tactique, il les a aussi aidés à tirer le maximum de profit des meurtres » en enregistrant un testament à des fins de propagande, a relevé le chef du FBI.

Pour le centre de réflexion New America, il s’agit de la première attaque meurtrière sur le sol américain menée aussi étroitement avec Al-Qaïda depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Depuis l’effondrement des tours jumelles du World Trade center, des jihadistes ont tué 107 personnes aux Etats-Unis, mais le plus souvent après s’être radicalisés seuls sur internet.

La fusillade de Pensacola présente un autre point commun avec les attentats de 2001: 15 des 19 pilotes qui avaient détourné des avions et provoqué la mort de quelque 3.000 personnes étaient des Saoudiens.

Les pilotes saoudiens présents dans le pays avaient pu reprendre leur entraînement à la fin février avec des mesures de sécurité plus stricte (pas le droit de posséder des armes, accès restreint à certaines zones de la base…).

« En se fondant sur les éléments recueillis par le FBI, et en complément des mesures de protection déjà mises en oeuvre, le ministère va prendre de nouvelles mesures de prudence », a annoncé lundi le ministre de la Défense Mark Esper cité dans un communiqué.