L’Iran disposé à un échange de prisonniers avec les États-Unis

Une Iranienne marche devant le drapeau national peint sur un mur de Téhéran le 6 août 2018. (AFP/ATTA KENARE)
Temps de lecture estimé : 2 minutes

Téhéran a répété dimanche être prêt à un échange de prisonniers avec les États-Unis « sans condition préalable », disant que la balle était dans le camp de Washington.

La République islamique avait déjà affirmé en décembre être prête à d’autres échanges de prisonniers avec les États-Unis, à la suite d’un échange d’un Américain emprisonné en Iran et d’un Iranien détenu sur le sol américain.

«Il y a une volonté d’échanger tous les prisonniers […] sans condition préalables, mais c’est le gouvernement américain qui a jusqu’à présent refusé de répondre», a déclaré dimanche Ali Rabii, le porte-parole du gouvernement, cité par l’agence semi-officielle Isna.

«Il semble maintenant que l’Amérique est davantage prête qu’avant» à prendre ce type de mesures, a-t-il ajouté, précisant : «Washington a été informé de notre disponibilité».

Interrogée par l’AFP, le département d’État n’a ni démenti ni confirmé d’éventuelles discussions en cours sur les prisonniers.

«Nous ne menons pas de discussions diplomatiques sensibles par médias interposés», a dit la porte-parole de la diplomatie américaine Morgan Ortagus.

«Les États-Unis sont déterminés à rapatrier tous les Américains injustement détenus à l’étranger», s’est-elle bornée à ajouter.

M. Rabii a fait notamment part de son inquiétude au sujet de l’état de santé des prisonniers iraniens détenus aux États-Unis, affirmant qu’ils n’étaient « pas bien traités ».

En mars, alors que la pandémie de COVID-19 frappait de plein fouet l’Iran, les États-Unis avaient appelé Téhéran à libérer tous les prisonniers américains. Téhéran avait réclamé la même mesure à Washington concernant les détenus iraniens.

L’Iran est le pays le plus touché par l’épidémie au Moyen-Orient, et les États-Unis de leur côté ont enregistré le plus grand nombre de décès lié au virus dans le monde.

La République islamique a libéré temporairement plus de 100 000 détenus en plusieurs étapes depuis mars en raison de la pandémie, d’après son système judiciaire.

Téhéran et Washington, ennemis de plus de 40 ans, sont à couteaux tirés depuis que les États-Unis se sont retirés en 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien, conclu en 2015, avant de réimposer de lourdes sanctions économiques contre Téhéran.

Plusieurs Irano-américains, l’homme d’affaires Siamak Namazi, son père Bagher, ainsi que Morad Tahbaz, un écologiste, sont détenus en Iran.

Téhéran a temporairement libéré un vétéran de la marine américaine, Micheal White, le 19 mars, selon le département d’État américain.