Nétanyahou croit qu’«il est temps» d’annexer des pans de la Cisjordanie

Les colonies érigées en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée sont considérées comme illégales par la communauté internationale. (Archives/AFP)
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«Il est temps» d’annexer des pans de la Cisjordanie occupée, a déclaré dimanche le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou devant le Parlement réuni pour un vote de confiance sur le gouvernement d’union avec Benny Gantz.

«Voici la vérité: ces territoires sont là où le peuple juif est né et s’est développé. Il est temps d’appliquer la loi israélienne et d’écrire un nouveau chapitre glorieux dans l’histoire du sionisme», a déclaré M. Nétanyahou, utilisant ainsi son langage habituel pour évoquer l’annexion des colonies juives en Cisjordanie.

L’accord de partage du pouvoir entre MM. Nétanyahou et Gantz prévoit l’annonce, à partir du 1er juillet, d’une stratégie pour appliquer le projet américain de résolution du conflit israélo-palestinien. Rejeté par les Palestiniens, ce plan prévoit notamment l’annexion par Israël de la vallée du Jourdain et des colonies israéliennes en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par l’État hébreu.

Au cours de la dernière décennie, la population dans les colonies israéliennes a bondi de 50 % pour dépasser les 450 000 personnes, vivant souvent de manière conflictuelle auprès de plus de 2,7 millions de Palestiniens.

«La vérité, et tout le monde le sait, c’est que les centaines de milliers de résidents de Judée-Samarie [terme utilisé par les autorités israéliennes pour parler de la Cisjordanie, NDLR] resteront toujours chez eux, quel que soit l’accord de paix trouvé in fine», a affirmé M. Nétanyahou devant les parlementaires.

L’annexion «ne nous éloignera pas de la paix, elle nous en rapprochera», a-t-il ajouté.

M. Gantz s’est exprimé pour sa part sur la pandémie de nouveau coronavirus et sur la nécessité pour les Israéliens d’être unis mais n’a rien dit sur l’annexion.

Le projet d’annexion a été discuté mercredi par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, en visite-éclair à Jérusalem où il a rencontré MM. Gantz et Nétanyahou.

Les Palestiniens et la Jordanie voisine ont déjà mis en garde contre les conséquences d’un tel projet. La plupart des pays de l’Union européenne veulent aussi convaincre Israël d’y renoncer pour éviter de devoir sanctionner ce pays.