Opération LASER dans les CHSLD: le devoir de parler, et de parler clairement

Des membres du 2e Régiment d'artillerie de campagne se joignent a l’équipe médicale et d’entretient ménager du centre d’hébergement et de soins de longue durée Argyle, dans le cadre de l'opération LASER, à Saint-Lambert, Québec, le 30 avril 2020.[MDN]
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Alors qu’un rapport accablant des Forces armées canadiennes dénonçant la situation dans les centres pour aînés en Ontario basé sur des témoignages de militaires qui ont été envoyés dans quelques-uns de ces établissements en renfort pour assister le personnel civil a été rendu public aujourd’hui, la Défense nationale s’explique sur le devoir des militaires de transmettre leurs observations avec franchise.

Le document de 15 pages rendu public aujourd’hui est signé par le Brigadier-General Conrad Mialkowski, commandant de la 4e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Centre), responsable pour toutes les opérations dans la province de l’Ontario.

«Le ministre Sajjan, comme tous les Canadiens, a été choqué par le rapport des observations des FAC dans les centres de soins de longue durée de l’Ontario. Il a reçu le rapport, dans une lettre datée du 21 mai, envoyée de la part des Forces armées canadiennes, le 22 mai et l’a transférée au ministre Blair [Ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, NDLR] le jour-même.», a indiqué à 45eNord.ca Florianer Bonneville, attachée de presse du ministre de la Défense.

Comme c’est le cas pour toute opération de déploiement, tant au pays qu’à l’étranger, les membres des Forces armées canadiennes (FAC) sont tenus de transmettre leurs observations relatives à la mission, souligne la Défense nationale dans un mail envoyé à 45eNord.ca.

C’est dans ce contexte que le personnel des Forces armées canadiennes déployé dans le cadre de l’Op LASER en appui aux établissements de soins de longue durée (ESLD) documente et signale toute situation pouvant être préjudiciable aux résidents de ces établissements, à leurs employés et à la mission, explique Ottawa.

L’objectif de la transmission de ces constatations est de fournir «une connaissance constructive de la situation à la chaîne de commandement et de signaler tout problème éventuel susceptible d’entraver le succès de la mission ou, plus important encore, de porter préjudice à ceux que nous servons.»

En outre, ajoute la Défense nationale, les fournisseurs de soins de santé autorisés des Forces armées canadiennes sont obligés, selon la loi et en vertu de leurs normes professionnelles, de signaler toute situation qui soulève des inquiétudes quant à la conduite ou à la pratique professionnelle d’un travailleur de la santé œuvrant dans un ESLD.

Et c’est ainsi que, dans le cadre de leurs fonctions dans les ESLD de l’Ontario, les équipes de renfort aux soins de santé civils des FAC [Augmented civilian care teams, ACC] ont constaté et signalé un certain nombre de problèmes liés à la prestation de soins aux résidents de ces établissements.

Les FAC n’ont pas seulement fait rapport à leur hiérarchie, puis au ministre, elles ont aussi partagé leurs observations générales avec les autorités gérant ces centres.

«Nous continuons de servir avec fierté les populations les plus vulnérables au Canada en cette période de grande incertitude, et nous continuerons de le faire tout en appliquant les normes de conduite et de rendement les plus élevées. », déclare aujourd’hui la Défense nationale.

Par ailleurs, «Il y aura un rapport des Forces armées canadiennes sur la situation dans les CHSLD du Québec», a indiqué Mary-Liz Power, l’attachée de presse du ministre fédéral de la Sécurité publique Bill Blair. On ne sait pas encore quand il sera remis au gouvernement, mais le document est déjà «en cours de préparation».

En effet, tout le personnel des Forces armées canadiennes déployé dans les CHSLD dans le cadre de l’Op LASER respecte des procédures de compte rendu semblables à celles de leur collègues en Ontario et sont tenus de transmettre leurs observations, quelle que soit la province dans laquelle ils travaillent, et de travailler en collaboration avec les autorités locales afin d’améliorer le service aux patients.

Des renseignements juste et un portrait sans fard de la situation devraient donc être transmis aux autorités provinciales par l’entremise des canaux administratifs appropriés.