Trump annonce le retrait américain d’un traité sur les armements

Carte des 34 États du traité Ciel ouvert ( Photo Super cyclist)
Carte des 34 États du traité Ciel ouvert ( Photo Super cyclist)
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Donald Trump a annoncé jeudi le retrait américain du traité «Ciel ouvert» (Open Skies en anglais) qui permet de vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des pays signataires, tout en laissant la porte ouverte à une renégociation de l’accord.

«La Russie n’a pas respecté le traité», a déclaré le président américain. «Donc tant qu’ils ne le respecteront pas, nous nous retirerons», a-t-il ajouté, confirmant ainsi des informations du New York Times.  

M. Trump répondait à la presse dans les jardins de la Maison-Blanche avant son départ pour le Michigan, où il doit visiter une usine pour montrer que l’économie américaine repart après la pause imposée par le coronavirus.

Il n’a pas fermé la porte à une renégociation de ce traité signé par 35 pays [si on compte les États-Unis, NDLR]. « Je pense que ce qui va se passer, c’est que nous allons nous retirer et ils vont revenir et demander à négocier un accord », a-t-il dit. « Nous avons eu de très bonnes relations récemment avec la Russie ».

Dans un communiqué, le chef de la diplomatie Mike Pompeo a précisé que Washington informerait officiellement les signataires du Traité de leur décision vendredi, ce qui ouvrira une période de six mois avant le retrait définitif des Etats-Unis de cet accord. 

« Nous pourrions, cependant, reconsidérer notre retrait si la Russie revenait à un respect total du traité », a-t-il ajouté.

Selon un porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman, la Russie «viole continuellement et de façon flagrante ses obligations selon le traité Open Skies et l’applique d’une façon qui menace les États-Unis, ainsi que nos alliés et partenaires».

En vertu du du Traité « Ciel ouvert », qui entend promouvoir l’ouverture et la transparence entre les nations grâce à un concept d’observation mutuelle,chaque État signataire doit accepter de recevoir un certain nombre de vols d’observation («quota passif») et peut mener, au maximum, autant de vols d’observation qu’il en a reçus («quota actif»).
L’État observé doit être averti au moins 72 heures à l’avance du vol d’observation que prévoit l’État observant.Les appareils utilisés pour ces missions varient d’un pays à l’autre. Les États-Unis utilisent des OC-135 B Open Skies (une version militaire du Boeing 707) et le Canada utilise un C-130 Hercules.

Quant aux Russes (ainsi que les Roumains et les Ukrainiens), ils utilisent des Antonov An-30. La Russie utilise également une variante du Tupolev Tu-154.

« L’avion d’observation est équipé de capteurs appartenant aux seules catégories suivantes »:
caméras optiques panoramiques et à prise de vues image par image;
caméras vidéo à affichage en temps réel;
analyseurs infrarouges à balayage linéaire; et
radars d’ouverture synthétique à visée latérale.
L’adoption de catégories supplémentaires de capteurs et l’amélioration des capacités des capteurs appartenant aux catégories existantes ne pouvant se faire qu’après examen de la Commission consultative pour le régime « Ciel ouvert », advenant qu’un capteur installé à bord d’un avion ou le matériel qui lui est associé ne correspondent pas à ceux qui ont été certifiés, la mission peut être remise en cause.

Dans un communiqué, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Robert O’Brien, a souligné que les États-Unis «ne resteraient pas signataires de traités internationaux qui sont violés par les autres parties et qui ne sont plus dans l’intérêt de l’Amérique».

Il a cité les deux traités dont les États-Unis se sont retiré récemment: le traité sur le programme nucléaire iranien et le traité INF sur les missiles terrestres de moyenne portée.

«Nous sommes prêts à négocier avec la Russie et la Chine sur un nouveau cadre de contrôle des armements qui aille au-delà des structures du passé datant de la Guerre froide et qui permette de garantir la sûreté du monde», a conclu M. O’Brien.

Les États-Unis ont accusé à plusieurs reprises la Russie de violer le traité «Ciel ouvert». «Cela fait des années qu’ils trichent», avait ainsi noté le secrétaire américain à la Défense Mark Esper début mars lors d’une audition au Congrès.