Un drone de la Marine américaine participera à l’opération de récupération du Cyclone canadien disparu

Un système ROV Remora de Phoenix International semblable à celui qui sera utilisé dans l'opération de récupération du Cycline canadien qui s'est abîmé en mer Ionienne le 29 avril. Le submersible télécommandé peut effectuer des travaux à des profondeurs de 6 000 mètres (20 000 pieds) [Phoenix International]
Temps de lecture estimé : 4 minutes

Un drone de sauvetage de la Marine américaine assistera le Canada dans l’opération de récupération de l’hélicoptère CH-148 Cyclone de l’Aviation royale canadienne (ARC), qui s’est abîmé en mer Ionienne le 29 avril, entraînant dans la mort les six membres des Forces armées canadiennes qui prenaient place à bord, a-t-on appris hier.


Mise à jour 25/05/2020, 15h53

Aujourd’hui, l’équipe des FAC/de la USN a quitté la baie de Souda, en Grèce, à bord du navire EDT Hercules. Elle devrait arriver d’ici 2 jours au site, situé à environ 220 miles nautiques à l’Est de Catane, en Sicile, et commencer les recherches pour Stalker 22 et les membres de disparus de l’équipage du Cyclone.


Le lieutenant‑général Michael Rouleau, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada (COIC), le contre‑amiral Craig Baines, commandant de la composante maritime (MCC), et le major‑général Alain Pelletier, commandant de la composante aérienne de la force interarmées (CCAFI), ont communiqué aux médias lors d’une séance d’information technique mardi à Ottawa les détails de l’opération de récupération prévue visant à localiser et à récupérer les restes des militaires décédés ainsi que l’hélicoptère Cyclone.

Les enregistreurs de données de vol, dont l’analyse peut prendre jusqu’à un an, ont été retrouvés presque immédiatement après l’accident, mais il reste maintenant à récupérer le fuselage qui repose. lui, par 3 000 mètres de profondeur.

Le submersible télécommandé de la Marine américaine va fouiller le fond de l’océan au large de la Grèce à la recherche de l’épave de l’hélicoptère maritime et des membres d’équipage manquants.

Le 29 avril, le Cyclone CH-148 s’est écrasé alors qu’il approchait du NCSM Fredericton en mission dans la mer Ionienne dans le cadre de l’opération REASSURANCE.

Seul le corps de l’enseigne de vaisseau de 1re classe Abbigail Cowbrough, a été retrouvé et les restes partiels d’un deuxième membre de l’équipage, le capitaine Brenden Ian MacDonald, ont été identifiés. Il reste encore à retrouver trace des autres membres de l’équipage, le capitaine Kevin Hagen, le capitaine Maxime Miron-Morin, l’enseigne de vaisseau de 1re classe Matthew Pyke et le caporal‑chef Matthew Cousins.

L’opération de récupération commencera dès la fin du mois, a déclaré le lieutenant-général Rouleau.

«La vitesse dans ces recherches et cette opération de récupération est très importante pour plusieurs raisons», a déclaré le commandant du COIC, responsable de toutes les opérations des Forces canadiennes à l’étranger et au pays. «Premièrement pour les familles. La deuxième raison, elle, est liée à notre éthique [l’éthique des Forces armées canadiennes, NDLR] – nous ne laissons personne derrière. Et la troisième est que l’environnement dégradera les traces [de l’accident] avec le temps.»

Une équipe mixte de spécialistes de la Marine canadienne et de spécialistes de la Marine américaine sera à bord du navire de récupération pour superviser l’opération.

Le contre-amiral Craig Baines, commandant de la composante maritime (MCC) , a indiqué pour sa part que les militaires ont une idée claire du lieu de l’accident et que le Cyclone est équipé d’une balise de détresse sous-marine.

L’épave peut toutefois avoir été déplacée par les courants sous-marins.

La balise continue d’émettre un signal pendant 30 jours, mais le signal ne peut être capté que par le submersible de récupération, une fois celui-ci arrivé sur place et immergé.

Les responsables militaires ont déclaré que l’opération de récupération se poursuivrait aussi longtemps qu’il le faudra: « Nous resterons sur le site jusqu’à ce que nous soyons convaincus d’avoir récupéré tout ce que nous pouvons», a déclaré le lieutenant-général Rouleau, précisant qu’aucune date-limite n’avait été fixée.

Les Forces armées canadiennes devront mener une enquête en profondeur pour déterminer si les procédures ou l’équipement militaires sont à blâmer, a aussi indiqué le lieutenant-général Rouleau, refusant de spéculer d’ici là sur une cause possible. Le ministre de la Défense Harjit Sajjan avait déclaré récemment que cette enquête pourrait prendre un an ou plus.

Le lieutenant-général Rouleau a aussi confirmé hier que, lorsque l’Aviation royale canadienne donnera ses directions en ce qui a trait à la pause opérationnelle de la flotte [qui a suivi le tragique accident, NDLR], un CH-148 Cyclone pourrait être transféré au NCSM Fredericton en vue de reprendre les opérations aériennes en mer. Toutefois, comme l’avait expliqué le chef d’état-major de la Défense (CEMD) dans sa dernière lettre aux membres et familles des Forces armées canadiennes, de nombreux facteurs seront évalués, comme la levée de la pause opérationnelle toujours en vigueur pour la flotte d’hélicoptères Cyclone.

Dans sa lettre du 15 ami, le CEMD avait déjà indiqué que le NCSM Fredericton avait maintenant repris ses fonctions dans le cadre de l’opération REASSURANCE au sein du Standing NATO Maritime Group 2 (SNMG2) la force navale multinationale de l’OTAN, mais voguait actuellement sans détachement aérien.