76e anniversaire du jour J et de la bataille de Normandie

À bord de leur péniche de débarquement d'assaut, des hommes des Royal Winnipeg Rifles se dirigent vers leur secteur de Juno Beach, le 6 juin 1944. [Dennis Sullivan/Ministère de la Défense nationale / Archives nationales du Canada]
Temps de lecture estimé : 5 minutes

Le premier ministre Justin Trudeau a fait aujourd’hui à l’occasion du 76e anniversaire du jour J et de la bataille de Normandie une déclaration que nous reproduisons ici intégralement..

«Aujourd’hui, en ce 76e anniversaire du jour J et de la bataille de Normandie, nous nous souvenons des courageux Canadiens et Terre‑Neuviens qui y ont participé. Nous rendons hommage à ces soldats qui ont combattu aux côtés des forces alliées, de même qu’à ceux qui ont perdu la vie lors de cette bataille qui s’est avérée déterminante lors de la Seconde Guerre mondiale et qui a changé le cours de l’histoire.

«Le 6 juin 1944, plus de 14 000 Canadiens ont pris d’assaut la plage Juno dans le cadre de la plus vaste opération conjointe des forces maritimes, aériennes et terrestres de l’histoire. De concert avec les Alliés, les soldats canadiens ont percé les défenses allemandes sur les plages de la Normandie et ouvert un nouveau front occidental en Europe.

«En franchissant le mur de l’Atlantique, les Alliés ont surmonté d’énormes épreuves et remporté une victoire cruciale. Mais les deux mois et demi de combats en Normandie qui ont suivi se sont avérés très coûteux pour le Canada. Plus de 5 000 soldats canadiens ont été tués et 13 000 autres ont été blessés, parmi lesquels certains ont subi des blessures permanentes qui ont changé le cours de leur vie.

«Le courage et le dévouement dont les Canadiens ont fait preuve en Normandie ce jour-là et tout au long de la guerre nous rappellent l’énorme prix à payer pour défendre la liberté, les droits de la personne et la démocratie. Nous devons nous souvenir d’eux ainsi que de plus d’un million de Canadiens qui ont servi durant la Seconde Guerre mondiale.

«La pandémie de COVID-19 nous oblige à tenir les cérémonies commémoratives de cette année en ligne. J’invite tous les Canadiens à rendre hommage au courage et aux sacrifices de ceux qui ont combattu lors des débarquements du jour J et de la bataille de Normandie. Nous avons le devoir solennel de nous souvenir de ceux qui ont servi notre pays et ont consenti à tant de sacrifices. Ils ont tout donné pour que nous puissions connaître la paix et la liberté qui nous sont si chères aujourd’hui.

« N’oublions jamais.»

************************************************************************

Lawrence MacAulay, ministre des Anciens Combattants et ministre associé de la Défense nationale, et Harjit Sajjan, ministre de la Défense nationale, ont eux aussi souligné le 76e anniversaire du jour J et de la bataille de Normandie dans une déclaration dont nous reproduisons ici des extraits.

Le jour J a été un moment décisif de la Seconde Guerre mondiale et a ouvert la voie à la campagne de Normandie qui l’a suivi, au cours de laquelle les soldats canadiens ont aidé à repousser les forces occupantes allemandes et à libérer l’Europe occidentale. Cet accomplissement remarquable n’a pas eu lieu sans une intense préparation. Les forces alliées ont passé plus d’une année à planifier ce qui deviendrait la plus importante opération aérienne, maritime et terrestre combinée de l’histoire militaire.

Les Canadiens qui ont participé au jour J provenaient des trois secteurs de l’armée de notre pays. Quelque 109 vaisseaux et 10 000 marins de la Marine royale du Canada faisaient partie de la flotte alliée du jour J. Nos dragueurs de mines ont frayé un chemin pour les plages de débarquement en Normandie et nos destroyers ont bombardé les positions de défense allemandes, tandis que les péniches de débarquement canadiennes ont emmené les soldats au rivage. Les escadrons de l’Aviation royale du Canada ont effectué de nombreuses missions – autant dans les jours qui ont précédé le jour J que le 6 juin 1944 – pour frapper des cibles allemandes tant intérieures que côtières, en plus de chasser les avions ennemis des cieux.

La campagne de Normandie s’est poursuivie au-delà du jour J jusqu’à tard dans l’été 1944. Les forces canadiennes ont combattu l’ennemi de façon continue, que ce soit en France dans le village de Carpiquet ou la ville de Caen, ou en participant à la poussée finale afin de fermer la brèche de Falaise en août 1944. La libération de Paris a eu lieu le 25 août 1944, marquant officiellement la fin de la bataille de Normandie.

Mais la victoire n’a pas été remportée sans un coût. Trois cent cinquante-neuf soldats canadiens ont été tués le 6 juin 1944, et plus de 5 000 Canadiens ont perdu la vie pendant la durée totale de la bataille de Normandie.

Alors que nous soulignons le 76e anniversaire du jour J et de la bataille de Normandie, nous vous encourageons à lire et à écouter les histoires des Canadiens qui ont participé à la campagne, notamment  Eugénie « Frankie » TurnerHavelyn ChiassonRaymond AndersonIvan « Benny » Parsons et Charles Starkes. Aujourd’hui, nous rendons hommage à ces personnes courageuses, et à tous les Canadiens qui ont pris part à l’effort de guerre allié le jour J et pendant la bataille de Normandie.

N’oublions jamais.»

En France, les cérémonies du 76e anniversaire du Débarquement à huis clos

Les cérémonies du 76e anniversaire du Débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, se sont déroulées samedi à huis clos et sans vétérans, dans une ambiance formelle due à l’épidémie de COVID-19, qui contraste avec les festivités et la foule de 2019, a constaté l’AFP.

À Vierville-sur-Mer (Omaha Beach), l’un des principaux théâtres du Débarquement, une cérémonie inaugurée par deux survols de la Patrouille de France a rassemblé moins d’une centaine de personnes, dont les ambassadeurs de huit pays alliés (États-Unis, Canada, Danemark, Royaume-Uni, Pologne, Belgique, Norvège, Pays-Bas) et de l’Allemagne, devant le Monument de la Garde nationale des États-Unis.  

Sur place, la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées Geneviève Darrieussecq a évoqué une cérémonie «simple, sobre et forte». «Cette crise sanitaire nous a contraint à revoir le format des cérémonies. Ce qui est important c’est qu’elles aient lieu, qu’il y ait les représentants de tous les pays et que nous restions tous unis par cette mémoire qui nous rappelle tout simplement que des soldats ont combattu pour des valeurs de notre république, de notre liberté, de notre démocratie», a-t-elle déclaré à la presse. Beaucoup de cérémonies ont dû être annulées cette année en raison du contexte sanitaire.

À la levée des drapeaux et aux hymnes nationaux a succédé le traditionnel dépôt de gerbes. La cérémonie s’est achevée par le survol d’un F15 et d’un ravitailleur américain.

«6 juin 1944. La Bataille suprême est engagée. Je pense à ceux qui, à des milliers de kilomètres de chez eux, se sont battus pour libérer la France aux côtés de nos résistants. Faire bloc, au nom de la Liberté. Ne jamais oublier nos héros », a tweeté le président français Emmanuel Macron.

«Malheureusement cette année on ne peut pas assister à la cérémonie, ce sont des cérémonies que je ne loupe jamais, c’est une déception. On a eu beaucoup d’annulations. C’est un peu une catastrophe quand même. Ici on vit avec le tourisme », a déclaré à l’AFP Marie-Christine Costy, présidente de l’Association des passerelles d’Omaha.

Dans la matinée, des cérémonies se sont également déroulées au Mémorial de Caen, au cimetière britannique de Bayeux, à Courseulles-sur-Mer (Juno Beach) et au cimetière américain de Colleville-sur-Mer, où Charles Norman Shay, 96 ans, était le seul vétéran américain présent.  

Une cérémonie a également eu lieu à Arromanches et une autre à Ouistreham pour rendre hommage aux 177 fusiliers marins des Forces françaises libres du commando Kieffer, les seuls Français en uniforme à avoir participé au Débarquement.  

*Avec AFP