Op LASER dans les CHSLD: ce que certains politiciens ont oublié de vous dire

Opération LASER: le colonel Tim Arsenault, commandant de la composante terrestre de la FOI-E, examine une carte d'état-major. [FOI-E]
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Au moment où va bientôt s’achever l’opération LASER dans les CHSLD, le colonel Tim Arsenault, commandant du 5 GBMC devenu aux fins de la lutte à la COVID commandant de la composante terrestre de la Force opérationnelle interarmées Est, a accepté tout en faisant le bilan de l’opération de répondre d’un point de vue strictement militaire à plusieurs questions qui traînaient depuis un peu trop longtemps dans le paysage.

Pourquoi rechigner à laisser un millier de militaires dans les CHSLD ? Pourquoi tous ces gens au Commandement et contrôle et au soutien ? Et pourquoi leur nombre ne diminue-t-il pas en même temps que baissent les effectifs en première ligne ? Comment les militaires décident-ils de quitter un CHSLD ? Peut-on déclarer «mission accompli» ? Le colonel Arsenault était bien sûr l’homme le mieux placé pour répondre à ces questions, et il l’a fait sans entrer du tout sur le terrain politique, ne répondant à ces questions, soulevées plusieurs fois ces dernières semaines, que d’un point de vue purement opérationnel.

Ses réponses n’en sont pas moins éclairantes.

«La composante terrestre de la Force opérationnelle interarmées Est est en fait la structure militaire qui couvre la province de Québec.», prend la peine de nous expliquer d’entrée de jeu le colonel Arsenault. «Notre commandement, la composante terrestre, n’est pas une entité qui existe en temps normal. C’est un quartier général qui a été mis en fonction afin d’assurer le commandement et contrôle de toutes les forces qui étaient déployées à Montréal pour supporter les CHSLD».

«Notre rôle c’était vraiment d’assurer la coordination avec le ministère de la Santé et des Services sociaux et d’assurer le déploiement, le contrôle de toute cette logistique des gens qui ont été déployés en CHSLD.»

Pourquoi rechigner à laisser un millier de militaires dans les CHSLD ?

«Pour nous, rien n’est plus important que sauver des vies et c’est précisément ce qu’on fait depuis la fin avril. Maintenant, nous voyons qu’il y a une évolution généralisée de la situation dans les CHSLD depuis maintenant plusieurs semaines. Par exemple, la semaine dernière [la semaine du 8 juin, NDLR], nous avons occupé 15 nouveaux CHSLD, et je vais vous donner le bilan total tout à l’heure, mais on a pris 15 nouveaux centres et on constate que la situation n’est pas du tout la même situation de crise qu’on a vécu et qu’on a absorbé au début mai, en ce que la gestion des zones dans les centres se fait de façon efficace, donc les éclosions sont bien contrôlées. La gestion de l’équipement de protection individuel se fait de façon efficace, les employés les utilisent, mais surtout le personnel civil est présent au travail, ce qui fait en sorte que nos militaires ont été en surplus dans les 15 nouveaux centres au point où très peu de notre temps est consacré au soins direct aux patients. Donc il faut constater un changement de situation considérable. Avec ça, comme solution de dernier recours, on était là pour la situation de crise, mais, alors que la situation s’améliore, on regarde vers l’avant, on regarde vers le potentiel d’une deuxième vague d’explosion pour plus tard dans l’année.

«Comme vous avez pu le constater, on a tiré profit d’une très grande proportion de nos ressources médicales pour cette mission, donc, il y a des implications au niveau de notre capacité pour les Forces armées canadiennes de faire la reprise des activités en situation pandémique. Par exemple, notre système de recrutement doit redémarrer car notre taux d’attrition est d’environ 400 individus à chaque mois, donc il faut redémarrer le système et ça prend du personnel médical pour faire nos examens médicaux pour faire le recrutement, pour supporter l’entraînement, pour former nos gens. Il y a aussi comme vous le savez bien, toutes nos missions à l’étranger, qui nécessite aussi des ressources médicales, que ce soit en Irak, en Lettonie, en Ukraine ou ailleurs. Donc, on a besoin de nos ressources médicales

«Donc, en situation de crise, il y a aucun problème. On a déployé plus de 350 personnes avec formation médicale pour l’opération, mais maintenant que la situation tend vraiment vers le positif, c’est le temps de regarder vers l’avant pour se consolider et s’assurer que les forces médicales sont en mesure de supporter les Forces canadiennes alors qu’on a rempli le mandat, presque. »

Pourquoi tant de gens au commandement et contrôle et soutien si les besoins sont en première ligne ?

«On ne peut pas déployer 1 000 militaires dans un environnement complexe comme celui qui existait dans le milieu des CHSLD dans une grande région comme la région de Montréal sans avoir une coordination qui est supportée par notre chaîne de commandement militaire et sans soutien logistique.

«La bonne proportion de militaires qui ont été déployés sur Montréal sont venus de l’extérieur de la région, donc il a fallu les héberger, il a fallu des plans d’alimentation, des plans de buanderie, des plans de transport. Ces fonctions là sont absolument nécessaire pour assurer la capacités de la force pour avoir en CHSLD un effet efficace. De plus, pour s’assurer que notre mission s’est très bien déroulée, nos troupes on fait un travail exceptionnel, mais c’est aussi parce qu’on avait une chaîne de commandement cohérente, qui a assuré liaison et coordination étroite avec les instances au niveau provincial, au niveau du ministère de la Santé et des Services sociaux, au niveau des CIUSSS [Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux,NDLR] des CISS [Centres intégrés de santé et de services sociaux, NDLR] de la région de Montréal, ainsi qu’au niveau des centres. Ce qui fait que le tout a été très bien coordonné, très bien géré. Si on avait pas fait ça, si on n’avait pas de structure de commandement et contrôle et un élément logistique efficace, bien, nos 1 000 soldats seraient plutôt devenus une partie du problème alors qu’on voulait offrir des solutions.

«Donc, la réalité d’un déploiement militaire, c’est que ça prend ces choses là pour assurer le succès de la mission et je trouve que, dans ce cas-ci, on a définitivement atteint l’objectif.

«Pour ce qui est du nombre de troupes dans les centres, on ajuste nos effectifs selon les besoins à l’intérieur des centres. Vers la fin du mois de mai, début juin, la situation dans les centres a grandement évolué et tendait beaucoup vers le positif, alors, au fur et à mesure que le personnel civil revenait au travail, on ajustait nos effectifs à l’intérieur des centres. On travaille vraiment avec une liste des centres prioritaires des CHSLD du ministère. Les centres qu’on a occupés sont les centres qui avaient les besoins les plus criants dans la région […], ce qui explique les effectifs qui ont varié de jour en jour au niveau des centres [mais qui n’amenait pas une variation identique au niveau du commandement et contrôle et du soutien, NDLR].

«C’est du positif, c’est bien de voir que la situation a évolué et que ce n’est pas la même situation qu’on a vécue fin-avril, début mai. Les choses vont bien, et c’est parfait comme ça.

Opération LASER: le colonel Tim Arsenault, commandant de la composante terrestre de la FOI-E, avec les troupes en CHSLD. [FOI-E]

Comment les militaires décident-ils de quitter un CHSLD ?

Donc, graduellement, et au fur et à mesure que la situation s’améliore dans les CHLSD, les Forces armées canadiennes ont planifié une phase de transition et l’ont préparé en étroite collaboration avec nos partenaires civils. «Les critères de transitions ont été établis au niveau du ministère de la Santé et des Services sociaux», nous assure le colonel Arsenault.

Les Forces armées canadiennes ont identifié, en partenariat avec le gouvernement provincial, plusieurs critères de transition pour assurer un désengagement souple, efficace, ordonné et harmonieux.

Plus précisément, elles se sont bien assuré que le taux de contamination au virus a diminué et qu’une stabilisation, au niveau de l’éclosion et au niveau du taux d’effectif de personnel civil, soit maintenue; également, qu’il y ait une diminution des tâches assignées au personnel militaire.

L’approbation du retrait de nos troupes dans les CHSLD revient au chef d’état-major de la Défense. Le tout est effectué en étroite coordination avec les autorités du gouvernement du Québec et du ministère de la Santé et des Services Sociaux, mais, l’atteinte des critères de transition dans plusieurs CHSLD démontrant que la situation se stabilisait et revenait progressivement à la normale, le désengagement s’est amorcé et les Forces armées ont commencé à céder la place aux équipes professionnelles provinciales qui reprennent le contrôle sur le terrain.

Pourquoi les militaires ont-ils écrit un rapport ?

Dans toutes les opérations de déploiement, qu’elles se déroulent au pays ou à l’étranger, les membres des Forces armées canadiennes ont l’obligation de faire part de leurs observations relatives à la mission. Ces rapports sont essentiels pour cibler les problématiques et ajuster les pratiques en conséquence.

C’est dans ce contexte que les militaires qui participent à l’opération Laser en soutien aux établissements de soins de longue durée notent et signalent leurs observations sur une base régulière.

«On s’est assuré de rapporter des faits et de ne pas tirer des conclusions q’il ne nous appartenait pas de tirer, on voulait s’assurer de bien refléter la situation dans les centres», nous explique le commandant de la composante terrestre de FOI-E.

Dans le cadre de leurs tâches, les équipes de Renfort aux soins de santé civils des Forces armées canadiennes déployées dans les CHSLD respectent les procédures de redditions de comptes établies. Les militaires ont donc analysé les pratiques du personnel civil dans les centres à la prestation de soins aux résidents et les ont documentées.

Et «dans la majorité des cas», nous indique le colonel, «le rapport a été très bien reçu par nos interlocuteurs, tant au niveau du ministère qu’au niveau des CIUSS, des CISS et même des centres eux mêmes. Il n’y a pas eu de friction causé par le rapport et, dans certains cas, des centres ont utilisé le rapport  pour mesurer l’évolution de leur propre situation pour être capable de déterminer, de discerner le progrès à l’intérieur de leur établissement».

Une opération d’une plus grande envergure encore qu’on le soupçonnait

Bilan, depuis la fin avril, les Forces armées canadiennes sont intervenus dans un total de 47 CHSLD et le total devrait, aux dires du commandant de la composante terrestre de la FOI-E, monter à 48 centres d’ici la fin de l’opération prévue le 26 juin.

On se rappelle tous l’annonce vendredi 17 avril par le premier ministre Justin Trudeau lors de sa conférence de presse quotidienne à Rideau Cottage de l’envoi de 125 membres des Forces armées en renfort dans les centres de soins de longue durée du Québec qui manquaient cruellement de main d’oeuvre.

Puis, le 22 avril, incapable de trouver 1000 professionnels de la santé pour les déployer de façon urgente à temps plein dans les CHSLD où on craignait que la pandémie de COVID-19 fasse des milliers de morts, ce qui, finalement fut le cas avec les aînés représentant 95% des quelque 5 000 décès de la province, Québec se tournait de nouveau vers Ottawa et demandait 1000 militaires de plus. L’opération était censée se terminer le 12 juin.

Puis, début juin, Québec demandait une prolongation jusqu’au…15 septembre, au risque de laisser les Forces armées elles-mêmes sans équipes médicales, compromettant le recrutement, la formation, les opérations, la planification d’urgence et la transition des militaires souhaitant être libérés des Forces.

Depuis le début de l’éclosion de la COVID-19 au Canada, les Forces armées canadiennes ont donc grandement participé dans la réponse pancanadienne. 62 jours plus tard, l’opération LASER continue de représenter un effort considérable pour l’ensemble de l’Équipe de la Défense, des Rangers canadiens qui appuient le personnel civil de la santé dans les communautés nordiques aux membres de la Force régulière et de la Réserve, en passant par le personnel civil du ministère de la Défense Alors que les taux d’infection diminuent dans tout le pays, les Forces armées canadiennes commencent à reprendre leurs activités régulières dans un environnement contrôlé et la plupart des activités de l’opération LASER se termineront bientôt.

Avant que ne se termine l’opération, un coup d’œil à ce déploiement amorcé le 20 avril.

Après avoir fait un premier déploiement dans 13 centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) depuis le 20 avril, la Force opérationnelle interarmées (Est) (FOI [E]) s’est déployée graduellement dans 15 autres CHSLD.

Elle s’est ensuite s’est déployée dans plus d’une douzaine de centres supplémentaires en juin, portant le nombre total de CHLSD soutenu à 47 centres au moment d’écrire ces lignes. centres.

Au total, près de 1 350 militaires ont été déployés, dont 1050 ont travaillé dans les CHSLD. Plus de 300 militaires ont été affectés à une équipe de commandement et de soutien.

Dans les établissements eux-mêmes, les Forces armées ont déployé des équipes multidisciplinaire. «On les appelle des équipes de soins», nous explique le commandant de la composante terrestre de la FOI-E. «L’équipe de soin est composé d’une infirmière/un infirmier et 6 techniciens médicaux, donc sept personnes au total, et l’intention est de pouvoir déployer les équipes en tant qu’un quart de travail dans le centre, avec l’infirmière et les techniciens médicaux qui remplissaient les fonctions de p.a.b.[préposés aux bénéficiaires, NDLR]. Donc, au niveau du personnel avec formation médicale, on créait ces équipes là, et on est venu les renforcer avec des pelotons de troupes de soutien général qui étaient formés intensivement pour accomplir des tâches d’aide de service.»

Le brigadier-général Gervais Carpentier, commandant de la2eDiv et de la FOI-E en visite le 19 juin à des militaires de la Force opérationnelle médicale déployée en CHSLD. [Twitter/@2Div_Comd_2Div]

Les tâches effectuées par les militaires ont varié selon les besoins spécifiques à chaque CHSLD. Outre le personnel médical, le personnel non médical des Forces canadiennes qui a également soutenu le personnel civil des CHSLD, a donc exécuté une variété de tâches: préparer, servir et ramasser les repas ;alimenter les usagers ; laver les mains et le visage des usagers ; contribuer aux soins d’hygiène, participer aux différents services pour l’usager ; accompagner un usager autonome à la marche ou à la toilette ; rassurer les usagers ; nettoyer, ranger et entretenir le matériel ; préparer et distribuer certains produits ; et, bien sûr, partager les observations avec les collègues des soins infirmiers afin d’assurer le meilleur suivi possible aux usagers.

«Au mois de mai», précise le colonel «dans les centres qui avaient des besoin criants au niveau du soutien médical, on avait même deux équipes de soin avec un peloton de soutien général, donc un total d’environ 50 militaire travaillant dans un centre», ajoutant que «les troupes d’aide de service ont été très bénéfiques puisque’elles ont permis de libérer le personnel avec formation médicale pour qu’il puisse s’occuper des soins aux patients alors que l’aide de service pouvait accomplir d’autres tâches comme désinfecter l’équipement, faire des tâches de buanderie, ou même aider les patients à communiquer avec leurs familles».

Les Forces armées canadiennes dans les CHSLD aujourd’hui

Le personnel des forces armées canadiennes a maintenant accompli ses tâches dans 26 établissement:

1. CHSLD Hôpital Sainte-Anne (Sainte-Anne-de-Bellevue)
2. CHSLD Valéo (Saint-Lambert)
3. CHSLD Villa Val des Arbres (Laval)
4. Manoir de Verdun (Montréal)
5. Centre d’hébergement Yvon-Brunet (Montréal)
6. Grace Dart Extended Care Centre (Montréal)
7. CHSLD Benjamin-Victor-Rousselot (Montréal)
8. CHSLD Floralies-De-Lasalle (Lasalle)
9. CHSLD Eloria-Lepage (Montréal)
10. Le Bellagio (Longueuil)
11. CHSLD Auclair (Montréal)
12. Résidence Berthiaume-Du Tremblay (Montréal)
13. Centre d’hébergement de Saint-Laurent (Saint-Laurent)
14. CHSLD Paul-Gouin (Montréal)
15. CHSLD Cartierville (Montréal)
16. Centre d’Hébergement Saint-Andrew (Montréal)
17. CHSLD Vigi Reine-Elizabeth (Montréal)
18. Centre d’Hébergement Jean-De-La-Lande (Montréal)
19. CHSLD de la Rive (Laval)
20. CHSLD Denis-Benjamin Viger (Montréal)
21. CHSLD Argyle (Saint-Lambert)
22. Centre d’Hébergement Saint-Margaret (Montréal)
23. Centre d’Hébergement Real-Morel (Montréal)
24. CHSLD Jean-Hubert-Biermans (Montréal)
25. Centre d’Hébergement Nazaire-Piché (Montréal)
26. CHSLD Vigi Mont-Royal (Ville Mont-Royal)

Et du soutien est toujours offert actuellement dans 21 autres.

1. CHSLD de Lachine (Lachine)
2. CHSLD Henri-Bradet (Montréal)
3. Résidence Floralies Lachine (Montréal)
4. CHSLD St-Jude (Laval)
5. CHSLD Jeanne-Le Ber (Montréal)
6. CHSLD Saint Michel (Montréal)
7. Centre d’hébergement J.Henri Charbonneau (Montréal)
8. Centre gériatrique Maimonides Donald Berman (Montréal)
9. Centre d’hébergement Paul-Émile-Léger (Montréal)
10. CHSLD Providence Notre-Dame de Lourdes (Montréal)
11. Centre d’hébergement Ernest-Routhier (Montréal)
12. CHSLD Manoir St-Patrice (Laval)
13. Château sur le Lac (Sainte-Geneviève)
14. CHSLD Maison Des Ainés (Salaberry-de-Valleyfield)
15. Centre d’hébergement de l’Hôtel-Dieu-de-Saint-Hyacinthe (Montérégie)
16. CHSLD Villa Les Tilleuls (Laval)
17. Résidence L’Eden de Laval (Laval)
18. CHSLD Robert-Cliche
19. CHSLD Rose-de-Lima
20. CHSLD Saint-Joseph-de-la-Providence
21. CHSLD Paul-Lizotte

Oui, les militaires quittent, mais ils quittent «mission accompli»

«On ne attendait pas à être déployer en CHSLD», ça a été un peu une surprise confie le colonel Arsenault, qui poursuit en ne cachant pas «qu’en tant que militaire, ça a été un honneur d’avoir la possibilité de supporter les ‘héros’ civils qui travaillent dans le domaine de la santé, qui travaillent avec acharnement depuis plusieurs semaines pour s’occuper de nos aînés. Cela nous a donné une opportunité de travailler au cœur de la lutte à la COVID-19. Dans la défense de notre pays et des Canadiens, les militaires ont été très motivés et très honorés d’avoir l’occasion de travailler en CHSLD.»

Et c’est «mission accomplie» qu’ils partiront le 26.

«Je note », de poursuivre le colonel, «qu’on a eu un succès important. Tellement qu’on était au début de l’opération pas à l’aise, pas spécialisé dans ce domaine, dans l’utilisation de l’équipement de protection individuel, on a développer des méthodes pour s’assurer qu’on ne devenait pas des vecteurs de propagation du virus et certaines de ces méthodes là on été adoptées par nos confrères civils dans les centres, tels des briefings de sécurité avant les quarts de travail, le système ‘buddy/buddy’ où on travaille deux par deux pour enfiler l’équipement de protection».

En outre, d’ajouter le colonel Arsenault, «Nos gens ont vraiment développé des relations avec ces gens qui travaillent en CHSLD. Lors de nos cérémonies de transition, on voit que les gens sont émus.»

Cérémonie de départ hier au CHSLD Nazaire-Piché le 18 juin. [Twitter/@2Div_Comd_2Div]

«Somme toute, une très belle expérience, on maintient le cap à supporter le plus de CHSLD possibles jusqu’au 26 juin », de conclure le colonel Arsenault. «Par la suite, il pourrait y avoir une dizaine d’équipes de soins qui vont demeurer disponibles pour supporter les CHSLD en état de crise ».

Les Forces armées pourront donc rester dans certains établissements après le 26 juin, mais seulement si cela s’avère nécessaire pour que la situation dans ces établissements se stabilise, conformément aux critères de transition et elles garderont également en disponibilité un nombre limité d’équipes de soins civiles renforcées en cas de besoins aigus, mais l’objectif reste une fin des opérations le 26 juin.

Pour remplacer maintenant les militaires qui devront retourner à leurs tâches habituelles, Ottawa, comme nous l’avons déjà annoncé sur 45eNord.ca, aura recours à «une participation active de la Croix-Rouge canadienne avec des gens payés, bien formés et qui seront aussi efficaces que les membres des forces armées», tel que l’a précisé Justin Trudeau lors de l’annonce le 12 juin de la prolongation de la mission jusqu’au 26 juin seulement, contrairement à la demande de Québec qui voulait qu’elle soit prolongée jusqu’à la mi- septembre.

C’est ainsi que, «mission accomplie, et après s’être adapté à une tâche bien différente de leurs tâches habituelles et avoir même contribué à transformer pour le mieux le milieu de travail où ils ont été envoyés, les militaires, après une période de repos et de confinement, reprendront leur travail habituel.

D’un point de vue opérationnel, bien que nombre d’opérations et d’exercices internationaux aient été interrompus au plus fort de la pandémie de la COVID-19, les Forces armées canadiennes commencent à reprendre leurs activités régulières: une centaine de membres des Forces armées canadiennes ont été déployés dans le cadre de l’opération UNIFIER afin de préparer la reprise de l’entraînement collectif avec les forces de sécurité ukrainiennes. La militaires de la deuxième vague de la force opérationnelle interarmées-Ukraine, de la 9ieme Rotation sont arrivées en Ukraine le 14 juin 2020. Les membres des Forces s’isoleront pendant 14 jours à leur arrivée en Ukraine, avant de rejoindre la mission.

Le NCSM Fredericton a pour sa part complété BALTOPS 20, un exercice maritime international interarmées annuel organisé par l’OTAN dans la région de la mer Baltique. Et les avions CC-130J Hercules de l’Aviation royale canadiennes continuent de transporter du personnel et du matériel à travers la région dans le cadre de l’opération IMPACT.

Car, si les Forces armées ont pu soutenir le personnel civil du réseau de la santé, personne ne pourra remplacer nos militaires dans la défense de notre pays et dans le maintien, de concert avec nos alliés, de la paix et de la sécurité dans un monde difficile en des temps incertains.

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