Fin de la pause opérationnelle de la flotte de CH-148 Cyclone

Un Cyclone CH-148, à Shearwater (Archives/Sikorsky)
Temps de lecture estimé : 4 minutes

Le lieutenant-général Alain Pelletier, commandant de la 1re Division aérienne du Canada, a mis fin à la pause opérationnelle de la flotte d’hélicoptères maritimes CH-148 Cyclone.

La reprise des opérations aériennes fait suite à une évaluation approfondie des risques qui a permis d’énoncer les mesures d’atténuation à prendre pour que les équipages comprennent les conditions qui ont mené à l’écrasement et qu’ils sachent comment les éviter ou y remédier.

Pendant l’enquête du Directeur – Sécurité des vols, qui se poursuit, on a recueilli des données provenant principalement de l’enregistreur de données de vol de l’appareil Cyclone qui ont permis à l’équipe d’enquête de reproduire les conditions dans le simulateur de vol du CH-148 Cyclone et d’exclure toute défaillance mécanique. On a déterminé que le directeur de vol de l’aéronef était réglé pour maintenir une altitude et une vitesse précises. Par conséquent, pendant le virage complexe effectué pour aligner l’aéronef avec le navire, les données entrées par le pilote étaient considérablement différentes des paramètres du pilote automatique, et l’aéronef n’a pas réagi comme le prévoyait l’équipage. L’équipe d’enquête a confirmé que cette rare anomalie est survenue uniquement dans un ensemble très précis et restreint de circonstances. L’équipage n’aurait pas été exposé à une telle situation antérieurement et n’aurait pas eu l’expérience nécessaire pour y remédier.

Puisque l’on comprend bien ces circonstances aujourd’hui, l’Aviation royale canadienne (ARC) a effectué une évaluation approfondie des risques et met en œuvre des mesures d’atténuation pour permettre une reprise des opérations aériennes en toute sécurité.

Citations

«Je salue chaleureusement les efforts professionnels des autorités de navigabilité des Forces armées canadiennes, qui ont participé à l’enquête et à l’évaluation des risques. J’ai entièrement confiance en leur travail, en la flotte d’hélicoptères Cyclone et en notre capacité d’assurer la reprise sécuritaire des opérations aériennes de la collectivité des hélicoptères maritimes. Nous procéderons à cette reprise en rendant hommage à nos camarades disparus.»

Lieutenant-général Al Meinzinger, commandant de l’Aviation royale canadienne

«Les Forces armées canadiennes continuent de pleurer la mort tragique des six militaires survenue le 29 avril. La meilleure façon de leur rendre hommage est de reprendre les opérations de façon prudente et sécuritaire et de poursuivre notre mission maritime à l’appui de la Marine royale canadienne. La reprise des opérations aériennes de la flotte de CH-148 Cyclone permet aux membres de la communauté des hélicoptères maritimes de reprendre ce qu’ils font de mieux, à savoir se servir d’un aéronef d’avant-garde pour soutenir les opérations navales. Cela dit, nous poursuivons l’enquête sur la sécurité des vols, qui vise à mieux comprendre cet accident tragique. Jusqu’à présent, les données recueillies nous ont permis d’analyser en profondeur ce qui s’est produit ainsi que d’atténuer les risques pour permettre la reprise des vols de la flotte. Pendant que nos équipages d’aéronefs Cyclone reprendront les vols, nous continuerons d’appuyer les familles des militaires disparus ainsi que leurs proches, ici, au pays.»

Lieutenant-général Alain Pelletier, commandant de la 1re Division aérienne du Canada et autorité de navigabilité opérationnelle du ministère de la Défense nationale

«Dans le cadre de notre collaboration avec le lieutenant-général Pelletier et son équipe, je suis convaincue que les mesures prises avant la levée de la pause opérationnelle font en sorte que cet aéronef puisse être utilisé en toute sécurité pour mener des opérations et remplir sa fonction. Mon équipe et moi demeurons résolues à veiller au maintien de la navigabilité de la flotte de CH-148 Cyclone.»

Brigadier-général Nancy Tremblay, directrice générale – Gestion du programme d’équipement aérospatial et autorité de navigabilité technique du ministère de la Défense nationale

«Il est crucial de noter que l’enquête sur l’accident se poursuit et qu’il nous reste encore énormément de travail à faire pour arriver à comprendre les circonstances exactes qui ont mené à l’accident. Pour cette raison, bien que certains renseignements aient été communiqués à l’Autorité de navigabilité opérationnelle et à l’Autorité de navigabilité technique pour faciliter le processus d’analyse des risques, les détails sur l’écrasement demeureront confidentiels jusqu’à la fin de l’enquête.»

Colonel John Alexander, directeur – Sécurité des vols et autorité des enquêtes sur la navigabilité du ministère de la Défense nationale

Faits en bref

  • Tout au long du processus approfondi d’évaluation des risques, l’ARC apporte un certain nombre de mises à jour aux formations, aux publications et aux manœuvres opérationnelles, qui, ensemble, réduisent le risque à un niveau acceptable, ce qui permet la reprise des opérations aériennes.
  • Les mises à jour apportées aux formations et aux publications sur les aéronefs permettront aux équipages de mieux connaître les risques possibles déterminés par le Directeur – Sécurité des vols ainsi que de comprendre comment les éviter pendant les opérations de vol et comment redresser la situation si ces risques se matérialisent. Les modifications des publications destinées aux équipages et des publications sur les aéronefs porteront sur des procédures précises que les équipages doivent suivre.
  • De plus, les équipages suivront un entraînement au sol et étudieront des scénarios à l’aide de simulateurs, ce qui leur permettra de s’exercer à reconnaître des conditions de vol précises et à prendre des mesures de rétablissement. Compte tenu de la durée de la pause opérationnelle, les équipages suivront également une formation au sol pour rétablir leurs compétences de vol.
  • Les modifications des manœuvres opérationnelles de l’aéronef permettront d’atténuer davantage les risques sans nuire à la capacité des hélicoptères Cyclone d’exécuter efficacement des opérations en mer.
  • Ces mesures d’atténuation permettront d’éviter qu’un accident semblable se produise à l’avenir. L’enquête, quant à elle, vise à effectuer une évaluation complète des causes de l’accident. Une fois qu’elle sera terminée, l’ARC déterminera, le cas échéant, quelles autres mesures d’atténuation à long terme pourraient s’imposer à l’avenir.

À lire aussi:

L’accident du CH-148 Cyclone: une chute soudaine et vertigineuse avant de s’abîmer dans la mer >>