Coût total du projet des deux ravitailleurs de la Marine royale canadienne: une hausse de 1,5 milliards $

Seaspan, Vancouver (Photo: Seaspan)
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Ottawa a annoncé aujourd’hui qu’il paiera au final 1,5 milliard de plus que prévu pour la construction des deux navires de soutien interarmées attendus depuis longtemps par la Marine royale canadienne qui est sans ravitailleurs qui lui appartienne depuis 2014.

Ce lundi 15 juin, Anita Anand, ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, et Harjit S. Sajjan, ministre de la Défense nationale, ont annoncé l’attribution finale du contrat à Vancouver Shipyards Co. Ltd. de Seaspan pour la construction complète de deux navires de soutien interarmées (NSI).

Ce contrat d’une valeur de 2,4 milliards $ (taxes comprises) permettra de passer à la construction à plein régime du premier navire, dont la construction des premiers blocs avait commencé en juin 2018, puis de construire le second navire, précise le communiqué de Services publics et Approvisionnement Canada.

Les NSI livreront du carburant et d’autres fournitures essentielles aux navires en mer, offriront des services médicaux et dentaires et comprendront des installations pour l’entretien des hélicoptères. La présence de navires de ravitaillement accroît le rayon d’action et l’autonomie des opérations en mer, ce qui permet aux navires de combat canadiens de rester en mer pendant de longues périodes sans devoir faire escale pour se ravitailler.

Les ravitailleurs de la Marine royale canadienne doivent réapprovisionner les groupes opérationnels en mer en nourriture, munitions, combustible, pièces de rechange et autres fournitures. (MDN)

Le contrat annoncé aujourd’hui pour la seule construction des navires nous amène donc à une augmentation de 58 % par rapport à la valeur estimée à l’origine pour le coût total de ce projet, de la conception à la livraison.

Alors que la facture devait être de 2,6 milliards $ au total pour les deux navires, le chiffre est ensuite passé à 3,4 milliards $ et, aujourd’hui, la facture augmente encore pour passer à un total de 4,1 milliards $.

Comme il est énoncé dans la politique de défense du Canada, Protection, Sécurité, Engagement, le gouvernement du Canada s’est engagé à acquérir deux NSI de la classe Protecteur destinés à remplacer les pétroliers ravitailleurs d’escadre déclassés de la MRC. Ce projet s’inscrit dans une vaste initiative qui vise aussi à revitaliser la flotte de navires de combat de la MRC.

La Marine royale canadienne n’a plus de navire de soutien à temps plein depuis la mise au rancart du dernier des ravitailleurs en 2014.

Le gouvernement du Canada s’était engagé à acquérir deux NSI de la classe Protecteur destinés à remplacer les pétroliers ravitailleurs d’escadre déclassés de la MRC dans le cadre d’une vaste initiative qui vise aussi à revitaliser la flotte de navires de combat de la MRC.

Vancouver Shipyards de Seaspan a été sélectionné en 2011 en tant que fournisseur stratégique selon les termes de la Stratégie nationale de construction navale qui favorise deux chantiers, l’un sur la côte ouest et l’autre, Irving Shipyards, sur la côte est.

Depuis, se sont accumulés retards et dépassement de coûts.

Le premier des deux navires de soutien devait être livré d’ici 2019, mais on s’attend pas maintenant à ce qu’il arrive avant 2023 ; le second est attendu en 2025.

Le retard dans la livraison était tel que, pour être en mesure de remplir sa mission, la Marine a dû louer à la Davie un porte-conteneurs civil converti par le chantier maritime de Lévis en navire de ravitaillement, L’Astérix

«Je suis heureux de voir qu’une autre étape importante pour nos futurs navires de soutien interarmées a été complétée cette année. Grâce à ces navires de guerre, la Marine royale canadienne sera en mesure d’opérer avec encore plus de flexibilité et d’endurance. Non seulement ces navires seront-ils au cœur de nos groupes tactiques navals, mais ils représentent également un bien national vital et stratégique qui permettra à la Marine de maintenir sa présence et son endurance sur la scène mondiale.», a tout de même déclaré le Commandant de la Marine royale canadienne, le Vice-amiral Art McDonald.

Mais l’analyste David Perry, de l’Institut canadien des affaires mondiales, cité aujourd’hui par La Presse Canadienne, n’a pu pour sa part s’empêcher de noter que le nouveau coût des navires de soutien correspond presque exactement à l’estimation faite en 2013 par le directeur parlementaire du budget, estimation qui avait alors été réfutée par le gouvernement conservateur, la ministre des Travaux publics de l’époque, Rona Ambrose, déclarant que des mesures appropriées avaient été mises en place pour protéger les contribuables…