Le risque de suicide chez les vétérans plus élevé que dans la population générale, confirme l’étude 2019 d’ACC

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Les principales conclusions de l’étude annuelle de 2019 sur la mortalité par suicide chez les vétérans montrent qu’au cours de la période d’observation de 39 ans, le risque de suicide chez les vétérans, hommes et femmes, était plus élevé que dans la population générale canadienne.

La publication cette semaine des résultats de la troisième Étude annuelle du Ministère sur la mortalité par suicide chez les vétérans, une étude réalisée en collaboration avec le ministère de la Défense nationale et Statistique Canada, vise à aider ACC à mieux comprendre les tendances entourant le suicide au fil du temps et les facteurs de risque potentiels des vétérans des Forces armées canadiennes. Les données recueillies dans le présent rapport concordent avec les rapports antérieurs de l’Étude sur la mortalité par suicide chez les vétérans et avec des études similaires menées à l’échelle internationale.

Cette étude s’inscrit dans le cadre de la Stratégie conjointe de prévention du suicide d’ACC et du ministère de la Défense nationale. Les résultats de l’étude aideront la stratégie à s’appuyer sur une base solide de programmes, de services et de mesures de soutien et à mettre en place de nouveaux services et de nouvelles mesures de soutien pour assurer la santé et le bien-être des militaires et des vétérans du Canada ainsi que de leur famille. Appuyée par des recherches comme l’Étude sur la mortalité par suicide chez les vétérans, la stratégie vise en fin de compte à aider à prévenir le suicide chez les vétérans.

Il est essentiel que les vétérans sachent qu’on s’occupera d’eux pendant leur transition à la vie après le service et dans les années qui suivent. Le Ministère s’engage à aider les vétérans à obtenir les  ressources dont ils ont besoin pour assurer leur santé et leur bien-être.

«Chaque fois que nous perdons un vétéran, c’est une grande tragédie, et nous devons continuer à nous efforcer de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour prévenir le suicide chez les vétérans. Dans le cadre de nos efforts à cette fin, l’Étude sur la mortalité par suicide chez les vétérans est un outil important pour mieux comprendre la réalité complexe et tragique du suicide chez les vétérans.», a commenté le ministre des Anciens Combattants et ministre associé de la Défense nationale, Lawrence MacAulay.

Risque de suicide chez les vétérans: on ne va pas au cœur du problème

Le risque de suicide chez les vétérans au cours des deux années supplémentaires de données incluses dans l’étude de cette année (2013 et 2014) était conforme aux périodes précédentes de l’étude, indique ACC dans le communiqué qui annonce la publication de l’étude.

Conformément aux études antérieures, les hommes vétérans plus jeunes présentaient le risque le plus élevé de suicide. Les hommes de moins de 25 ans présentaient un risque de suicide 2,5 fois plus élevé que les hommes du même groupe d’âge dans la population générale.

Quant au risque pour les femmes vétérans, il était relativement constant d’un groupe d’âge à l’autre.

Mais le risque observé de suicide chez les vétérans n’a ni augmenté ni diminué au cours de la période de 39 ans, a tenu à souligner ACC dans son communiqué.

Les futurs rapports de l’Étude sur la mortalité par suicide chez les vétérans comprendront des données sur d’autres années à mesure qu’elles seront disponibles, permettant de continuer d’appuyer les activités de prévention du suicide, indique également le ministère.

Mais pour sa part, Dave Blackbun, libéré volontairement en 2014 avec le rang de major, Dave Blackburn, devenu depuis professeur et chercheur l’Université du Québec en Outaouais (UQO) dans le champ de la santé mentale, ne peut s’empêcher de déplorer que, d’année en année, les mêmes études purement quantitatives, parvenant aux mêmes conclusions, ne permettent pas vraiment d’aller au cœur du problème, ne faisant que nous confirmer ce que l’on sait déjà.

«Les comportements suicidaires chez les vétérans se doivent d’être une priorité absolue du ministère des Anciens combattants. Nous savons que lorsqu’une personne en arrive à considérer le suicide pour mettre fin à sa souffrance ou ses problèmes, la majorité de ses stratégies d’adaptation est épuisée. Dans ce contexte, l’aide sous toutes les formes deviennent essentielles et nécessaires.», déclare M. Blackburn, aussi blogueur sur 45eNord.ca.

«Concernant l’Étude 2019 sur la mortalité par suicide chez les vétérans, je me questionne sur la valeur d’une telle exercice, exercice qui est similaire à celui de 2017 et 2018 (mais en ajoutant les données de 2013 et de 2014).», ajoute-t-il.

«Les résultats de l’étude présentent certes des orientations générales sur les taux de suicide chez les vétérans, mais ne permettent malheureusement pas d’obtenir des données qui informent sur le cœur des problèmes liés au suicide chez les vétérans et pour aider à l’édification d’une stratégie préventive intégrée ou d’intervention pour les limiter.», explique le chercheur et directeur de département à l’UQO, qui est plutôt d’avis «qu’une étude qualitative auprès des vétérans qui ont eu des comportements suicidaires pourraient être très utile (et complémentaire) pour bien comprendre les facteurs contributifs dont la carrière militaire et la transition militaire-civile.»