Op LASER: le désengagement des militaires déployés dans les CHSLD devrait s’accélérer bientôt

Des membres du 2e Régiment d'artillerie de campagne se joignent a l’équipe médicale et d’entretient ménager du centre d’hébergement et de soins de longue durée Argyle, dans le cadre de l'opération LASER, à Saint-Lambert, Québec, le 30 avril 2020. [Archives/MDN]
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Remis à jour 04/06/2020

Les membres des Forces armées canadiennes (FAC) actuellement déployés dans les CHSLD du Québec devraient plier bagage à la date prévue pour la fin de l’opération Laser au Québec, soit le 12 juin, Ottawa écartant catégoriquement l’idée de prolonger jusqu’au 15 septembre la présence des militaires dans les CHSLD.

Mais toujours pas d’annonce officielle sur le maintien des soldats dans les CHSLD du Québec, une demande de François Legault, le premier ministre Trudeau ce contentant de dire jeudi matin que les discussions entre Ottawa et Québec continuent.

Toutefois, alors que déjà plusieurs centaines de militaires ayant accompli leur mission ont quitté le CHSLD où ils avaient été affectés et n’ont pas été réassignés dans un autre établissement du réseau québécois de la santé, le désengagement des militaires déployés dans le cadre de l’op LASER qui assistent actuellement le personnel civil dans ces établissements devrait s’accélérer bientôt.

Après avoir accompli ses tâches et rempli sa mission, le personnel des forces armées canadiennes a en date d’aujourd’hui quitté le CHSLD Hôpital Sainte-Anne (Sainte-Anne-de-Bellevue), le CHSLD Valéo (Saint-Lambert), le CHSLD Villa Val des Arbres (Laval), le
Manoir de Verdun (Montréal), le Centre d’hébergement Yvon-Brunet (Montréal), le Grace Dart Extended Care Centre (Montréal), le CHSLD Benjamin-Victor-Rousselot (Montréal) et le CHSLD Floralies-De-Lasalle (Lasalle), le CHSLD Eloria-Lepage (Montréal) et le
le Bellagio (Longueuil).

Si on se fie au Rapport d’observation rendu public le 27 mai, il devrait également pouvoir quitter bientôt plusieurs autres établissements en déclarant mission accompli.

En date du 4 juin 2020, 1316 membres des FAC soutiennent les autorités civiles dans encore 18 CHSLD au Québec, alors qu’au plus fort de l’opération les militaires œuvraient dans 30 établissements au Québec. Et selon les derniers chiffres disponibles, 28 personnes ont jusqu’ici été testées positives chez les militaires des FAC déployés dans les CHSLD du Québec dans le cadre de l’opération LASER.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a demandé à Ottawa de prolonger la mission, soutenant qu’il a besoin de temps pour former les nouveaux travailleurs de la santé appelés à travailler dans les CHSLD, mais, interrogé à ce sujet mardi à la Chambre des communes par le chef intérimaire du Parti conservateur Andrew Scheer, Justin Trudeau, qui a déjà déclaré le 28 mai que la présence prolongée de l’armée dans les CHSLD était une anomalie, a écarté clairement cette option.

«Comme tous les Canadiens, je suis profondément reconnaissant du travail extraordinaire que font nos Forces armées dans les CHSLD au Québec et en Ontario. On a vu avec les rapports qu’ils ont partagés que la situation était encore pire qu’on ne le craignait et le travail qu’ils font est extraordinaire. Nous allons continuer de les appuyer, mais nous savons que des militaires dans les CHSLD, ce n’est pas une solution à long terme», a réitéré le premier ministre canadien, ajoutant qu’il allait «travailler avec le Québec pour trouver de meilleures solutions à long terme».

Le besoin d’une armée n’est pas disparue avec la COVID-19

Quant, en avril, le premier ministre Trudeau avait accepté la demande de Québec de déployer plus membres des Forces armées canadiennes dans les CHSLD, il avait bien prévenu que là n’est pas le rôle de l’armée, qu’il ne s’agit pas d’une solution à long terme et qu’il faudra se poser des questions une fois la crise passée.

Mais voilà, la crise ne passe pas et la solution temporaire commence à être un peu trop permanente.

Abondant dans le même sens, le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a pour sa part déclaré la semaine dernière «Je peux vous assurer qu’on ne pourra pas tenir comme ça pendant quatre autres mois […] Nous n’avons pas le personnel suffisant; nos gens travaillent sept jours par semaine, ce n’est tout simplement pas soutenable», ajoutant que certaines provinces ne «comprennent pas tout à fait comment l’armée fonctionne», et qu’il comptait leur «expliquer les limites».

Les militaires, explique le ministre, ont d’autres obligations qui ne peuvent être mises de côté pendant cette pandémie.

Et cela reste d’autant plus vrai que le besoin d’une armée n’est pas disparu avec la COVID-19. Comme l’avait déjà expliqué en avril le chef d’état-major de la Défense, le général Vance, malgré la COVID-19, les militaires sont et restent des militaires.

«Toutes les opérations nationales courantes et les opérations à l’étranger désignées continuent», avait alors indiqué le général, «même si la posture et le profil de la force ont été adaptées pour tenir compte de la COVID-19.»

Et il faut aussi être prêt pour la saison des incendies de forêt et pouvoir également donner un coup de main aux régions d’autres provinces qui pourraient être touchées par des inondations.

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