Suicide: un taux plus élevé dans l’Armée et dans les armes de combat

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Aujourd’hui, le ministère de la Défense nationale (MDN) a publié le rapport de 2019 du médecin général sur la mortalité par suicide dans les Forces armées canadiennes (FAC), une mise à jour couvrant la période de 1995 à 2018 du rapport du médecin général sur la mortalité par suicide dans les Forces armées canadiennes qui est publié chaque année depuis 2008 et fournit de l’information sur le suicide au sein de la population des FAC en service actif.

Selon le rapport rendu public aujourd’hui, le taux de suicide chez les hommes de la Force régulière qui servent dans l’Armée canadienne est plus élevé que celui observé chez les hommes affectés à d’autres commandements d’armée. Au sein de l’Armée canadienne, les membres des groupes professionnels des armes de combat (c.-à-d. l’infanterie, l’arme blindée, l’artillerie et le génie de combat) présentent un risque de suicide plus élevé que ceux qui font partie de groupes non liés aux armes de combat.

Toutefois, entre 1995 et 2018, il n’y a pas eu d’augmentation statistiquement significative des taux de suicide en général. Le nombre d’hommes de la Force régulière décédés par suicide correspond au taux de suicide chez les hommes dans la population canadienne, et rien ne démontre qu’il existe un lien entre les déploiements et le risque de suicide.

En effet, toujours selon le rapport publié aujourd’hui, de 1995 à 2017, le risque de suicide chez les hommes de la Force régulière ayant participé à un déploiement dans le cadre d’une mission des FAC n’était pas statistiquement différent de celui des hommes de la Force régulière n’ayant jamais participé à un déploiement dans le cadre d’une mission des FAC.

Entre 2015 et 2018, deux femmes de la Force régulière et une femme de la Force de réserve sont décédées par suicide. Par conséquent, explique la Défense nationale, une analyse détaillée des tendances en matière de suicide chez les femmes des FAC n’a pas été réalisée pour des raisons de fiabilité statistique.

Les conclusions de ce rapport permettront au ministère d’améliorer ses connaissances sur la question en approfondissant la compréhension des facteurs qui ont une incidence sur le suicide dans les Forces armées canadiennes (FAC) et en dégageant de possibles nouvelles tendances, indique celui-ci dans le communiqué qui annonce la publication du rapport, affirmant qu’il aidera également le MDN à continuer de prendre des décisions fondées sur des données probantes relativement à ses programmes et à ses investissements dans le système de soins de santé des FAC.

Le rapport annuel n’est qu’une partie des vastes efforts de prévention du suicide qui sont décrits dans la Stratégie conjointe de prévention du suicide des Forces armées canadiennes et d’Anciens Combattants Canada, déclare également le ministère.

2019 Rapport Sur La Mortalite Par Suicide Dans Fac 1995 a 2018 by Jacques Godboutbm on Scribd

«La perte d’un seul membre des FAC en raison du suicide en est une de trop. Celle-ci afflige l’Équipe de la Défense dans son ensemble. Bien qu’il n’existe pas de solutions simples, nous devons continuellement évaluer et améliorer nos efforts dans le but d’aider nos femmes et nos hommes en uniforme. Nous ne cesserons pas de promouvoir les services de santé mentale, de réduire la stigmatisation associée au fait de demander de l’aide et de mieux renseigner nos militaires, de sorte que chaque membre des Forces armées canadiennes jouisse du soutien dont il a besoin. Nous sommes là pour vous.», a commenté le ministre de la Défense, Harjit Sajjan.

«Les Forces armées canadiennes comprennent que chaque suicide est un événement complexe et tragique qui a de graves répercussions sur les familles, les amis, les collègues et les cliniciens. Nous avons mis en place des programmes et des services de grande qualité, et nous nous employons continuellement à apporter des améliorations où nous le pouvons. De plus, nous poursuivons notre travail pour réduire la stigmatisation et les autres obstacles à l’accès aux soins, et nous encourageons les gens à demander de l’aide lorsqu’ils en ont besoin.», a commenté pir sa part le médecin-général, le médecin général, le major-général Andrew Downes.

Le gouvernement du Canada reconnaît les sacrifices que les membres des FAC et leurs familles consentissent au service de leur pays. Il faut donc leur offrir les meilleurs services de soutien et soins de santé possible, conclut le communiqué, affirmant que le suicide est un problème important de santé publique qui a des conséquences dévastatrices sur les familles, les amis et les collègues et que le MDN est toujours résolu à faire en sorte que les FAC aient les programmes d’éducation et de sensibilisation nécessaires pour aider les militaires à reconnaître les situations où de l’aide pourrait leur être utile et pour leur offrir diverses ressources de soutien appropriées. 

La semaine dernière par contre, les principales conclusions de l’étude annuelle de 2019 sur la mortalité par suicide chez les vétérans, qui, eux, ne bénéficient plus de l’encadrement qu’ont les militaires de l’active, montraient qu’au cours de la période d’observation de 39 ans de ce rapport d’ACC le risque de suicide chez les vétérans, hommes et femmes, était plus élevé que dans la population générale canadienne, tendance qui se confirme d’année en année depuis les premier rapports de ce genre du ministère des Anciens combattants.