30e anniversaire de la crise d’Oka

(Courtoisie Le Devoir)
Temps de lecture estimé : 2 minutes

Il y a trente ans, lors d’une crise d’Oka, qui opposa les Mohawks au gouvernement québécois puis canadien, durant l’été 1990 (11 juillet – 26 septembre), l’armée canadienne a dû envoyer quelque 800 soldats pour cerner la communauté de Kanesatake avec des barbelés.

Suivirent de longues négociations qui se sont étendues pendant plusieurs mois ont abouti à un accord. Les barricades érigées par les Mohawks pour protester contre projet d’agrandissement d’un golf sur leurs terres ancestrales devaient être levées contre la promesse de l’annulation du projet.

Aujourd’hui, la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, et le ministre des Affaires du Nord, Daniel Vandal, ont fait une déclaration commune pour l’anniversaire des événements tragiques survenus à Kanesatake en 1990.

« Il y a 30 ans, en ce jour, une confrontation armée a commencé à Kanehsatà:ke et a débouché sur le déploiement des Forces armées canadiennes à Kanesatà:ke et à Kahnawà:ke.

Ce conflit a pris racine dans un conflit foncier vieux de plusieurs siècles et a été alimenté par le racisme.

Un vétéran Kanien’kehá:ka de la Seconde Guerre Mondiale, l’aîné Joe Armstrong, et le caporal Marcel Lemay ont perdu la vie.

La confrontation de 78 jours qui s’est déroulée durant l’été 1990 est devenue un symbole de la difficile situation des Autochtones au Canada et a marqué durablement notre histoire. Encore à ce jour, de nombreux Autochtones ressentent encore la douleur et le traumatisme subis.

Aujourd’hui, nous devons reconnaître que les progrès de notre relation ont été inégaux, hésitants et souvent beaucoup trop lents.

Nous devons tirer les leçons des erreurs du passé, y compris celles commises à Oka il y a 30 ans.

Nous devons prendre la résolution de ne jamais ordonner le déploiement des Forces armées canadiennes contre les Autochtones, car nous restons profondément attachés au dialogue et à la résolution pacifique des conflits.

Nous devons rester déterminés à faire face au tords causé au cours des décennies où il y a eu un manque de reconnaissance des droits des Autochtones et un sous-financement. Le gouvernement et la population doivent s’unir pour mettre fin au racisme qui est le résidu de la colonisation.

Trente ans plus tard, nous sommes plus que jamais convaincus qu’un dialogue soutenu, ouvert et honnête est la seule façon de renouveler les relations et de soutenir l’autodétermination des Autochtones. »