Afghanistan : vers des négociations de paix, trêve dans les combats

Photo d'archives de membres de la délégation des talibans aux négociations interafghanes à Doha, au Qatar, le 8 juillet 2019. (AFP)
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Longtemps ajournées, les négociations de paix en Afghanistan entre le gouvernement et les talibans paraissent sur le point de pouvoir commencer, dès la semaine prochaine s’est même avancé mardi le président Ashraf Ghani, qui a donné son aval à une courte trêve décrétée par les insurgés.  

Ce cessez-le-feu devrait entrer en vigueur dès vendredi, le jour du début de l’Aïd el-Adha, la fête du Sacrifice traditionnellement marquée par des réunions familiales.  

L’annonce de cette deuxième suspension des combats de la part des rebelles en un peu plus de deux mois est intervenue après que le chef de l’État a déclaré, le même jour, espérer l’ouverture de pourparlers de paix «directs» avec eux «dans une semaine».

Les talibans avaient quant à eux dès la semaine dernière fait savoir qu’ils étaient prêts à entamer des discussions avec le gouvernement de Kaboul dès la fin de l’Aïd.

Ces négociations interafghanes devaient initialement se dérouler à partir du 10 mars, mais cette date a été dépassée en raison d’une situation politique confuse à Kaboul et d’une stagnation du processus d’échange des prisonniers, dont l’achèvement est exigé en tant que préalable par les rebelles.

Un accord historique conclu le 29 février entre les États-Unis et les talibans prévoit en effet la libération par le gouvernement afghan de 5000 insurgés et celle par les insurgés de 1000 membres des forces de sécurité.

Entretemps, les affrontements se sont poursuivis, les rebelles ayant quasi quotidiennement attaqué des soldats ou des policiers.

Résultat, 3500 militaires tués en cinq mois, d’après les autorités, qui font en outre état de la mort de 775 civils.  

Cessez-le-feu de trois jours

«Tous les moudjahidine […] ont pour ordre de ne pas mener d’opérations contre l’ennemi pendant les trois jours et nuits de l’Aïd el-Adha», a annoncé mardi dans un communiqué le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid.

Mais toute éventuelle attaque de «l’ennemi» donnera lieu au recours à la force de leur part, a-t-il mis en garde.

Le gouvernement afghan a peu de temps après «ordonné à toutes les forces de sécurité et de défense de respecter le cessez-le-feu», selon Sediq Sediqqi, le porte-parole du président Ghani.

Toutefois, a-t-il ajouté, celles-ci devront «répliquer si les talibans attaquent nos forces ou notre peuple».

«Pour démontrer l’engagement du gouvernement envers la paix, la République islamique achèvera bientôt la libération de 5000 prisonniers talibans», avait auparavant affirmé le chef de l’État dans une allocution au palais présidentiel.

Il avait dit espérer avec ce geste «l’ouverture de négociations directes avec les talibans dans une semaine».   

Kaboul a libéré la plupart de ces 5000 détenus, mais assure que certains talibans sortis de prison retournent sur le champ de bataille.

Ashraf Ghani a en outre exhorté les insurgés à accepter «un cessez-le-feu permanent et complet» pendant la durée des pourparlers destinés à tenter d’en finir avec presque 19 ans de guerre en Afghanistan.

«La balle est maintenant dans le camp des talibans et de la communauté internationale», a-t-il souligné.

Les rebelles avaient déjà décrété un cessez-le-feu de trois jours en mai à la fin du mois sacré du ramadan.

Les troupes gouvernementales avaient également observé cette trêve, mais celle-ci avait vite été rompue, avec la reprise d’attaques sanglantes par les talibans.

Un premier cessez-le-feu, le seul autre depuis que le conflit a éclaté en 2001, avait été décrété en juin 2018 et avait lui aussi été de courte durée.