Iran: l’ayatollah Khamenei écarte toute négociation avec Trump

Photo fournie par le bureau du guide suprême iranien de l'ayatollah Ali Khamenei, le 22 mai 2020 à Téhéran, à l'occasion de "la Journée de Jérusalem". [AFP]
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Le guide suprême d’Iran, Ali Khamenei, a une nouvelle fois écarté vendredi toute éventuelle négociation avec les États-Unis car elle profiterait selon lui uniquement au président Donald Trump en campagne pour l’élection présidentielle.

Dans un discours télévisé à l’occasion de l’Aïd al-Adha, la fête musulmane du sacrifice, le numéro un iranien a également estimé que la politique de sanctions des États-Unis contre son pays avait échoué.  

Les tensions entre l’Iran et les États-Unis, pays ennemis, n’ont cessé de croître depuis le retrait unilatéral en 2018 de l’administration Trump de l’accord sur le nucléaire iranien, suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines.

«Ce vieil homme au pouvoir a manifestement utilisé ses négociations avec la Corée du Nord pour faire de la propagande. Maintenant il veut utiliser [d’éventuelles négociations avec l’Iran] pour l’élection» présidentielle américaine de novembre, a dit l’ayatollah Khamenei, âgé de 81 ans, en allusion à M. Trump, âgé lui de 74 ans.  

En échange d’éventuelles négociations, les États-Unis réclameraient que l’Iran, «réduise [ses] capacités de défense, détruise [sa] puissance régionale et abandonne l’industrie nucléaire vitale», a-t-il ajouté. Et «il n’est pas logique de se soumettre aux demandes de l’agresseur».

Les États-Unis ont notamment rétabli des sanctions sur les exportations de pétrole iraniennes et sur les échanges bancaires avec l’étranger.  

«Il n’y a aucun doute que les sanctions sont un crime, un coup des États-Unis contre l’Iran», a encore dit M. Khamenei. «Mais l’Iranien intelligent a tiré le meilleur parti de cette agression et a profité […] des sanctions pour accroître l’autonomie nationale.»

Et de continuer que les sanctions ont «permis à l’économie du pays d’être moins dépendante du pétrole», ainsi que le développement d’autres secteurs comme l’industrie automobile et des exportations aux pays voisins.

D’après le guide suprême, les «centres de réflexion [occidentaux] reconnaissent eux-mêmes que la [politique] de pression maximale des États-Unis a échoué».

Ali Khamenei a en outre accusé les États européens, parties à l’accord sur le nucléaire, de «n’avoir rien fait» pour garantir les bénéfices économiques pour l’Iran prévus par le pacte et estimé que le mécanisme de troc conçu pour contourner les sanctions américaines était un «jouet inutile».  

Le mécanisme «Instex» créé par l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, fonctionne comme une chambre de compensation et permet à des entreprises européennes de commercer avec l’Iran sans s’exposer aux conséquences des sanctions extraterritoriales américaines.