Israël dit avoir déjoué une attaque «terroriste» à la frontière avec le Liban

De la fumée s’échappant au-dessus du secteur des fermes de Chebaa dans le sud du Liban après des rapports sur un affrontement dans la zone frontalière, le 27 juillet 2020. (AFP)
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L’armée israélienne a indiqué lundi avoir déjoué « une tentative d’infiltration d’une cellule terroriste » et ouvert le feu sur des hommes armés, juste après qu’ils ont franchi la frontière nord avec le Liban.


Mise à jour 28/07/2020, 14h09

Le premier ministre libanais Hassan Diab a condamné mardi une «dangereuse escalade militaire» au lendemain de tirs d’artillerie israéliens sur un secteur frontalier, l’État hébreu dénonçant une tentative d’infiltration de «terroristes» sur son territoire.

Après plusieurs conflits, Israël et le Liban demeurent techniquement en état de guerre.  La FINUL – force de maintien de la paix de l’ONU déployée dans le sud du Liban – a appelé à «la plus grande retenue», indiquant avoir ouvert une enquête.


Le mouvement chiite libanais Hezbollah, ennemi de l’Etat hébreu et très influent de l’autre côté de la frontière, a réfuté toute tentative d’incursion.

« Nous avons pu déjouer avec succès une tentative d’infiltration d’une cellule terroriste en Israël », a déclaré à des journalistes le porte-parole de l’armée israélienne Jonathan Conricus, précisant avoir « une confirmation visuelle selon laquelle les terroristes sont retournés au Liban ».

Les incidents se sont produits « dans la région du Mont Dov », a précisé M. Conricus, en référence à un versant du Mont Hermon revendiqué de longue date par le Liban qui nomme le secteur « fermes de Chebaa » et que l’ONU considère comme faisant partie du plateau du Golan syrien, occupé par Israël depuis 1967.

L’armée israélienne a indiqué qu’un groupe de trois à cinq personnes, munies de fusils, avait pénétré de quelques mètres au-delà de la Ligne bleue séparant Israël du Liban et que « les forces de sécurité ont ouvert le feu ».

Dans un communiqué en hébreu, l’armée a dit ne pas savoir si elles avaient été blessées et a précisé qu’il n’y avait pas eu de blessés côté israélien.

« Les forces de l’armée sont en état d’alerte et prêtes à réagir en fonction de la situation », est-il précisé dans ce texte.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Benny Gantz doivent s’exprimer à 20H00 (17H00 GMT).

«Totalement faux»

La chaîne de télévision Al-Manar du Hezbollah a rapporté le retour au calme dans le secteur après « des tirs d’artillerie israéliens qui ont duré une heure ».

« Jusqu’à maintenant la résistance islamique n’a pris part à aucun accrochage, n’a pas ouvert le feu durant les évènements du jour », a aussi réagi le Hezbollah dans un communiqué.

« Tout ce que les médias ennemis rapportent à propos d’une opération d’infiltration depuis le Liban qui aurait été déjouée (…) est totalement faux », a-t-il ajouté.

Des correspondants de l’AFP de chaque côté de la frontière avaient plus tôt rapporté des explosions. L’un deux a rapporté des dizaines de frappes d’artillerie israéliennes dans un secteur des fermes de Chebaa, près de la position militaire israélienne de Rouaissat al-Alam.

De son côté, la Finul, force de maintien de la paix de l’ONU dans le sud Liban, a appelé à « la plus grande retenue », précisant dans un bref communiqué que les tirs avaient cessé.

Après différents conflits, Israël et le Liban demeurent techniquement en état de guerre et la Finul est déployée dans le sud-Liban pour faire tampon entre les deux pays.

Cette poussée de fièvre intervient quelques jours après des frappes en Syrie imputées à Israël qui ont tué le 20 juillet cinq combattants pro-Iran. Le lendemain, le Hezbollah annonçait la mort d’un de ses combattants, Ali Kamal Mohsen, dans ces raids.

Poids lourd de la vie politique libanaise, le Hezbollah est militairement impliqué dans le conflit syrien au côté du régime de Bachar al-Assad, tout comme l’Iran, autre ennemi d’Israël.

« Si les Israéliens décident de lancer une guerre, nous allons les confronter et nous allons répondre », a martelé dimanche dans un entretien télévisé le numéro deux du Hezbollah, Naïm Qassem.

L’armée israélienne avait indiqué la semaine dernière avoir « élevé son niveau de préparation contre diverses actions ennemies potentielles ».

La dernière grande confrontation entre le Hezbollah et Israël remonte à 2006 et avait fait en un mois plus de 1.200 morts côté libanais en majorité des civils, et 160 côté israélien en majorité des militaires.