L’intrus à Rideau Hall: blanc ou racisé, la GRC aurait procédé de la même manière, déclare la commissaire Lucki

Corey Hurren qui a franchi jeudi matin 2 juillet à 6h30 l’entrée principale pour piétons de Rideau Hall avec son véhicule et s'est rendu à pied à la serre près de laquelle le premier ministre Justin Trudeau et sa famille vivent à Rideau Cottage.[LinkedIn/Corey Hurren]
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L’idée selon laquelle l’intrus de Rideau Hall aurait été traité différemment si sa peau n’était pas blanche est «décourageante», ont déclaré samedi par voie de communiqué la commissaire de la Gendarmerie royale du Canada Brenda Lucki et le président de la Fédération de la police nationale Brian Sauvé.

La semaine dernière, les agents de la GRC ont arrêté un homme armé et menaçant envers le premier ministre Justin Trudeau sans incident après plus d’une heure et demie de pourparlers.

L’individu, Corey Hurren, est un membre du 4e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (4 GPRC) avec le grade de caporal-chef (Cplc), qui avait franchi avec son véhicule vers 6h30 jeudi 2 juillet l’entrée principale pour piétons de Rideau Hall et a plus tard été arrêté par la police fédérale alors qu’il s’approchait de Rideau Cottage, où résident le premier ministre et sa famille. Détenu, il fait face maintenant à une longue liste de 22 accusations.

Après l’arrestation sans violence de Corey Hurren, un réserviste blanc des Forces armées canadiennes, des critiques ont fusé, comparant le travail de la GRC dans cette affaire à d’autres interventions au pays où des autochtones ont perdu la vie.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, est un de ceux qui ont suggéré que l’incident se serait conclu autrement si M. Hurren avait été racisé, déclarant mercredi que cette affaire «nous rappelle tous à quel point le racisme systémique est réel». À la question de savoir s’il croyait que l’incident aurait pris une tournure tragique si le suspect avait été racisé au lieu d’être un homme blanc, le chef néo-démocrate n’a pas hésité à répondre par l’affirmative.

Dans une déclaration commune, Mme Lucki et M. Sauvé se sont dit «déçus d’entendre de multiples sources émettre des hypothèses sur un résultat potentiellement différent de la résolution pacifique de cet incident.»

«Laisser entendre qu’un dénouement violent aurait été inévitable si le suspect avait été d’une autre race est hypothétique et décourageant pour les membres qui sont intervenus, leur famille et tous les partenaires qui ont apporté une aide efficace et professionnelle pour éliminer cette menace.», écrivent la commissaire de la Gendarmerie royale du Canada Brenda Lucki et le président de la Fédération de la police nationale.

Les membres de la GRC suivent le Modèle d’intervention pour la gestion d’incidents (MIGI) lorsqu’ils doivent intervenir auprès du public, précisent-ils.

Le MIGI est axé sur la gestion des situations au plus bas niveau d’intervention possible; l’approche débute par la présence de policiers et la communication et est adaptée en fonction des actions et de la réaction du sujet. Grâce à ce modèle, soulignent Brenda Lucki et Brian Sauvé, les agents de la GRC parviennent à mettre fin à la vaste majorité des situations de crise sans avoir recours à la force.

«De telles suppositions créent une distraction abstraite et négative par rapport à un dialogue national important et en constante évolution avec tous les intervenants qui cherchent des solutions à des enjeux de société. En fait, ces hypothèses risquent de creuser l’écart entre certaines communautés canadiennes et la grande majorité des policiers dévoués et bienveillants qui respectent tout le monde et veillent à la sécurité de leur collectivité.», déplorent la commissaire de la Gendarmerie royale du Canada Brenda Lucki et le président de la Fédération de la police nationale dans leur déclaration commune.