Les talibans prêts à des discussions avec le gouvernement afghan

Le porte-parole des talibans Suhail Shaheen, le 7 juillet 2019 à Doha, au Qatar. [AFP]
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Les talibans se sont dits prêts jeudi à des discussions avec le gouvernement afghan le mois prochain, après la fête de l’Aïd al-Adha, si l’échange de prisonniers prévu par l’accord américano-taliban de Doha est achevé.

Nous sommes «prêts à débuter les négociations interafghanes après l’Aïd, à condition que le processus de libération des prisonniers soit achevé », a déclaré le porte-parole des talibans, Suhail Shaheen sur Twitter.

Il a ajouté que les talibans étaient disposés à libérer les membres des forces de sécurité afghanes qu’ils détiennent, à condition que Kaboul en fasse de même avec tous les prisonniers talibans « selon la liste déjà remise » aux autorités.

Le gouvernement de Kaboul n’avait pas réagi dans l’immédiat.

Les États-Unis et les talibans ont signé fin février un accord historique à Doha, ouvrant la voie à un retrait total des troupes américaines après 18 ans de guerre, ainsi qu’à des négociations de paix interafghanes inédites.

La semaine dernière, le chef de la diplomatie afghane Mohammad Hanif Atmar a déclaré que la proposition du Qatar d’accueillir le premier cycle de ces pourparlers faisait «consensus».

Groupe de prisonniers talibans libérés de la prison de Bagram en Afghanistan. [AFP]

Ces discussions devaient initialement commencer le 10 mars, mais ont été retardées à plusieurs reprises en raison de la poursuite des combats et du retard d’un échange de prisonniers.

Le président Ashraf Ghani a promis de libérer au total 5000 prisonniers talibans contre un millier de membres des forces de sécurité afghanes détenus par les insurgés, comme le stipule l’accord de Doha, non ratifié par Kaboul.

Jusqu’à présent, les autorités afghanes ont déclaré avoir libéré près de 4400 prisonniers talibans, et les insurgés, 864 détenus des forces afghanes.

Si les talibans se sont déclarés à de multiples reprises « engagés » à respecter les termes de ce texte, ils imputent régulièrement le non-démarrage des discussions au gouvernement afghan, accusé de ne pas libérer assez vite.