Loi sur la sécurité: la Chine accuse Ottawa d’ingérence

Le président chinois Xi Jinping (G) et le Premier ministre Li Keqiang votent sur une mesure prévoyant une loi sur la sécurité à Hong Kong, lors de la séance de clôture d'une session du Parlement à Pékin, le 28 mai 2020. [AFP]
Temps de lecture estimé : 2 minutes

La Chine a accusé samedi le Canada d’ingérence après l’annonce par Ottawa de la suspension de son traité d’extradition avec Hong Kong, en réaction à l’imposition par le pouvoir central chinois d’une loi sur la sécurité nationale.

Dans une déclaration publiée sur le site de l’ambassade de Chine à Ottawa, un porte-parole de la représentation chinoise a dénoncé les «remarques injustifiées» du Canada à propos de la nouvelle législation «qui s’ingèrent gravement dans les affaires intérieures de la Chine».

«Certains pays occidentaux, dont le Canada, se mêlent des affaires de Hong Kong sous le prétexte des droits humains, ce qui viole gravement le droit international et les normes fondamentales des relations internationales,» a indiqué le porte-parole.

Le texte «renforcera le cadre juridique de Hong Kong» et «profitera» à ses citoyens et aux investisseurs internationaux, a-t-il défendu.

Vendredi, le premier ministre canadien Justin Trudeau s’était dit «préoccupé» par la situation dans l’ex-colonie britannique, affirmant que le Canada croyait «fermement» au principe «d’un pays, deux systèmes» censé garantir à Hong Kong des libertés inconnues ailleurs en Chine jusqu’en 2047.  

Le régime communiste a imposé cette semaine à Hong Kong un texte très controversé en ce qu’il viole, selon ses détracteurs, ce principe en vigueur depuis la rétrocession du territoire en 1997.

Le Canada a aussi annoncé vendredi qu’il suspendait les exportations de matériel militaire «sensible» vers Hong Kong.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, avait de son côté affirmé que la nouvelle législation avait «été promulguée dans le cadre d’un processus secret» et «en violation des obligations internationales.»

Les portraits des deux Canadiens Michael Spavor (g) et Michael Kovrig détenus en Chine depuis 2018, lors d’une manifestation pour leur libération, le 8 mai 2019 à Vancouver. [AFP]

Les relations entre le Canada et la Chine traversent une crise sans précédent en raison de la procédure d’extradition vers les États-Unis engagée au Canada contre une dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou.

Peu après son arrestation, deux Canadiens — l’ancien diplomate Michael Kovrig et le consultant Michael Spavor — avaient été arrêtés en Chine et accusés d’espionnage. 

Samedi dernier, le porte-parole de la représentation chinoise avait reproché aux dirigeants canadiens des déclarations «irresponsables» à propos de ces deux Canadiens.

La procédure est largement perçue en Occident comme une mesure de représailles pour l’arrestation de Mme Meng, ce que la Chine dément formellement.