Mike Pompeo rend visite à l’allié britannique en pleines tensions avec Pékin

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, le 24 juin 2020 à Washington. [AFP]
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Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a rencontré mardi à Londres le premier ministre Boris Johnson, qui se retrouve en froid avec la Chine après avoir critiqué son intervention à Hong Kong et décidé d’exclure le géant chinois des télécoms Huawei du réseau 5G britannique.

M. Pompeo est arrivé vers midi au 10 Downing Street, où il est apparu sans masque de protection, tout comme Boris Johnson. Ils se sont toutefois ensuite assis à plus d’un mètre l’un de l’autre.

« La distanciation sociale ne signifie pas une prise de distance diplomatique ou politique », a à cet égard plaisanté le chef du gouvernement britannique.

Le Royaume-Uni n’a cessé de se rapprocher des positions de Washington ces derniers mois, effectuant même un virage à 180 degrés sur Huawei, qui doit même à terme disparaître de ses équipements d’ici à 2027.

« Nous en sommes heureux », a dit à la presse M. Pompeo, selon qui « le premier ministre Boris Johnson a tout juste sur ce dossier ». La Chine a en retour affirmé que Londres s’était fait « berner » par les Américains.

L’âge d’or promis aux relations sino-britanniques par l’ex-ministre des Finances George Osborne au cours d’une visite à Pékin en 2015 semble donc désormais lointain.

Le Royaume-Uni a provoqué la colère de la Chine en offrant un accès facilité à la nationalité britannique à près de trois millions d’habitants de Hong Kong, en réponse à la loi chinoise sur la sécurité nationale que Pékin a imposée à cette ancienne colonie britannique le mois dernier.

Les Britanniques ont rajouté une couche lundi en suspendant le traité d’extradition avec Hong Kong et en y étendant l’embargo sur les armes déjà appliqué à la Chine continentale, estimant que Pékin viole les termes du traité sino-britannique de 1997 qui avait accompagné la rétrocession de ce territoire.

Ingérences russes

Washington a de son côté révoqué le statut commercial préférentiel accordé à Hong Kong, restreint les visas pour les responsables chinois accusés de « remettre en cause » l’autonomie de cette ancienne colonie et arrêté la vente d’équipements de défense sensibles à ce territoire.

Outre M. Johnson, Mike Pompeo rencontrera aussi le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab, l’ancien gouverneur de Hong Kong Chris Patten, ainsi que Nathan Law, un des jeunes militants les plus en vue du mouvement hongkongais pour des réformes, qui réside actuellement à Londres.  

Le gouvernement britannique a affirmé avoir exclu Huawei après les sanctions américaines imposées en mai à cette société pour lui couper l’accès aux semi-conducteurs fabriqués avec des composants américains.

Mais pour Mike Pompeo, la vraie explication est ailleurs : « Je suis persuadé qu’ils (les Britanniques) ont fait ça parce que leurs experts en sécurité sont parvenus aux mêmes conclusions que les nôtres », a-t-il dit. « Les informations qui transitent par ces réseaux d’origine chinoise finiront certainement dans les mains du Parti communiste chinois ».

Des accusations que Huawei a fermement rejetées.

M. Pompeo est par ailleurs arrivé le jour de la publication d’un rapport officiel sur de possibles ingérences russes dans la vie politique britannique – notamment dans le référendum sur le Brexit –, qui avait été commandé après des soupçons d’ingérences russes dans la campagne présidentielle américaine.  

Ce rapport de 55 pages n’a pas permis de livrer des conclusions précises, mais a étrillé le manque de curiosité du gouvernement sur la question, soulignant le « contraste saisissant » avec la réponse américaine après la présidentielle de 2016.  

Donald Trump et Mike Pompeo ont quant à eux toujours nié que Moscou ait pu jouer un rôle significatif dans la campagne en vue de cette élection.