Sommet virtuel entre la Serbie et le Kosovo pour reprendre le dialogue

Photomontage du nouveau Premier ministre du Kosovo Avdullah Hoti et du président serbe Aleksandar Vucic, (AFP)
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Remis à jour 10/07/2020, à 9h00

Le président serbe et le Premier ministre kosovar, qui se sont entretenus vendredi en visioconférence avec Emmanuel Macron et Angela Merkel, auront d’autres rencontres, dont une physique à Bruxelles jeudi, afin de renouer le dialogue sur leur différend pour lequel les perspectives sont « très difficiles », selon la présidence française.

Depuis la proclamation de son indépendance en 2008, le Kosovo est reconnu par plus de 100 pays membres des Nations unies et 22 Etats sur 27 au sein de l’UE, qui est donc désunie sur la question.

Un obstacle de taille demeure: Belgrade refuse toujours de reconnaître l’indépendance de son ancienne province méridionale après la guerre sanglante de la fin des années 1990.

Et sans l’aval serbe, dont la position est suivie par la Russie et la Chine, impossible pour le Kosovo d’espérer une reconnaissance formelle des Nations Unies. 

Lors des discussions de vendredi matin sous le patronage de la France, l’Allemagne et l’Union européenne, il a été « obtenu que le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti reprennent ce dialogue de normalisation à Bruxelles dimanche en visioconférence puis jeudi en présentiel à Bruxelles », a déclaré la présidence française à l’issue de la réunion.

Initialement, la réunion de dimanche devait être une rencontre physique, mais elle a donc été décalée à jeudi.

« Il y a sur l’issue de ce dialogue des perspectives très difficiles, mais il y a un engagement de tous à procéder étape par étape », selon cette même source.

« Il a été acté aujourd’hui que le leadership est européen », a-t-elle ajouté, alors que les Etats-Unis, ont également un temps tenté de relancer le dialogue gelé depuis près de 18 mois sur le règlement d’un des conflits territoriaux les plus épineux d’Europe. 

« La question c’est d’affirmer que cette région d’Europe a vocation à l’intégration, la paix, la stabilité, à une très grande proximité avec l’UE. Il y a dans cette affaire un test de leadership européen », selon elle.

L’Europe à la baguette

L’Europe reprend la main sur ce dossier alors que Washington veut aussi jouer les médiateurs dans ce dossier. 

Les Etats-Unis, qui avaient été un des principaux acteurs de l’opération de l’Otan contre les Serbes en 1999, avaient souhaité organiser un sommet Serbie-Kosovo à la Maison Blanche le 27 juin.  

Mais la mise en accusation d’Hashim Thaçi pour crimes de guerre pendant le conflit avec la Serbie par les procureurs du tribunal spécial de la Haye au même moment avaient entraîné son report sine die. 

M. Thaçi avait même rebroussé chemin alors qu’il était déjà en route pour les Etats-Unis.

Le président kosovar a déclaré qu’il démissionnerait « immédiatement » si les accusations du Tribunal spécial pour le Kosovo étaient confirmées par une inculpation formelle. Il doit se rendre à la Haye lundi pour être entendu.

La justice internationale l’accuse, ainsi que son allié politique Kadri Veseli et d’autres personnes, d’être « responsables de près de 100 meurtres », de disparitions forcées, de persécutions et de tortures de Serbes, de Roms et d’Albanais du Kosovo.

En attendant, c’est donc son Premier ministre qui doit participer à ces évènements. Avdullah Hoti s’est entretenu mardi avec le président Emmanuel Macron qui devait recevoir jeudi soir le président serbe.

Ils ont évoqué « la relance du dialogue de normalisation entre la Serbie et le Kosovo, qui est un élément indispensable de la stabilité et de la sécurité des Balkans occidentaux et des perspectives respectives d’adhésion à l’Union européenne des deux pays », explique la présidence française.

Dernier conflit en ex-Yougoslavie, la guerre du Kosovo entre forces serbes et guérilla indépendantiste kosovare albanaise a fait plus de 13.000 morts, des Albanais pour la plupart. Elle s’est terminée quand une campagne occidentale de bombardements a contraint les forces serbes à se retirer.