Deux Canadiens sont morts dans les explosions à Beyrouth

Un couple et des enfants regardent les dommages causés il y a dix jours par l'explosion du port de Beyrouth, le 13 août 2020. (AFP)
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*Remis à jour 15/08/2020, 16h00

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi la mort de deux Canadiens dans la double explosion qui a ravagé la capitale libanaise Beyrouth le 4 août et fait plus de 171 morts.

«Aujourd’hui, je me joins aux Canadiens partout au pays pour pleurer la perte de deux citoyens canadiens dans l’explosion tragique à Beyrouth, au Liban», a déclaré le premier ministre canadien, dans un communiqué.

«Notre priorité absolue est de veiller à ce que les Canadiens et leurs familles qui ont été touchés par l’explosion disposent de l’aide consulaire nécessaire pour traverser cette période difficile», a-t-il précisé.

En outre, les citoyens libanais qui se trouvent temporairement au Canada ont «la possibilité de prolonger leur séjour s’ils ne peuvent pas rentrer chez eux en raison de l’explosion».  

Lundi, M. Trudeau avait annoncé que l’aide du Canada à la population libanaise allait passer de 5 à 30 millions de dollars canadiens (19 millions d’euros) afin de «répondre aux besoins immédiats de la population».

Ottawa s’est également engagé à égaler les dons des particuliers au Fonds canadien de secours pour le Liban jusqu’à 5 millions de dollars.

La déflagration gigantesque survenue le 4 août au port de Beyrouth a aussi fait plus de 6500 blessés. Elle a déclenché une colère de la rue face à laquelle le gouvernement du premier ministre Hassan Diab a dû présenter sa démission.

Explosions à Beyrouth: l’enquête prendra du temps avertit le président libanais

Les explosions du 4 août dans le port de Beyrouth ont fait 177 morts et plus de 6500 blessés, dévastant des quartiers entiers de la capitale et alimentant la colère d’une grande partie des Libanais, pour qui cette catastrophe de trop vient une nouvelle fois illustrer l’incurie d’une classe politique accusée de corruption et d’incompétence.

Les autorités libanaises ont ouvert une enquête et nommé le juge Fadi Sawan pour la diriger. Près d’une vingtaine de personnes, des fonctionnaires du port et de l’administration des douanes, ont été interpellées dans le cadre de l’enquête, et des ministres doivent aussi être entendus dès la semaine prochaine.

« Il n’y a pas de retard dans l’enquête, mais nous avons besoin de temps pour connaître la vérité car elle est complexe », a indiqué le président Aoun, qui s’exprimait en arabe au micro de BFMTV, et dont les propos ont été rapportés par le compte officiel de la présidence libanaise.

Des membres de la police fédérale américaine (FBI) doivent arriver ce week-end à Beyrouth pour prendre part à l’enquête à l’invitation des Libanais, tout comme la France apporte un soutien logistique avec des moyens d’enquête et a dépêché des équipes de police et de recherche.

Le numéro trois de la diplomatie américaine David Hale a plaidé samedi pour une enquête « transparente, complète et crédible » sur les explosions.

Le président libanais a ajouté qu’aucune hypothèse n’était écartée pour expliquer les explosions. Le 7 août, il avait été le premier responsable libanais à ne pas écarter la thèse d’une « action extérieure, avec un missile ou une bombe ».

Le chef de l’État, âgé de 85 ans, avait assuré avoir personnellement demandé au président français Emmanuel Macron « des images aériennes » pour déterminer « s’il y avait des avions dans l’espace (aérien) ou des missiles » au moment de les explosions.

« Si ces images ne sont pas disponibles chez les Français, on demandera à d’autres pays », avait-il assuré.

Le drame a pour origine une explosion dans un entrepôt où étaient stockées selon les autorités 2750 tonnes de nitrate d’ammonium depuis six ans, « sans mesures de précaution » de l’aveu même du premier ministre démissionnaire Hassan Diab.

Toute la République était au courant de la présence au beau milieu de la capitale d’une telle quantité de produits chimiques et de ses dangers, selon certains responsables et des sources sécuritaires.

Le président français Emmanuel Macron a réclamé une enquête internationale « transparente » mais le président Aoun s’est déjà prononcé contre cette option.