Erin O’Toole: ex-officier et ex-ministre des Anciens combattants, un chef qui «connaît le tabac»

Erin O'Toole, avec un chandail de l'Aviation royale canadienne. L'ex ministre des Anciens combattants et nouveau chef conservateur est aussi un ex-officier de l'Aviation royale canadienne qu'il a quitté avec le grade de capitaine pour se joindre à la Réserve.
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La semaine dernière, les membres du Parti conservateur du Canada ont choisi le successeur à Andrew Scheer comme chef du parti. C’est l’ex-officier des Forces armées canadiennes, avocat et député de la circonscription de Durhman en Ontario depuis 2012, Erin O’Toole, qui a remporté la course.

Erin O’Toole mènera donc les conservateurs contre les libéraux de Justin Trudeau lors de la prochaine élection fédérale qui pourrait venir plus rapidement que nous le croyons dans un contexte de gouvernement minoritaire.

Honnêtement, je crois que cela est une excellente chose pour stimuler les débats d’idées et pour proposer des solutions concrètes aux enjeux qui touchent les anciens combattants et les membres de leur famille que d’avoir une personne comme Erin O’Toole, car il connait le tabac. Ce dernier a joint le Collège militaire royal en 1991 et y a complété un baccalauréat en histoire et en sciences politiques. Par la suite, il a fait une formation de navigateur aérien sur les hélicoptères Sea King. En 2000, alors qu’il portait le rang de capitaine, il a quitté la force régulière pour joindre la force de réserve et pour amorcer ses études en droits à l’Université Dalhousie.

De plus, après seulement trois ans comme député fédéral, Erin O’Toole a été nommé en janvier 2015 ministre des Anciens combattants par le premier ministre du Canada Stephen Harper. Pendant son passage de neuf mois à ce ministre, Erin O’Toole a priorisé la réparation des relations avec les anciens combattants. D’ailleurs, il a été en mesure de convaincre les groupes de vétérans de suspendre une action en justice contre le gouvernement canadien pendant qu’ils entamaient des négociations de règlement. Son passage fut bref au ministère des Anciens combattants, mais il fut reconnu et apprécié par plusieurs anciens combattants.

Sur une note professionnelle, en 2016, mon équipe de recherche de l’Université du Québec en Outaouais a obtenu un contrat de l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans pour conduire une étude pilote d’envergure nationale sur les thérapies assistées par le cheval et les vétérans vivant avec un problème de santé mentale. Cet important projet de recherche qui sortait des sentiers battus avait été commandé par le ministre des Anciens combattants Erin O’Toole.

À cette époque, plusieurs organisations de vétérans avaient demandé au ministère des Anciens combattants d’inclure les thérapies assistées par le cheval dans leur offre de services pour traiter les conditions de santé mentale liées au service militaire.

Ainsi en juillet 2015, Erin O’Toole, avait annoncé un investissement de 250 000$ qui fut remis à l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans pour réaliser une étude dans ce domaine.

L’ex-ministre des Anciens combattants était d’avis que plus de recherches « aideront à établir si l’utilisation de l’équithérapie pourrait constituer un traitement efficace pour les vétérans qui ont besoin de soutien en santé mentale.»

Une occasion de faire mieux pour les anciens combattants et leur famille

L’élection d’Erin O’Toole comme chef du Parti conservateur du Canada est une excellente occasion pour le Canada de faire mieux pour les anciens combattants et les membres de leur famille. D’autant plus que le nouveau chef conservateur a pris la décision de nommer l’ex-député de Beauport-Limoilou, Alupa Clarke comme son conseiller principal. Alupa Clarke a aussi servi dans les Forces armées canadiennes au sein du 6e Régiment d’artillerie de campagne.

Lors de la dernière campagne électorale, les questions et les enjeux qui touchent la communauté des anciens combattants ont pratiquement été relégués aux oubliettes. Quelques annonces secondaires ont été faites ici et là, mais aucun débat de fond n’a eu lieu pour tenter d’améliorer l’état des choses. Pourtant, ce ne sont pas les enjeux qui manquent à ce ministère qui est laissé pour comble par les libéraux de Justin Trudeau depuis 2015. Le simple fait d’avoir eu cinq ministres en cinq ans au ministère des Anciens combattants démontre le manque d’engagement de leur part.

Le ministère des Anciens combattants du Canada a besoin d’une sérieuse modernisation de ses pratiques, processus et de sa culture. Je parle ici d’un exercice rigoureux de consultation, d’analyse, d’évaluation et d’édification. Le vétéran et sa famille doivent être le point central de cette structure. La diminution des lourdeurs administratives est au cœur de cette restructuration. Un traitement humain, rempli de compassion et d’empathie doit devenir la norme et les vétérans doivent le sentir à chaque interaction avec le ministère. Un respect absolu à chaque interaction avec le gouvernement fédéral est aussi essentiel. Des activités de reconnaissance des sacrifices faits par les vétérans ainsi que par leur famille doivent être mises en place non seulement le 11 novembre lors du Jour du Souvenir, mais pendant toute l’année. Bref, il y a beaucoup de pain sur la planche !

La prochaine élection fédérale pourrait donc être une excellente occasion de mettre les enjeux prioritaires qui touchent la communauté des anciens combattants au centre des discussions. Erin O’Toole, à titre de vétéran des Forces armées canadiennes et maintenant chef du Parti conservateur du Canada, aura certainement son mot à dire sur ces enjeux qui lui tiennent définitivement à cœur.

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