Le chef du Pentagone accuse la Chine de «déstabiliser» le Pacifique

Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a effectué vendredi 28 août une visite-éclair en République des Palaos, appelée en anglais Palau, un pays d'Océanie situé en Micronésie, à l'est de Mindanao (Philippines), au nord de la Nouvelle-Guinée occidentale (Indonésie). (Twitter/@EsperDoD)
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Le chef du Pentagone Mark Esper a accusé vendredi la Chine de « déstabiliser » la région Pacifique, au cours d’une escale éclair dans la nation insulaire de Palau.

La visite qui a duré à peine trois heures intervient alors que Washington tente de contrer les efforts de Pékin d’accroître son influence sur les nations insulaires du Pacifique, peu peuplées mais d’une grande importance stratégique.

Les États-Unis et Palau partagent des valeurs de liberté « où tous les pays respectent des règles et des normes assurant la paix et la prospérité de toutes les nations », a déclaré M. Esper.

« C’est particulièrement important aujourd’hui, alors que nous travaillons avec nos alliés et partenaires pour protéger ce système international menacé par la Chine et ses activités de déstabilisation dans la région », a-t-il déclaré.

Pékin a réussi l’an dernier à persuader les îles Solomon et le Kiribati à renoncer à leurs liens diplomatiques avec Taïwan au profit de la Chine. Taïwan ne compte plus que quatre États alliés dans le pacifique, dont Palau.

Cette nation de 22 000 habitants située à 1500 kilomètres à l’Est des Philippines, garde des liens solides avec Taïwan et les États-Unis, malgré les pressions chinoises.  

« Ce n’est pas un secret qu’ils (les Chinois) prêtent de l’argent, et injectent de l’argent dans les économies de nombreuses nations insulaires du Pacifique », a expliqué aux journalistes le président de Palau Tommy Remengesau.

La Chine a interdit à ses ressortissants de faire du tourisme à Palau en 2018, lui faisant perdre une importante source de revenus, une politique analysée comme une sanction pour les liens que l’île entretient avec Taïwan.

Mark Esper a indiqué avoir évoqué avec le président Remengesau la nécessité de respecter la « souveraineté des nations quelle que soit leur taille ».

Les États-Unis ont l’intention de construire une installation radar à Palau mais le projet a été suspendu en raison de la crise du coronavirus, Palau souhaitant rester exempt de tout cas de COVID-19.

Selon un accord signé avec Palau, les forces militaires américaines ont accès à l’île mais n’ont pas de soldats stationnés là-bas actuellement.

M. Remengesau a salué les projets d’augmenter la présence militaire américaine dans la région Indo-Pacifique

« Cela nous donne à Palau un plus grand sentiment de sécurité et de stabilité », a-t-il commenté.

Deux jours auparavant, mercredi 26 août, le secrétaire à la Défense s’était entretenu au téléphone avec le ministre de la Défense de Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), Saki Soloma, un premier appel qualifié d’historique par le Département américain de la Défense.

Le secrétaire Esper et le ministre Soloma ont parlé lors de cet appel de l’importance du respect des règles et des normes internationales et de leur engagement à défendre une région indo-pacifique libre et ouverte.

Les deux dirigeants ont, disent les Américains, renforcé la force de la relation bilatérale et discuté des problèmes de sécurité régionaux urgents et conclu la conversation en réaffirmant leur engagement à l’égard de la coopération et de la collaboration futures à l’appui d’intérêts mutuels, y compris la conclusion d’un accord de coopération en matière de défense entre les États-Unis et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

*Avec AFP

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