Deux «Boogaloos» arrêtés après avoir cru livrer du matériel au Hamas

Des membres du mouvement «boogaloo» armés lors d'un rassemblement pour le 2e amendement (le droit de porter des armes) à Richmond en Virginie en janvier 2020. [Anthony Crider/Wikipédia]
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Deux Américains appartenant à la mouvance d’extrême droite « Boogaloo » ont été arrêtés après avoir cherché à « unir leurs forces » avec le mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré vendredi le département de la Justice.

Michael Solomon, 30 ans, et Benjamin Teeter, 22 ans, ont été inculpés pour « tentative d’apporter un soutien matériel à un groupe terroriste étranger », selon un communiqué du département.

Le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, refuse de reconnaître l’existence d’Israël et est considéré comme une organisation terroriste par l’État hébreu et les États-Unis.

Les membres du mouvement Boogaloo, qui rassemble aussi bien des néonazis que des anarchistes d’extrême droite, souhaitent une guerre civile pour renverser le gouvernement. Très peu organisés, ils se reconnaissent à leurs armes à feu et à leur propension à porter des tenus militaires sur des chemises hawaïennes.

Ils se sont distingués dans le sillage de la mort de George Floyd, un Afro-Américain étouffé par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis, se glissant dans les cortèges de manifestants antiracistes pour s’en prendre à la police.  

D’après le département américain de la Justice, Michael Solomon et Benjamin Teeter, membres revendiqués des « Boogaloos Bois », ont été repérés par les autorités à cette occasion.

Les deux hommes sont ensuite entrés en contact avec un informateur de la police, en pensant qu’il s’agissait d’un représentant du Hamas aux États-Unis.  

Selon le département de la Justice, ils lui ont proposé de servir de « mercenaire » pour le mouvement palestinien et de lui fournir des pièces d’armements en échange de financements pour leur propre organisation.

Ils ont été arrêtés après avoir livré des silencieux à un agent du FBI infiltré, qui s’était présenté comme un cadre du Hamas.

« Ce dossier ne peut se comprendre qu’à l’aune de l’adage : l’ennemi de ton ennemi est ton ami », a commenté John Demers, haut responsable des questions de sécurité nationale au département de la Justice.

Il s’explique aussi par la difficulté pour les autorités américaines d’engager des poursuites contre les extrémistes de droite en raison du principe constitutionnel de liberté d’expression, qui protège même les opinions les plus radicales, et du droit au port d’armes en vigueur dans de nombreux États.

Les lier à un groupe étranger considéré comme terroriste est un moyen de contourner cette difficulté.