Face à la Chine, l’US Navy va devenir plus agile, plus autonome et plus létale

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Face à l’expansionnisme de la Chine dans le Pacifique, le Pentagone veut investir des milliards de dollars dans l’US Navy pour la rendre plus agile, plus autonome et plus létale, a déclaré mercredi le secrétaire américain de la Défense, Mark Esper.

Plutôt que d’investir dans d’énormes porte-avions, qui ne se déplacent qu’entourés d’une importante force aéronavale et qui sont immobilisés chaque année pendant des mois pour maintenance, le Pentagone veut faire construire d’ici 2045 des navires et des sous-marins capables de patrouiller les océans sans équipage et sans interruption.

« Nous devons investir davantage dans la construction de navires, ce qui signifie que nous devons revenir à une proportion du budget de la Navy similaire à celui de l’ère Reagan : 13 % alors qu’aujourd’hui c’est 11 % », a déclaré M. Esper lors d’un colloque au siège du centre de réflexion Rand Corporation.  

Le projet de budget du Pentagone pour l’exercice 2021 prévoit 207 milliards pour l’US Navy. Une hausse de 2 % représente 4 milliards de dollars de plus qui pourraient être alloués chaque année à la construction de nouveaux navires de guerre.

« Face aux activités déstabilisatrices de l’armée chinoise, notamment dans le domaine maritime, les États-Unis doivent être prêts à dissuader tout conflit et, si nécessaire, à combattre en à vaincre en mer », a noté le chef du Pentagone, rappelant que les États-Unis se sont fixés pour objectif de se doter dans les 10 prochaines années de 355 navires de guerre au total, contre 293 actuellement.

Pour maintenir la domination des États-Unis sur les mers à l’horizon 2045, l’objectif est une marine américaine « plus équilibrée dans ses capacités de combats dans les airs, en mer et depuis les fonds sous-marins », a-t-il ajouté.  

Il a mentionné des navires de combat plus nombreux et plus petits, des bâtiments de surface et sous-marins qui puissent être pilotés à distance, voire être complètement autonomes, ainsi que des sous-marins plus nombreux et aux capacités accrues.

Les navires autonomes, comme le prototype Sea Hunter dévoilé pour la première fois en 2016, seront capables de « tirer des projectiles, de poser des mines, de mener des missions de ravitaillement et de surveiller l’ennemi », a-t-il noté. « Ce sera un changement majeur dans la façon dont nous mènerons des batailles navales dans les années et les décennies à venir. »

Le discours dans son intégralité du secrétaire à la Défense américain Mark Esper à la Rand Corporation Santa Monica le 16 septembre. (D0D)

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