Hong Kong: la dissidence réduite au silence, selon la militante Agnes Chow

Agnes Chow (à gauche) et Joshua Wong (à droite) sont également poursuivis pour avoir participé aux immenses manifestations pro-démocratie de l'année dernière. (AFP)
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Une figure du mouvement pour la démocratie à Hong Kong, Agnes Chow, a prévenu mardi que toute forme de dissidence était réduite au silence dans le territoire, après une convocation par la police à la suite de son interpellation en août.

La militante, âgée de 23 ans, a été l’une des premières personnalités de l’opposition arrêtées en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée en juin par Pékin.

« J’espère que le monde, pas simplement Hong Kong […] saura que la loi sur la sécurité nationale n’est vraiment pas un instrument juridique mais un outil politique pour le régime, pour le gouvernement, pour supprimer les dissidents politiques », a-t-elle déclaré à des journalistes.

Agnes Chow, qui n’a pas été inculpée, avait été arrêtée le 10 août lors de la plus importante opération de police menée depuis la promulgation le 30 juin de la loi sur la sécurité nationale.

Environ 200 policiers s’étaient présenté le 10 août au siège du groupe Next Digital, propriétaire de deux titres critiques du régime chinois, le quotidien Apple Daily et le magazine Next. Des journalistes d’Apple Daily avaient diffusé en direct sur Facebook les images de cette perquisition.

Ce même jour, la police avait également discrètement perquisitionné la rédaction locale du quotidien financier japonais, Nikkei.

Cette perquisition faisait suite à une publicité publiée par le quotidien en 2019 appelant à un soutien international au mouvement pour la démocratie.

Agnes Chow a indiqué mardi avoir été interrogée sur cette publicité : « Si cette publicité publiée en 2019 est vraiment la preuve que j’étais contre la loi sur la sécurité nationale en 2020, ce sera vraiment ridicule ». Elle est de nouveau convoquée le 2 décembre par la police.

Considérée comme une réponse de Pékin aux mois de manifestations en faveur de la démocratie qui avaient ébranlé Hong Kong en 2019, la loi du 30 juin donne aux autorités locales de nouveaux pouvoirs pour réprimer quatre types de crimes contre la sécurité de l’État : la subversion, le séparatisme, le terrorisme et la collusion avec des forces extérieures.  Les crimes les plus graves sont passibles de la prison à vie.