Julian Assange dit «entendre des voix» en prison

Julian Assange photographié le 1er mai 2019 derrière la vitre d'un véhicule de police à son arrivée au tribunal à Londres. [Archives/AFP]
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Julian Assange, dit entendre des voix et de la musique imaginaires en détention et présente des pulsions suicidaires, a révélé mardi un psychiatre l’ayant examiné lors d’une audience du tribunal de Londres qui examine la demande d’extradition américaine.


Mise à jour 25/09/2020,13h50

La justice britannique rendra sa décision sur la demande d’extradition de Julian Assange après l’élection présidentielle américaine prévue le 3 novembre, a annoncé vendredi la juge Vanessa Baraister.


Le fondateur de Wiki Leaks présente un risque de suicide « très élevé » s’il devait être extradé vers les États-Unis qui souhaitent le juger pour la diffusion de centaines de milliers de documents confidentiels, a déclaré Michael Kopelman, devant la cour criminelle d’Old Bailey à Londres. Ce psychiatre s’est entretenu une vingtaine de fois avec l’homme de 49 ans..

Il a mentionné la « dépression sévère » et les « symptômes psychotiques » de Julian Assange, dont des hallucinations auditives, perçues dans sa cellule de la prison de haute sécurité de Belmarsh, près de Londres.  

Julian Assange a raconté au psychiatre avoir entendu des voix lui dire « tu es poussière, tu es mort, nous venons te chercher ».  

Le traitement infligé à Julian Assange, accusé d’espionnage par Washington et menacé d’extradition vers les Etats-Unis, met sa vie «en danger», avait déjà estimé en novembre 2019 le Rapporteur de l’ONU sur la torture, Nils Melzer, qui a déclaré en outre cette semaine qu’il est «absolument convaincu qu’en cas d’extradition vers les États-Unis, Assange sera exposé à un procès inéquitable et à des conditions de détention équivalant à la torture ou à d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.»

Les pulsions suicidaires de M. Assange « proviennent de facteurs cliniques […] mais c’est l’imminence de l’extradition qui déclenchera la tentative », a déclaré le psychiatre, estimant que son état « se détériorera considérablement » s’il est extradé.  

La compagne de Julian Assange, Stella Moris, a elle aussi exprimé ses craintes qu’il ne se suicide, laissant leurs deux jeunes fils sans père.  

James Lewis, représentant le gouvernement américain, a pour sa part interrogé Michael Kopelman sur la véracité de certaines des affirmations de Julian Assange, suggérant que le fondateur de WikiLeaks les avait peut-être inventées.

Julian Assange avait été arrêté en avril 2019 après sept ans derrière les murs de la représentation diplomatique équatorienne, où il s’était réfugié après avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution, craignant une extradition vers les États-Unis, qui lui reprochent d’avoir mis en danger des sources des services américains.

Il revient à la justice britannique de déterminer si la demande américaine d’extradition qui lui est soumise respecte un certain nombre de critères légaux, et notamment si elle n’est pas disproportionnée ou incompatible avec les droits de l’Homme.  

Julian Assange est poursuivi notamment pour espionnage aux États-Unis, où il risque 175 ans de prison, pour avoir diffusé à partir de 2010 plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.