La guerre contre l’Irak a prouvé la détermination de l’Iran «à se défendre», déclare le Guide suprême

La guerre Iran-Irak a montré que la République islamique était «déterminée» à vaincre tous ses ennemis, a déclaré lundi le guide suprême iranien Ali Khamenei dans une allocution télévisée, en commémorant le 40e anniversaire du conflit. (Leader.ir)
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La guerre Iran-Irak a montré que la République islamique était «déterminée» à vaincre tous ses ennemis, a déclaré lundi le guide suprême iranien Ali Khamenei en commémorant le 40e anniversaire du conflit, sans toutefois faire référence explicitement à la situation actuelle.

«Pendant huit ans, ils ont engagé toutes leurs forces (contre l’Iran) mais au bout du compte ils ne sont parvenus à rien. Peut-on imaginer victoire plus grande ? La nation iranienne a remporté une victoire brillante », a déclaré l’ayatollah Ali Khamenei dans une allocution télévisée.

«Ce fait est le résultat du leadership et du commandement incroyables de l’Imam Khomeiny. Dans tous les aspects du peuple et des actions et initiatives rationnelles des défenseurs de l’islam et de la révolution dans cette épopée historique, nous devons faire attention aux efforts des ennemis pour déformer les faits de cette pièce d’identité iranienne proéminente.», a-t-il ajouté

La guerre entre l’Iran et l’Irak (1980-1988) a été déclenchée par Bagdad le 22 septembre 1980. L’anniversaire du conflit tombe cette année le 21 septembre dans le calendrier persan. Pendant le conflit qui opposa les deux voisins, le dictateur irakien Saddam Hussein a été soutenu par les Occidentaux, la plupart des pays arabes, ainsi que l’URSS et plusieurs pays du bloc de l’Est, tous désireux d’empêcher l’expansion de la Révolution islamique de l’ayatollah Rouhollah Khomeiny qui avait pris le pouvoir 21 mois plus tôt à Téhéran.

Saddam Hussein n’était qu’«un instrument » aux mains des puissances étrangères liguées contre la République islamique, a déclaré le Guide suprême iranien, qui a décrit «l’ambitieux Saddam comme le seul outil entre les mains des grandes puissances, en particulier les États-Unis», ajoutant: «Les principaux côtés de la lutte contre la nation iranienne sont ‘l’Amérique frappée par la révolution islamique, les puissances inquiètes de l’émergence d’une nouvelle identité islamo-iranienne dans la région, l’OTAN et l’Europe occidentale. Ils ont incité Saddam à attaquer afin de renverser le régime islamique et la révolution».

La guerre «a montré que l’agression contre ce pays est coûteuse» et que « lorsqu’une nation montre qu’elle est déterminée à se défendre avec force et qu’elle réagit de manière dévastatrice à l’agresseur, elle amène celui-ci à réfléchir », a ajouté Ali Khameini.

L’ayatollah Khamenei n’a toutefois fait aucune allusion directe à la situation actuelle, même si la tension ne cesse de monter dans les relations irano-américaines. Alors que les États-Unis ont unilatéralement proclamé dans la nuit de samedi à dimanche que les sanctions des Nations unies contre l’Iran sont à nouveau en vigueur et ont promis de punir ceux qui les violent, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a affirmé samedi que le rétablissement imminent des sanctions de l’ONU contre l’Iran était une « déclaration mensongère » de Washington. Et dimanche, le président iranien Hassan Rohani s’est moqué à son tour de l’«isolement maximal» des États-Unis sur la scène internationale après leur échec à faire reconnaître comme valable leur proclamation unilatérale d’un retour de sanctions de l’ONU contre la République islamique.

Le conflit entre Téhéran et Bagdad: pas un centimètre de perdu

La guerre Iran-Irak a fait des centaines de milliers de morts. Auteur d’un livre sur le conflit, l’historien français Pierre Razoux cité par l’Agence France-Presse, estime que le coût humain du conflit « s’élèverait à environ 680 000 morts et disparus (180 000 côté irakien et 500 000 côté iranien) ».

Le conflit entre Téhéran et Bagdad s’est achevé en 1988, par l’usure des deux belligérants, sans aucun gain territorial de part et d’autre, mais l’Iran considère être sorti vainqueur de la « guerre imposée » par l’Irak, étant parvenu à préserver l’intégrité territoriale du pays. Le conflit aurait même au contraire renforcé la République islamique naissante que Saddam Hussein ambitionnait de renverser.  

«L’ennemi n’a pas pu s’emparer d’un seul centimètre de notre territoire, le système (politique de la République islamique) était beaucoup plus puissant à la fin de ces huit années de guerre qu’au début du conflit », a jugé l’ayatollah Khamenei.

Contrairement à la tradition, aucune parade militaire n’a été organisée cette année pour l’anniversaire de la guerre en raison de la pandémie de COVID-19, l’ayatollah Khamenei profitant de l’occasion pour exhorter la population à respecter les normes sanitaires afin de vaincre la maladie et reprochant à nombre de ses compatriotes de négliger le danger. Notant que le virus fait chaque jour environ 150 morts dans le pays, il a appelé la population «à suivre pleinement et continuellement les instructions sanitaire.»

Selon les derniers chiffres du Johns Hopkins Coronavirus Resource Center, qui fait référence en la matière, le nouveau coronavirus a fait en Iran 24 478 morts sur 425 481 personnes contaminées.

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