La Seconde Guerre mondiale ne s’est pas terminée le 2 septembre 1945 pour de nombreux anciens combattants…

Le major (ret) Dave Blackburn, auteur de ce texte, et son grand-père. Albert, un ancien combattant qui s’est longtemps impliqué au sein de la Légion royale canadienne à Chicoutimi où il fut le président de la Filiale 235 pendant plusieurs années. (courtoisie Dave Blackburn)
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En 1945, le 2 septembre se terminait officiellement la Seconde Guerre mondiale. 75 années ont passé depuis ces tristes événements historiques et marquants. Cette guerre a eu des répercussions sur les peuples des pays en cause, mais aussi sur les militaires qui ont combattu.

Personne ne veut la guerre et sincèrement, j’espère que jamais il n’y aura d’autres conflits de la sorte et de cette envergure. La Seconde Guerre mondiale est le conflit le plus meurtrier de l’Histoire avec plus de 60 millions de morts (civils et militaires) dans les deux camps. Certains historiens estiment que le conflit aurait fait jusqu’à 85 millions de morts.

Le Canada a participé à la Seconde Guerre mondiale principalement pour appuyer le Royaume-Uni dans le conflit. Plus d’un million de Canadiens portant l’uniforme militaire du Canada ont participé aux hostilités. De ce nombre 45 000 périrent sur le champ de bataille et 55 000 furent blessés.

Prenons le temps de réfléchir à la portée des sacrifices des militaires canadiens. Ils ont mis leur vie sur la ligne de front pour défendre le Canada et ses alliés devant les pires comportements de l’être humain. Sans l’ombre d’un doute, leurs contributions nous permettent aujourd’hui, 75 ans plus tard, de vivre en liberté, dans un pays démocratique, de lois, de justice et d’égalité. Les militaires canadiens ont protégé nos droits, nos valeurs et nos libertés. Nous leur devons énormément pour tout ce que nous avons aujourd’hui.

Toutefois, ces sacrifices sont venus avec un prix à payer. La mort dans le pire des cas. Les blessures physiques et mentales ont aussi fait souffrir de nombreux anciens combattants. Sur le plan de la santé mentale, avec tous les tabous qui existaient sur celle-ci et sur l’image de l’homme de cette époque, les locaux de la Légion royale canadienne et la boisson alcoolisée sont devenus le refuge et le remède pour plusieurs.

Après la Seconde Guerre mondiale, sur le plan de la santé mentale, avec tous les tabous qui existaient sur celle-ci et sur l’image de l’homme de cette époque, les locaux de la Légion royale canadienne et la boisson alcoolisée sont devenus le refuge et le remède pour plusieurs.. (courtoisie Dave Blackburn)

Mon grand-père était un ancien combattant et il s’est impliqué pendant de nombreuses années au sein de la Légion royale canadienne à Chicoutimi. Il fut le président de la Filiale 235 pendant plusieurs années. Il n’était pas rare qu’il amenait à notre chalet familial de chasse et pêche un ancien combattant qui vivait des moments difficiles. Il en prenait soin, tentait de lui changer les idées et profitait de la nature, de la pêche et de la chasse. Cela apportait un baume sur les blessures morales liées à la guerre, mais elles ne disparaissaient jamais.

N’oublions jamais que pour de nombreux anciens combattants, la fin de la Seconde Guerre mondiale ne s’est pas terminée le 2 septembre 1945. Cette guerre, devenue une guerre intérieure propre à chaque personne, a continué pendant de nombreuses années et dans certains cas jusqu’à leur mort.

Aujourd’hui, il existe beaucoup moins de tabous face à la santé mentale. Les militaires ont compris que si le meilleur guerrier peut se casser une cheville lors d’une mission, il peut aussi développer une blessure de stress opérationnel. La Légion royale canadienne et d’autres groupes de vétérans sont toujours là pour soutenir les militaires, les vétérans et les familles. Le soutien social et familial est plus présent que jamais, car ceux et celles qui entourent les militaires en connaissent davantage sur la dureté et les impacts de la carrière militaire. L’aide professionnelle est aussi présente, accessible rapidement et permet de traiter efficacement, dans la majorité des cas, les problèmes psychosociaux ou de santé mentale. Il ne reste qu’aux militaires à déceler les signaux de détresse et à aller chercher l’aide et le soutien nécessaire. Vivre en silence avec un problème de santé mentale, comme plusieurs anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale l’ont fait, n’est pas du tout recommandé tout comme l’automédication.

Merci à tous les anciens combattants canadiens qui ont participé à la Seconde Guerre mondiale ! Vous êtes de véritables héros de notre pays et nous ne pourrons jamais vous remercier assez !

Nous nous souviendrons !