La construction du troisième porte-avions chinois progresse

Les images satellite du 18 août révèlent de nouveaux détails sur la construction du troisième porte-avions en Chine. Pour la première fois depuis le début de la construction, les blocs de coque du navire peuvent être vus découverts et disposés dans l’ordre. (Twitter/@CSIS)
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La Chine progresse régulièrement dans la construction de ce que l’on pense être son troisième porte-avions. Les images satellitaires commerciales recueillies le 18 août 2020 montrent des développements importants dans la construction du navire et des améliorations supplémentaires de l’infrastructure du chantier naval de Jiangnan, rapporte le Projet China Power du Center for Strategic and International Studies.

Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) basé à Washington DC est un centre de réflexion, d’influence et de conseil américain en matière de politique étrangère fondé en 1962 aux États-Unis par l’amiral Arleigh Burke et l’historien David Manker Abshire, originellement au sein de l’Université de Georgetown.

Le China Power Project du CSIS produit pour sa part des visualisations interactives et des analyses d’experts afin de faciliter des discussions éclairées sur les complexités, les capacités et les résultats potentiels de l’essor de la Chine.

Le Projet China Power a donc suivi les développements militaires au chantier naval de Jiangnan depuis fin 2018 et a initialement identifié le site de construction présumé du troisième porte-avions en mai 2019. Des images satellite récentes montrent que la construction du transporteur a déménagé à un emplacement secondaire à Jiangnan. Bien que ce déménagement ait eu lieu entre le 24 mai et le 2 juin, ce n’est qu’à la mi-août que les images satellite ont permis de voir clairement le navire à son nouvel emplacement, dit le Projet China Power. Pour la première fois depuis le début de la construction, les blocs de coque du navire sont disposés par ordre de construction et couverts par des abris environnementaux, permettant la vue la plus claire à ce jour du transporteur.

Il y a neuf blocs de coque espacés sur la cale sèche, est-il précisé dans l’article paru sur le site du CSIS. Les blocs s’étendent sur environ 351 mètres de la proue à la poupe (y compris les espaces entre eux). En excluant ces espaces, les blocs de coque visibles du navire totalisent environ 297 mètres de long. Le bloc le plus long, qui comprend la poupe, mesure environ 49 mètres de long. En termes de largeur, les blocs de coque les plus larges mesurent environ 40 mètres.

Les blocs de coque actuellement visibles reflètent généralement la taille du navire à sa ligne de flottaison. Au fur et à mesure que les travaux sur le support progressent, des blocs supplémentaires seront placés au-dessus des blocs existants. La superstructure du navire, y compris le poste de pilotage et l’îlot, sera ensuite placée au-dessus de ces blocs. Cela augmentera considérablement l’empreinte globale du navire et lui donnera une apparence plus facilement reconnaissable.

Les mesures des neuf blocs de coque sont généralement conformes à ce qui est attendu pour le troisième porte-avions chinois. À environ 297 mètres, la longueur combinée des éléments visibles du navire se rapproche de la longueur totale des deux premiers porte-avions chinois, le Liaoning (304,5 mètres) et le Shandong (315 mètres).

À mesure que la construction se poursuit, le Projet China Power prévoit que le navire s’allongera de plusieurs mètres avec l’ajout du poste de pilotage. La longueur totale de l’USS Gerald R. Ford, par exemple, est de près de 16 mètres plus longue que sa longueur à la flottaison. Au stade actuel, cependant, il n’est pas encore possible de confirmer la longueur finale du troisième transporteur chinois.

L’imagerie future devrait révéler ces détails et d’autres. Par exemple, les images peuvent révéler le type de système de lancement d’aéronef que le troisième porte-avion utilisera. Divers rapports non officiels supposent que, contrairement à ses prédécesseurs, le troisième transporteur comportera un système de lancement de catapulte électromagnétique. Il n’est pas encore possible d’évaluer si cela est exact, mais des sources non officielles suggèrent que la Chine a fait des progrès significatifs dans le développement de cette technologie.

Infographie porte-avions-chinois. (Source: China Power/ CSIS)

Pendant ce temps, face à l’expansionnisme de la Chine dans le Pacifique, le Pentagone veut investir des milliards de dollars dans l’US Navy pour la rendre plus agile, plus autonome et plus létale, a déclaré mercredi le secrétaire américain de la Défense, Mark Esper.

Alors que, pour la Chine, les porte-avions ont probablement aussi une valeur symbolique, les Américains, plus pragmatique, en sont à une autre étape et, plutôt que d’investir dans d’énormes porte-avions, qui ne se déplacent qu’entourés d’une importante force aéronavale et qui sont immobilisés chaque année pendant des mois pour maintenance, le Pentagone veut faire construire d’ici 2045 des navires et des sous-marins capables de patrouiller les océans sans équipage et sans interruption.

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