Les comportements suicidaires chez les militaires et les vétérans des FAC : nous pouvons tous jouer un rôle important

Temps de lecture estimé : 3 minutes

À chaque année depuis maintenant 18 ans, le 10 septembre marque la Journée mondiale de la prévention du suicide. Il s’agit d’une journée importante, car, aux quatre coins du monde, nous prenons le temps de mettre un accent particulier sur les comportements suicidaires et sur les moyens pour les prévenir.

Qui ne connait pas une personne qui a eu un jour des idées suicidaires, qui a fait une tentative de suicide ou dans le pire des cas qui s’est enlevée la vie ? Cela peut être un ami, un frère d’armes, un membre de la famille ou une connaissance. Les comportements suicidaires touchent tout le monde, directement ou indirectement.

Simplement pour vous donner une idée de l’ampleur des comportements suicidaires au Canada, il y a environ 4 000 suicides par année. Il est estimé qu’il y a de 5 à 25% plus de suicides non rapportés que le nombre de suicides et de 40 à 100 fois plus de comportements suicidaires non létaux que le nombre de suicides. Il s’avère impossible d’estimer le nombre possible d’idées suicidaires chez les Canadiens et les Canadiennes, mais nous pouvons croire qu’elles sont plus nombreuses que les suicides non rapportés et les comportements suicidaires non létaux.

Les comportements suicidaires peuvent aussi nous affecter personnellement. Nous traversons tous des moments difficiles dans notre vie, des moments où l’espoir de jours meilleurs semble impossible. Parfois, les solutions aux problèmes semblent inexistantes. Les comportements suicidaires sont souvent considérés pour mettre fin aux souffrances, à l’isolement et lorsque les stratégies d’adaptation semblent avoir été épuisées. La personne ne veut pas nécessairement mourir, elle veut cesser de souffrir.

Pour les militaires et les vétérans, susceptibles de souffrir au même titre que monsieur et madame Tout-le-Monde et cela même s’ils participent à des entraînements en préparation mentale tout au long de leur carrière et lors de déploiements, certains éléments propres à la culture militaire peuvent limiter les actions de recherche d’aide. Je pense ici à l’image du militaire, aux valeurs privilégiées au sein de l’organisation et aux stigmas qui existent toujours aujourd’hui face à la santé mentale. D’un autre côté, les Forces armées canadiennes possèdent aussi des éléments qui facilitent la prévention des comportements suicidaires comme la camaraderie, le soutien par les pairs, des formations adaptées, un programme de sentinelles et des services professionnels de santé efficaces et à accès rapide. Pour les vétérans, le défi est différent, car la libération des FAC signifie qu’ils n’ont plus accès à plusieurs de ces éléments.

Chaque année, les FAC publient un rapport sur les mortalités par suicide au sein de l’organisation militaire qui permet de dresser un portrait général. Au-delà des statistiques (nous connaissons le nombre de suicides de militaires par année, mais nous ne connaissons pas le nombre de tentative, d’idées suicidaires et chez les vétérans, il n’y a pas de données), il est nécessaire de comprendre que tout le monde peut jouer un rôle important pour aider une autre personne. Parfois, un petit geste peut avoir un impact significatif. L’écoute attentive et active peut réellement faire une différence. La présence humaine, l’accompagnement, le soutien social et familial et les ressources professionnelles peuvent aider à atténuer les souffrances et à développer des stratégies d’adaptation. Parler ouvertement des comportements suicidaires permet d’ouvrir la porte sur un sujet qui demeure tabou au sein de notre société.

Pour certains, il peut être malaisant de discuter de suicide, de déceler les signes et symptômes ou d’intervenir auprès d’une personne en détresse. Heureusement, il existe au sein des FAC, une formation offerte par la Promotion de la santé qui outille les militaires et les fonctionnaires publiques à offrir une intervention de base et à orienter vers les ressources disponibles. Pour les vétérans, la Commission de la santé mentale du Canada offre une formation de premiers soins en santé mentale adaptée à la communauté des anciens combattants (https://www.mhfa.ca/fr/course-type/communaute-des-veterans).

Un simple geste pour sauver la vie d’une personne en détresse.

Ensemble, nous pouvons sauver des vies !