Liban: le premier ministre désigné, Moustapha Adib, renonce à former un nouveau gouvernement

Moustapha Adib, le 31 août 2020 à Baabda, au Liban. (AFP)
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Le premier ministre libanais désigné a annoncé samedi renoncer, faute de consensus, à former un nouveau gouvernement destiné à sauver le pays d’une des pires crises économiques de son histoire près de deux mois après l’explosion au port de Beyrouth qui a fait plus de 200 morts, 6 500 blessés et jeté à la rue plus de 300 000 personnes.

Le président Michel Aoun a reçu le premier ministre désigné «aujourd’hui [samedi 26 septembre, NDLR] à 11 heures au palais de la Baabda et discuté avec lui des difficultés qu’il rencontrait dans le processus de formation du gouvernement à venir, sur la base de l’initiative française», indique un communiqué de la présidence libanaise.

«Je m’excuse de ne pas pouvoir poursuivre la tâche de former le gouvernement», a déclaré le premier ministre désigné lors d’un point de presse au palais présidentiel, présentant ses excuses aux Libanais pour son « incapacité » à réaliser leurs « aspirations à un gouvernement réformiste ».  

Fin août, sous la pression du président français Emmanuel Macron, les responsables politiques libanais avaient désigné l’ambassadeur en Allemagne Moustapha Adib pour former un gouvernement après la démission d’Hassan Diab.

«La tâche que j’ai acceptée repose sur le fait que toutes les forces politiques (…) sont conscientes de la nécessité de former un gouvernement en un temps record et de commencer à mettre en œuvre des réformes, avec comme point de départ un accord avec le Fonds monétaire international», avait alors déclaré le premier ministre désigné dans un discours télévisé.

«Quand une grande majorité des représentants de la nation m’ont désignée […] et queSon Excellence le Président m’a chargé en conséquence de former un gouvernement, j’ai été honoré d’accepter, étant donné que je ne dépasserai pas le délai de deux semaines pour former un gouvernement de sauvetage avec une mission, une réforme spécifique et détaillée basée sur les exigences de réforme écrasantes des Libanais. 

«Immédiatement après, un certains nombre de blocs parlementaires ont annoncé leur intention de ne nommer personne au gouvernement […], tandis que d’autres blocs m’ont informé qu’il ne mettaient pas de conditions pour un tel gouvernement, à l’exception de l’engagement envers le projet convenu de réformes économiques, financières et administratives.», a poursuivi le premier ministre désigné.

Mais «alors que les efforts pour former le gouvernement touchaient à leurs fins, il m’est apparu clairement que ce consensus n’existait plus», a expliqué samedi Moustapha Adib. «Avec l’effort pour former le gouvernement à ses dernières étapes, il m’est apparu clairement que ce consensus sur la base duquel j’ai accepté cette mission nationale dans cette circonstance difficile de l’histoire du Liban».

Les partis politiques libanais s’étaient en effet engagés début septembre, lors de la visite du président français Emmanuel Macron, à former un cabinet «de mission» composé de ministres «compétents» et «indépendants» dans un délai de deux semaines pour sortir le pays du marasme économique.

Le président Aoun a estimé l’initiative lancée par le président français Emmanuel Macron lors de sa visite au Liban le premier de ce mois se poursuit toujours et qu’il a reçu tout son soutien de sa part, selon les principes annoncés par le président français».

Emmanuel Macron doit pour sa part s’exprimer dimanche lors d’une conférence de presse sur la situation politique au Liban, selon la présidence française, mais, «Si les promesses ne sont pas tenues d’ici octobre, il y aura des conséquences», avait-il averti en septembre à Beyrouth.