L’Iran dévoile un nouveau missile balistique antinavire

L’Iran a dévoilé dimanche 27 septembre la dernière version d’une nouvelle génération de missiles du «golfe Persique», Zolfaqar Basir. (Tasmin)
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Les Gardiens de la Révolution islamique, l’armée idéologique de l’Iran, ont dévoilé dimanche un nouveau missile balistique antinavire d’une portée «probable» de plus de 700 km, sur fond de tensions avec les États-Unis, rapporte l’agence de presse iranienne Tasnim.

L’agence de presse privée iranienne Tasnim, dont le but avoué est la défense les intérêts de la République islamique d’Iran et qui a des liens étroits avec le Corps des Gardiens de la Révolution iraniens (CGRI), rapporte aujourd’hui que «Le nouveau missile balistique du CGRI, «Zolfaqar Basir», a été exposé dans une exposition permanente des réalisations de la Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la Révolution, qui a été inaugurée ce dimanche matin.»

Connu comme la dernière version d’une nouvelle génération de missiles du «golfe Persique», Zolfaqar Basir a une portée supérieure à 700 kilomètres et son ogive est équipée d’un chercheur optique, affirme Tasmin. La portée des anciens missiles navals du CGRI, le golfe Persique et Ormuz, était d’environ 300 et 250 km respectivement, note l’agence iranienne.

La version sol-sol du missile Zolfaqar a une portée d’environ 750 kilomètres, note également l’agence. Il a été utilisé dans une opération contre des terroristes de Daech en Syrie en octobre 2018 et dans une attaque au missile contre la base aérienne américaine d’Ain al-Assad en Irak en janvier 2020.

Les responsables iraniens, dont le chef du Corps des Gardiens de la Révolution, le général Hossein Salami, ont déclaré une fois encore que le pays n’hésiterait pas à renforcer ses capacités militaires, y compris sa puissance de missiles, qui, insistent-ils sont entièrement destinées à la défense, et que les capacités de défense de l’Iran ne feront jamais l’objet de négociations.

Saluant les produits exposés au parc aérospatial national du CGRI inauguré ce matin, le général Salami a déclaré que l’Iran a transformé les sanctions en opportunité et a réalisé des progrès scientifiques et technologiques rapides dans l’industrie de la défense.

Les tensions sont vives entre Téhéran et Washington.

Le détroit d’Ormuz et les eaux environnantes du Golfe ont été l’an dernier le théâtre de fortes tensions entre l’Iran et les États-Unis, quand des navires ont fait l’objet d’attaques mystérieuses, des drones abattus et des pétroliers saisis.

Pour la première fois en dix mois, un porte-avions américain opère désormais dans le golfe Persique, a annoncé le 18 septembre la 5e flotte américaine. Le USS Nimitz (CVN-68) a traversé le détroit d’Ormuz avec les croiseurs lance-missiles USS Princeton (CG-59) et USS Philippine Sea (CG-58) et le destroyer lance-missiles USS Sterett (DDG-104), accroissan t ain si les risques d’accrochage.

Plus d’une semaine après que le porte-avions américain et son groupe aéronaval a traversé le détroit d’Ormuz, passage stratégique que l’Iran menace régulièrement de bloquer, l’Iran a inauguré jeudi 24 septembre une nouvelle base maritime près de l’entrée de ce passage, par lequel transite un cinquième des exportations pétrolières maritimes, afin d’assurer sa «domination» dans les eaux du Golfe.

La République islamique a mis au point une stratégie navale basée sur la guerre asymétrique, reposant sur la pose de mines dans le détroit d’Ormuz, le harcèlement par des essaims de vedettes rapides de bâtiments américains et des tirs de missiles antinavires terre-mer, prépositionnés sur ses côtes, écrivait déjà en 2019 le journaliste français, spécialiste du Moyen-Orient et du conflit israélo-palestinien et Grand Reporter au Figaro Georges Malbrunot.

«En cas de conflit, nous serons partout et nulle part pour pouvoir atteindre nos ennemis», avertissait alors le contre-amiral Ali Fadavi, ancien chef de la Marine des gardiens de la révolution. Le but est clair: «saturer l’espace» pour compliquer la tâche des systèmes de défense américains. Les autorités iraniennes sont conscientes qu’elles ne peuvent pas affronter militairement une puissance comme les États-Unis, selon un rapport du centre d’études supérieures de la Marine française. Leur but est de convaincre l’adversaire que le prix à payer pour remporter la victoire est disproportionné au regard des dommages qui lui seront infligés», souligne le rapport de la Marine française.

Par ailleurs, le gouvernement américain a essuyé un revers retentissant au Conseil de sécurité de Nations unies dans sa tentative de rétablissement des sanctions internationales contre Téhéran levées en 2015 en contrepartie de l’engagement iranien à ne pas se doter de l’arme atomique.

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, avait affirmé dans la nuit du 20 au 21 septembre que «toutes les sanctions de l’ONU contre la République islamique d’Iran auparavant levées» étaient de «retour». Mais le reste du monde, y compris les alliés américains des États-Unis, contestent cette analyse et estiment que la manœuvre de Washington est sans effet juridique, les États-Unis s’étant retirés de l’Accord nucléaire de Vienne (JCPOA), l’entente dont ils veulent maintenant se prévaloir pour imposer un retour des sanctions onusiennes.