Meurtre d’un Sud-Coréen: Pyongyang met en garde la marine sud-coréenne

La Corée du Nord a abattu un Sud-Coréen en septembre dans ce qu'elle considère comme ses eaux territoriales. (Archives/AFP)
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La Corée du Nord a mis en garde ce dimanche la marine sud-coréenne et a demandé à la Corée du Sud d’arrêter de «violer la frontière» en mer Jaune pour tenter de retrouver le corps du fonctionnaire qui a été tué dans les eaux nord-coréennes.

La Corée du Sud est actuellement à la recherche du corps de l’employé de 47 ans du ministère des Océans et de la Pêche sur qui des soldats nord-coréens ont ouvert le feu, le 22 septembre, alors qu’il dérivait dans l’eau en direction du nord. Séoul affirme que les soldats ont tué le Sud-Coréen et brûlé son corps, alors que Pyongyang prétend que la dépouille a simplement disparu.

« »En relation ave un cas terrible qui n’aurait pas dû se produire dans la phase actuelle des relations intercoréennes, nous lavons enquêté et avons notifié à la partie sud son compte rendu détaillé le 25 septembre.», écrit aujourd’hui KCNA, l’agence officielle nord-coréenne. «Nous avons également pris des mesures de sécurité plus nécessaires afin de nous assurer qu’aucun autre incident gâchant les relations de confiance et de respect entre le nord et le sud ne se produise de toute façon.»

«Nous sommes sur le point d’organiser une opération de recherche dans les eaux sud-ouest et les zones côtières ouest, et au cas où nous trouverions un cadavre porté par la marée pendant l’opération, nous envisageons même des procédures conventionnelles et des moyens de le remettre au sud.», poursuit la Corée du Nord.

«Mais, selon le rapport de la flotte occidentale de notre marine, la partie sud a mobilisé de nombreux navires, y compris des navires de guerre, pour une action présumée être une opération de recherche et les a laissés pénétrer dans nos eaux territoriales depuis le 25 septembre. cela peut conduire à un autre incident horrible.», déplore Pyongyang, qui met en garde son voisin: «Mais nous ne pouvons jamais négliger une intrusion dans nos eaux territoriales, et nous mettons sérieusement en garde la partie sud contre cela. Nous exhortons la partie sud à mettre immédiatement un terme à l’intrusion à travers la ligne de démarcation militaire dans la mer de l’Ouest, qui pourrait provoquer de nouvelles tensions.»

La Ligne de limite du Nord, souvent désigné par son nom anglais, Northern Limit Line (parfois abrégé en «NLL») constitue de facto la partie maritime occidentale de la frontière intercoréenne séparant les deux États antagonistes que sont la Corée du Nord et la Corée du Sud. (Wikipédia)

Le gouvernement nord-coréen ne reconnaît pas la Ligne de limite Nord (NLL), la frontière maritime de facto et conteste depuis longtemps cette ligne à l’origine d’incidents.

Lors des négociations de l’armistice, l’UNC et la partie nord-coréenne étaient tombés d’accord sur la ligne de démarcation terrestre mais pas maritime. Le conflit autour de la NLL n’est toujours pas résolu.

Selon Pyongyang, comme elle a été tracée unilatéralement par le Commandement des Nations unies (UNC), mené par les Etats-Unis, après la fin de la guerre de Corée (1950-1953).la NLL doit être déplacée plus vers le sud comme elle a été tracée unilatéralement par le Commandement des Nations unies (UNC), mené par les Etats-Unis, après la fin de la guerre de Corée (1950-1953).

Avant-hier, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a présenté des excuses suite à la mort de l’officiel sud-coréen dans un message envoyé au palais présidentiel sud-coréen en disant être profondément désolé de l’incident «inattendu» et «fâcheux» qui s’est déroulé dans les eaux de son pays. Toutefois, le message de Pyongyang donne une version très différente de celle de Séoul, notamment sur la manière dont le corps a été traité. Les points concernant l’intention ou non du Sud-Coréen de faire défection au Nord et l’origine de l’ordre de l’abattre divergent également.

La présidence sud-coréenne a déclaré pour sa part qu’elle demanderait à la Corée du Nord de mener une enquête additionnelle ou conjointe sur le meurtre pour déterminer ce qui s’est passé exactement.

*Avec Yonhap et KCNA