Rohani tient Washington responsable de «tous les crimes et pressions» contre l’Iran

Le président iranien Hassan Rohani à une réunion samedi 26 septembre du Groupe de travail national de lutte contre le coronavirus. (Présidence iranienne)
Temps de lecture estimé : 3 minutes

Le président iranien Hassan Rohani a accusé samedi les États-Unis d’être responsables de « tous les crimes et les pressions » contre la République islamique alors que Washington a réclamé cette semaine à l’ONU la formation d’un Comité de sanctions.

S’exprimant à une réunion du Groupe de travail national de lutte contre le coronavirus, Hassan Rohani a déclaré que les Américains ont infligé au moins 150 milliards de dollars de dommages à l’Iran de 2018 à 2020 avec des sanctions qu’il a qualifiées d’injustes, d’illégales, s’injustifiées et d’inhumaines, ainsi que ce qu’il a appelé des opérations terroristes, ajoutant: «Ils ont même arrêté le transfert de médicaments, de traitements et la nourriture, et nous n’avons jamais vu des gens avec une telle atrocité à la Maison Blanche auparavant ».

Le président iranien a déclaré: «Ils ont commis la plus grande atrocité de l’histoire et la personne, dont le titre est le secrétaire d’État mais qui est effectivement le secrétaire américain au crime, est également fière et dit que cette année j’ai gelé 70 milliards de dollars de signifie qu’il est fier de l’hostilité contre la nation iranienne».

Faisant référence à l’opposition américaine au prêt de 5 milliards de dollars accordé par l’Iran au Fonds monétaire international pour fournir des médicaments, du matériel médical et du matériel hospitalier, il a déclaré: «Si les gens veulent blâmer quiconque pour les pénuries et les problèmes dans le pays, il devrait être dirigé vers la maison Blanche».

«La bonne adresse pour tous les crimes et pressions contre le cher peuple iranien est Washington DC et la Maison Blanche et ceux qui sont dans ce bâtiment, commettant tous ces crimes contre la nation iranienne, et vous pouvez voir que la pression et les problèmes s’intensifient chaque jour», a lancé le président iranien, les iraniens «méritaient une vie beaucoup plus facile ces années-ci avec des produits beaucoup moins chers». «La République islamique d’Iran n’a rien fait de mal, elle est fidèle à sa promesse et a tenu sa promesse. La Maison-Blanche, elle, s’est retirée unilatéralement de toutes les réglementations, et ce n’est pas seulement ce que nous disons aujourd’hui, mais ce que le monde entier dit», a-t-il ajouté, se référant au retrait unilatéral de l,admionistration Trimp de l’Accord de Vienne.

«Seuls quelques pays soutiennent les États-Unis et environ 185 pays à travers le monde nous soutiennent», a également souligné le président iranien.

De fait, les problèmes économiques de la République islamique se sont indéniablement aggravés à partir de 2018 quand le président américain Donald Trump a dénoncé unilatéralement un accord international sur le nucléaire iranien signé à Vienne par l’administration précédente. Cet accord, le Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) offrait à Téhéran un allègement des sanctions internationales prises à son encontre en échange de garanties iraniennes, vérifiées par l’Agence internationale de l’Énergie atomique, l’AIEA, prouvant que l’Iran ne cherchait pas à se doter de l’arme atomique.

En déchirant cet accord, que l’Iran avait jusque là respecté à la lettre, tel que l’avait certifié l’AIEA, Washington a réimposé de lourdes sanctions économiques contre Téhéran qui ont plongé l’économie iranienne dans une récession sévère.

Et l’aide humanitaire, incluant les médicaments et équipements médicaux, même si elle est théoriquement exempte des sanctions, est considérablement limitée par la crainte de pénalités financières imposées unilatéralement par les États-Unis.

À l’ONU, les États-Unis ont tenté d’imposer le rétablissement des sanctions internationales contre Téhéran levées en 2015 en contrepartie de l’engagement iranien à ne pas se doter de l’arme atomique. La quasi-totalité des autres membres du Conseil de sécurité des Nations unies dénient aux États-Unis le droit d’utiliser ce mécanisme dit «snapback», au motif qu’ils se sont retirés en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien qui l’a instauré.

Mais, même si la quasi-totalité des alliés de Washington ont refusé la réimposition de sanctions à Téhéran, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, n’a pas craint d’affirmer envers et contre tous, faisant fi du reste du monde, que «toutes les sanctions de l’ONU contre la République islamique d’Iran auparavant levées» étaient de «retour».

Résultat de ce combat, Téhéran, avec qui les États-Unis n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis plus de 40 ans, continue de mener au Moyen-Orient une politique contraire aux intérêts occidentaux, mais, quelque soit la pression de Washington, est plus proche que jamais de l’arme atomique, beaucoup plus qu’elle ne l’était au début du mandat de Donald Trump, maintenant qu’elle ne se sent plus lié par l’accord de Vienne et croit, avec son économie en lambeaux, n’avoir plus rien à perdre