Trump dit n’avoir «aucun problème» à vendre des avions F-35 aux Émirats

Un F-35A effectue un vol d'essai à Fort Worth (Archives/Lockheed Martin)
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Donald Trump a déclaré mardi qu’il n’aurait «aucun problème» à vendre des avions de chasse américains F-35 aux Émirats arabes unis, malgré l’opposition d’Israël, au moment où les deux pays du Moyen-Orient doivent signer un accord de normalisation de leurs relations à la Maison-Blanche.

«Personnellement je n’aurais aucun problème avec ça», «je n’aurais aucun problème à leur vendre des F-35», a dit le président des États-Unis sur la chaîne Fox News trois heures avant la cérémonie de signature, mettant en avant les «nombreux emplois» que créerait un tel contrat côté américain.

Israël et les Émirats ont annoncé le 13 août avoir conclu, sous l’égide des États-Unis, un accord historique qui fait de la monarchie pétrolière du Golfe le troisième pays arabe à reconnaître l’État hébreu, après l’Égypte et la Jordanie. Bahreïn a décidé la semaine dernière d’en faire autant.

Malgré le coronavirus, Donald Trump a organisé une cérémonie en grande pompe dans les jardins de la présidence au cours de laquelle le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou doit formellement établir des relations diplomatiques entre l’État hébreu et ces deux pays arabes – première percée de ce type depuis les traités de paix avec l’Égypte et la Jordanie, en 1979 et 1994.

Une poignée de main historique entre le dirigeant israélien et les ministres des Affaires étrangères des Émirats, Cheikh Abdallah ben Zayed Al-Nahyane, et de Bahreïn, Abdel Latif al-Zayani, n’est pas exclue, a déclaré un haut responsable américain, soulignant que tous les participants auront auparavant été testés à la COVID-19.

Les Émirats et Bahreïn, des monarchies sunnites, partagent avec Israël une animosité envers l’Iran chiite, ennemi numéro un de Washington dans la région.

De nombreux États arabes pétroliers cultivent discrètement des liens avec les autorités israéliennes depuis des années, mais cette normalisation offre de riches opportunités, notamment économiques, à ces pays qui tentent de réparer les ravages de la pandémie.

Mais la « vision pour la paix » présentée en janvier par Donald Trump, qui visait à mettre fin au conflit israélo-palestinien, est loin d’être couronnée de succès: l’Autorité palestinienne l’a rejetée en bloc et dénie au président américain le rôle même de médiateur depuis qu’il a enchaîné les décisions favorables à Israël.

Les avions de la discorde

Et un premier imbroglio sur les contreparties d’un tel accord a surgi autour des avions de chasse furtifs américains, que les Émirats veulent acquérir de longue date.

Washington s’est-il engagé à leur vendre ? Le mystère persiste.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a dit s’opposer à cette vente, pour préserver la supériorité militaire de son pays dans la région.

Or les États-Unis se sont aussi engagés à ne pas remettre en cause cette supériorité militaire qualitative, un objectif désormais inscrit dans la loi américaine.

«C’est quelque chose dont nous discutons, c’est une phase de consultations», avait dit la semaine dernière Jared Kushner, le conseiller et gendre du président américain, au sujet des F-35.

Il avait assuré que le gouvernement américain respecterait la loi sur la supériorité militaire israélienne.

«Mais les Émirats arabes unis sont une grande armée partenaire de l’Amérique», avait-il ajouté. «Ils sont à la frontière avec l’Iran et font face à de vraies menaces», avait-il souligné, assurant qu’une vente était discutée «très sérieusement».

En outre, aux yeux du pays du Golfe, Israël a aussi accepté de «mettre fin à la poursuite de l’annexion des territoires palestiniens».

Mais le premier ministre israélien a lui affirmé qu’il n’avait «pas renoncé» à l’annexion de vastes pans de la Cisjordanie occupée, uniquement «reportée».